Critique

Critique : Edge of Tomorrow – Un jour, cent fins

Cinéma

Par Pierre le

Ce film est génial. Voilà, c’est dit. Si Edge of Tomorrow, le nouveau film de Doug Liman, donnait envie sur le papier, nous craignions tout de même que le concept de base ne tienne pas sur la longueur. Mais nos craintes ont été vite dissipées lors de notre visionnage. Le résultat ? Edge of Tomorrow est pour le moment le meilleur blockbuster de 2014 et on vous explique pourquoi.

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Critique garantie sans spoilers

Nous sommes dans de beaux draps. Les aliens, appelés Mimics, tentent d’envahir le monde. Ces bestioles ont commencé leur conquête en Allemagne et ont progressivement mis la main sur l’Europe Continentale. Si les Russes contiennent l’invasion à l’Est, les Anglais et les Américains mènent l’offensive depuis Londres. Bill Cage (Tom Cruise), Major de l’US Army responsable de la communication militaire, est envoyé de force pour la bataille de la dernière chance sur les plages françaises. Mais voilà, Bill Cage est un gros noob au combat et ce n’est pas son exosquelette ultra-perfectionné, dont il ne sait pas se servir, qui va l’aider. Il meurt donc très vite, mais est contaminé par un Mimic avant de passer l’arme à gauche. Il se réveille la veille de la bataille. Le voilà coincé dans une boucle temporelle, condamné à revivre encore et toujours le débarquement vers une mort certaine.

Bill Cage est un trouillard qui ne veut pas se battre
Bill Cage est un trouillard qui ne veut pas se battre

Le scénario est un savant mélange entre Un jour sans fin, Il faut sauver le soldat Ryan et Aliens (pour le côté exosquelette et extraterrestres). Mais Edge of Tomorrow arrive à développer son propre univers au fil des minutes. Que ce soit clair, on ne s’ennuie pas une seconde dans ce film. Alors oui, nous revivons la même journée des dizaines de fois en compagnie de Tom Cruise. Si le film joue sur cette répétitivité au début, non sans humour (Bill Cage se lâche, puisqu’il sait que plus rien n’a d’importance), il n’ennuie jamais le spectateur. Tout cela grâce à un montage rythmé, nerveux, qui ne montre jamais la même chose. De même, le film prend parfois le point de vue de Rita Vrataski (Emily Blunt) qui accompagne Tom Cruise dans cette aventure. Si Cage connaît bien Rita, faisant sa connaissance tous les jours, c’est un parfait inconnu pour elle. Certaines journées sont vues à travers les yeux de ce personnage, nous montrant un héros connaissant par cœur chaque événement, ce qui donne une impression de malaise. C’est exactement ce que ressentirait une personne rencontrant quelqu’un vivant la même journée en boucle et c’est parfaitement retranscrit.

Le jour le plus long

La scène du débarquement est exceptionnelle
La scène du débarquement est exceptionnelle

Concernant le scénario, celui-ci ne tombe jamais dans la facilité. Pas de raccourcis scénaristiques. Le comportement des aliens et l’univers sont racontés de manière solide tout en laissant une part de mystère et il n’y a pas d’incohérences majeures dans Edge of Tomorrow. Les personnages rencontrés par Tom Cruise seront toujours différents, suite à la manière dont il se présentera à eux. Bref, un film riche et bien fichu qui est un exemple de scénario SF.

L’univers est quant à lui franchement bien travaillé, que ce soit au niveau des Mimics (dont le design est très réussi), des armures ou du lieu de l’action. Enfin, ENFIN, nous n’avons pas un film post-apocalyptique qui ne se déroule qu’aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. La majeure partie de l’action se situe en effet en France, ce qui a le mérite d’être signalé. Un choix qui fait écho aux deux guerres mondiales, bien entendu. Les références à ces guerres sont d’ailleurs légion, que ce soit la scène du débarquement ou l’évocation d’une immense bataille à Verdun, importante dans le scénario.

La scène, ou plutôt les scènes du débarquement (la même vécue des dizaines de fois, on le rappelle), sont par ailleurs des exemples à suivre en matière de mise en scène. C’est bien simple, on sent que c’est la guerre et que ça ne rigole pas. Des centaines de figurants en arrière-plan se battent et il se passe toujours quelque-chose derrière notre héros. De même, les scènes d’action sont excellemment bien filmées et donnent une réelle impression de chaos.

Le duo Blunt/Cruise fonctionne à merveille
Le duo Blunt/Cruise fonctionne à merveille

La guerre, c’est mieux en 2D

Cerise sur le gâteau, les acteurs sont excellents. Un Tom Cruise au meilleur de sa forme dans le rôle d’un Major de l’armée, lâche et calculateur à souhait (du moins au début) et une Emily Blunt qui impressionne par son entraînement physique et sa retenue face à un homme qu’elle ne connaît pas, mais qui sait tout d’elle.

Bon, rien n’est parfait, vous le savez. Mais dur de trouver des défauts à Edge of Tomorrow tant il a été peaufiné à l’extrême. On peut regretter des seconds rôles sous-exploités (les troufions de l’unité de Cage, qu’on aurait aimé mieux connaître, par exemple) ou une utilisation inutile de la 3D. Car oui, la 3D ne sert à rien. C’est d’ailleurs étonnant, le film ayant été tourné nativement dans ce format. Sur ce point, Doug Liman a raté le coche. Mais bon, n’étant pas un fan de la 3D à la base, je lui pardonne.

Verdict

Nous avons déjà tout dit sur Edge of Tomorrow. Vous l’avez compris, nous avons déjà sous les yeux l’un des meilleurs blockbusters de l’année. Que rajouter de plus, à part vous inciter à aller le voir maintenant, tout de suite ? Qu’est-ce que vous faites encore là ? Courez vers le cinéma le plus proche ! Hop, hop, hop !

Le gros de l'action se passe en France
Le gros de l’action se passe en France