Critique

Critique : X-Men Days of Future Past – Un film classé X

Cinéma

Par Pierre le

X-Men est la plus vieille série de super-héros encore présente sur les écrans. Depuis l’an 2000, la Fox a sorti pas moins de six films. X-Men Days of Future Past s’avère être le septième volet et signe le retour de Bryan Singer derrière la caméra. Le résultat ? Le meilleur volet de la saga, tout simplement.

Dis donc, tu viens plus aux soirées
Dis donc, tu viens plus aux soirées

Critique garantie sans spoilers

Le futur… Ça va mal pour les mutants. L’humanité leur a en effet déclaré la guerre, déportant dans des camps et tuant tous les surhumains de la planète. Les derniers résistants se cachent des sentinelles, machines capables de les traquer et les neutraliser sans aucune difficulté. Dans ce monde apocalyptique, Xavier et sa fine équipe (incluant Magneto) viennent trouver le groupe de Bishop. Leur plan ? Envoyer Wolverine (le seul capable d’effectuer le voyage) en 1972 pour empêcher l’élément déclencheur de cette guerre : le meurtre de Bolivar Trask par Mystique. Mais voilà, à cette période, réunir Magneto et Xavier ne sera pas une mince affaire pour Logan…

Autant le dire tout de suite, le scénario est en béton. Suite directe de First Class, DOFP nous sert une histoire complexe à base de voyages et de paradoxes temporels qui ne tombent pas dans les pièges habituels. Complexe, mais simple à appréhender et magistralement racontée. Nous suivons donc un Wolverine qui se retrouve dans le passé, donnant des scènes savoureuses sur les modes de l’époque. Néanmoins, si l’histoire suit Logan, le film n’est pas réellement centré sur le personnage, puisqu’il sert seulement de prisme pour le spectateur. Chaque membre de la fine équipe, Xavier, Magneto et Beast, ont leur moment de gloire, un peu à la manière dont les Avengers avaient été traités par Whedon. Mystique aussi est de la partie et devient ici le pilier central du scénario. Bref, une histoire béton qui en plus de rajouter un chapitre à la saga X-Men, corrige un peu la continuité de la saga (bien bordélique, il faut l’avouer) et lui donne un nouveau départ.

Mystique est au centre de l'intrigue
Mystique est au centre de l’intrigue

Casting mutant

Un bon scénario servit par un casting de folie. DOFP réuni en effet les époques X-Men et First Class, nous servant des acteurs de haute volée. Hugh Jackman, Michael Fassbender, James McAvoy, Jennifer Lawrence, Evan Peters, Nicholas Hoult, Peter Dincklage, Patrick Stewart, Ian McKellen, Halle Berry, Elle Page, Omar Sy… Un casting qui fait tourner la tête. Chaque personnage à son petit moment de gloire dans le film, même les mutants secondaires n’ayant que quelques minutes à l’écran (n’est-ce pas Omar ?) Bref, des personnages et des acteurs au top pour une histoire qui ne l’est pas moins.

Peter Dinklage arbore un look improbable
Peter Dinklage arbore un look improbable

Le film se paye également le luxe d’être agréable et intense à suivre. Si on peut regretter un passage à vide après la séquence à Paris, il reste globalement bien maîtrisé et ne donne aucun répit au spectateur. Car oui, DOFP est un film dense et il y a énormément à raconter. Les scènes d’action, bien réparties sur la longueur du film, sont intenses et jouissives. Le dernier acte est d’ailleurs parfaitement maîtrisé, enchaînement les scènes impressionnantes (Magneto employant pleinement ses pouvoirs…) et gérant parfaitement son suspens.

Notons d’ailleurs que pour une fois, la France n’est pas maltraitée dans un film américain. Le passage à Paris est étonnamment respectueux de notre pays, évitant les clichés inutiles et retranscrivant bien l’ambiance française de l’époque.

Le cas Quicksilver

Parlons un peu du cas Quicksilver. Le personnage a été au cœur d’un psychodrame il y a quelques mois. Mutant appartenant aux Avengers, il peut aussi bien être utilisé par Marvel Studios que par la Fox. Et si Whedon avait annoncé la venue du personnage dans le casting d’Age of Ultron (il sera interprété par Aaron Taylor Johnson), Singer avait également exprimé son intérêt pour le héros. Ici, il est incarné par Evan Peters. Bien évidemment, il sera impossible de ne pas comparer les deux. DOFP arrivant en premier, jetons donc un œil au mutant.

Le film regorge de super scènes
Le film regorge de super scènes

Non, Singer ne l’a pas incorporé au casting juste pour casser les bonbons de Marvel Studio. Si son rôle aurait pu être remplacé par un autre mutant avec un autre pouvoir, nous sentons que le réalisateur est un fan du personnage qu’il voulait mettre à l’honneur. Ne passant pas plus de 20 minutes à l’écran, Quicksilver est traité avec respect. Alors oui, son look est totalement improbable, mais il colle bien avec le reste du film. De même, le personnage en lui-même est drôle, décomplexé et assez amusant à rencontrer. Cerise sur le gâteau, il bénéficie d’une séance héroïque dont la mise en scène frise le génie. Quicksilver se paye tout simplement la meilleure scène de toute la saga X-Men. Et ouais.

Your turn, Whedon.

D’ailleurs, notons que la production a aujourd’hui annoncé que Quicksilver sera de retour dans X-Men Apocalypse.

Verdict

Difficile de trouver des défauts à ce nouveau X-Men tant il est léché à l’extrême. Que ce soit en termes de rythme, d’histoire, de personnages ou de mise en scène, Bryan Singer a fait du très bon boulot. Je vais vous avouer un truc : je n’ai jamais vraiment accroché à la saga X-Men au cinéma. Ce nouvel épisode m’a tout simplement réconcilié avec la franchise. Bref, le meilleur film X-Men pour l’instant. On espère que X-Men Apocalypse, qui sortira en 2016, sera du même acabit.

Certaines incohérences sont corrigées... mais pas toutes
Certaines incohérences sont corrigées… mais pas toutes