Passer au contenu

Sandman saison 2 partie 1 : est-ce que ça vaut encore le coup de regarder ?

L’adaptation Netflix de l’œuvre culte de Neil Gaiman entame sa tournée d’adieu avec une première salve d’épisodes pour sa saison 2. Sandman connaîtra-t-elle une conclusion à la hauteur ?

Le maître des rêves s’apprête à s’endormir pour ne jamais se réveiller. Sandman saison 2 entend, déjà, clore l’histoire de l’Infini Morpheus au détour de onze derniers épisodes – et un douzième bonus centré sur Death, dont la première moitié arrive sur Netflix en ces premières lueurs de juillet.

Un coût de production (trop ?) élevé, un spin-off annulé et un auteur remercié, le rêve semble s’être petit à petit transformé en cauchemar concernant notre marchand devenu lui-même grain de sable dans la chaussure de la plate-forme de streaming, même si Allan Heinberg, resté seul maître à bord suite au retrait forcé de Neil Gaiman, s’en défend. Tout ça pour dire qu’on ouvre cet ultime chapitre télévisuel de Sandman avec cette sensation de veillée funèbre.

Que nous raconte la saison 2 de Sandman ?

Une réunion des Infinis pèse lourd sur Rêve (Tom Sturridge) qui doit faire face à ses erreurs passées. Il va alors être amené à faire une succession de choix impossibles qui pourraient bien lui coûter son royaume et impacter le Monde éveillé. Entre d’anciens ennemis réclamant vengeance et d’autres Infinis souhaitant sa perte, Rêve va devoir rencontrer des humains, des dieux, des monstres, sans avoir conscience que cela va entraîner un grand changement, y compris chez lui-même.

Sandman (4)
© Netflix

L’inadaptable inadapté ?

Quiconque a été pris dans les filets du récit onirique conté par Heinberg et Gaiman lors de la première saison devrait logiquement succomber à ce nouveau chant des sirènes. Heinberg, seul donc, continue de poursuivre les écrits originels tout en accentuant les forces et les faiblesses.

Cela signifie que les fans du roman graphique retrouveront les histoires fondatrices de l’univers des Infinis, traitées avec un infini respect et une ambition renouvelée. Car oui, les pérégrinations de Rêve s’éloignent davantage du Monde éveillé pour nous offrir des tableaux gothiques magnifiques dans des lieux impropres aux mortels. Cette saison 2 nous montre ce qu’on attendait d’elle : plus d’enfer, plus de dieux, plus de démons, plus de Rêve, plus de Désir, de Délire, de Destin… Nouveaux personnages, nouveaux décors, nouvelles intrigues… pour celui ou celle qui était sorti frustré.e de la première saison et de la trop grande place prise par Rose Walker, cette saison 2 remet l’église au milieu du village et nous propose tout ce que l’on voulait voir.

À ce titre, certains épisodes se démarquent par la belle facture visuelle, montrant que Netflix n’a pas restreint les moyens financiers du show et entend lui offrir une conclusion digne de lui. La construction narrative, elle, reste inchangée et ces six premiers épisodes se découpent toujours en plusieurs arcs. On peut même dire que ce découpage est bien plus prédominant que lors de la première saison où l’on pouvait diviser la série en deux fils rouges majeurs. Ici, le chapitrage change environ tous les deux épisodes, toujours dans un souci de coller à l’originel papier.

Inconsciemment, on avait peut-être peur d’un retour un peu bâclé, la série n’ayant pas non plus été l’un des plus gros succès de la plate-forme. Il n’en est rien et tout le monde, que ce soit l’équipe créative ou les acteurs, se montrent parfaitement investis dans leurs rôles. Surtout du côté de celles et ceux qui font leurs premiers pas ou qui ont davantage de présence caméra, à l’image de Délire, de Destruction ou d’Orphée dont les quelques scènes volent la vedette à notre taciturne en chef.

Néanmoins, il ne faut pas compter sur Sandman pour faire des concessions envers les réfractaires ou les néophytes à son univers. Plus que jamais, la série se destine aux fans et n’a pas peur de laisser tout un public de côté, dont la frustration pourrait être le maître-mot.

Série Sandman netflix Dream avec masque
© Netflix

Frustration, car avec ce découpage particulier, beaucoup d’intrigues ne connaissent pas réellement de conclusion et la série est capable de nous mettre l’emphase sur un élément, avant de complètement l’abandonner l’épisode suivant. Un cas déjà présent dans la première saison, mais comme nous vous le disions, ici multiplié. Frustration également de voir des promesses non tenues, à l’image de la conclusion de la saison précédente, dont la résolution laissera un goût de tromperie.

Frustration, car Rêve occupe enfin presque toute la scène, mais c’est majoritairement pour nous jouer son éternel emo gothique torturé absolument jamais sympathique. Sa lente évolution est le cœur de Sandman, toutefois le personnage manque assurément de désir, de délire et tourne un peu trop autour du destin et du désespoir. On en vient presque à souhaiter sa destruction ou sa mort.

On en revient à la question originelle : faut-il encore regarder Sandman saison 2 ? Si vous êtes un inconditionnel du roman graphique et/ou de la première saison, impossible d’être déçu par cette nouvelle fournée qui crie toujours autant son amour de l’œuvre. Pour les autres, il faut avouer que la série fait juste un minimum d’efforts pour être aimé, sans davantage, et que Rêve a un peu trop le don de nous endormir.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode