Critique

[Critique] The Boys saison 2 : une rentrée réussie pour les pires super-héros

Série

Par Allan Blanvillain le

C’est la rentrée pour les uns, c’est une semaine comme une autre pour les autres et pour nous, c’est surtout le retour des super les moins héros que l’on connaisse. The Boys revient sur Amazon Prime Vidéo pour une salve de trois épisodes, puis un épisode chaque vendredi. Une saison 2 placée sous le signe des câlins et des bisous. On plaisante.

Crédits Amazon Pirme

Cette année 2020 n’aura été qu’un grand n’importe quoi du début à la fin. La preuve, nous sommes en septembre et pourtant, c’est déjà Noël avec l’arrivée sur Amazon Prime Video des trois premiers épisodes de la saison 2 de The Boys. On sait ce que vous vous dites : « Pas de quoi s’emballer, ce n’est qu’une énième série sur les super-héros et ils n’ont vu que trois épisodes ». Sauf qu’il ne faudrait pas oublier trop vite l’excellence de la première saison qui renouvelait totalement le genre avec un portrait inédit de ces héros plus immoraux tu meurs. Réussite qui provoqua inévitablement le désir de voir la suite, d’où l’impatience et la joie de les retrouver. On s’est donc jetés sur ces trois épisodes de chauffe comme sur un beignet après une longue période de diète. Une entrée en matière bien évidemment frustrante, mais qui nous donne un bon avant-goût de ce qu’on va manger durant cette nouvelle saison.

On reprend là où on s’était arrêtés avec nos Boys désormais ennemis publics numéro 1 tandis que les Seven (et les autres) sont encore plus intouchables qu’avant. Entre l’arrivée sur le territoire de super-terroristes (ou super-vilains) et d’une nouvelle membre pour les Seven, on se retrouve directement plongés dans un beau bordel. On ne demande pas mieux.

Première bonne nouvelle : le trio Eric Kripke, Evan Goldberg et Seth Rogen n’a pas l’intention de redevenir sage. Fidèles à l’esprit du comics crée par Garth Ennis et Darick Robertson, ils continuent à nous dépeindre une société gangrenée par l’omniprésence de super-héros idéalisés. Ces derniers étant en réalité instrumentalisés et surtout complètement tarés. Résultat, cette saison 2 nous replonge immédiatement dans le bain vulgaire, sanglant et malheureusement si pertinent qu’on aime tant.

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Si la saison 1 se devait de perdre un peu de temps dans la mise en place de son univers, de ses codes et des êtres qui y vivent, cette seconde fournée peut rentrer rapidement dans le vif du sujet et questionner ses personnages sur leurs actes. Évacuant la notion du bien et du mal dans les toilettes, la série adore jouer les miroirs entre les « bons » et les « méchants », chacun n’agissant finalement qu’à travers sa propre balance morale complètement déséquilibrée.

 

Entre un Homelander (le toujours aussi parfait dans le rôle Antony Starr) se pensant au-dessus de toute règle et un Butcher (charismatique Karl Urban) prêt à toutes les briser, le parallèle devient évident surtout quand le show leur donne un but commun autour de la famille. Un parallèle qu’on retrouve très vite lorsque ces chefs voient leur leadership remis en question par des collègues moins extrêmes (mais pas moins tarés).

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Transition toute trouvée pour parler de la petite nouvelle : Aya Cash, alias Stormfront, une super-héroïne féministe addicte aux réseaux-sociaux qui entend bien bouleverser les règles chez les Seven. La recrue souffle un vent frais en prolongeant les bouleversements engendrés par l’ère #MeToo tout en y associant l’impertinence propre à la série. En paroles ou en actes, la jeune femme va faire extrêmement mal et elle va le faire bien.

Globalement, on peut même dire que ce sont les femmes qui tirent le mieux leur épingle du jeu lors de ces trois premiers épisodes puisque chez les Seven, Starlight gagne en assurance là où Maeve laisse parler ses failles. Du côté des Boys, la girl de la bande, Kimiko prend elle-aussi le dessus sur ses compères avec l’arrivée d’un arc plus personnel.

Sans aucune baisse de régime, The Boys parvient à signer une rentrée digne de ce qu’on attendait d’elle. Loin d’être gratuite, la violence trash, graphique et surprenante à bien des occasions, s’associe constamment au scénario pour bousculer les consciences. Un retour explosif dans tous les sens du terme.

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Notre avis

Trois épisodes, c'est tout ce qu'il aura suffi à cette saison 2 de The Boys pour nous rendre à nouveau accros. L'esprit irrévérencieux et l'hémoglobine sont de retour, bien accompagnés par des questionnements toujours aussi actuels sur la société et ses idoles fabriquées, dont l'apparente perfection cache un vice bien profond. Quand on pense que ce ne sont que les préliminaires...

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