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Comment Google décide quelles pages vous montrer en premier ?

Business

Par Anne Cagan le

Chaque seconde, 80 000 recherches sont effectuées sur Google. Comment le moteur de recherche analyse-t-il 130 000 milliards de pages afin d’identifier les plus pertinentes ?

Symptômes inconnus, problème informatique bizarre, passion farfelue… quelque soit la recherche effectuée, il y a fort à parier que Google vous trouvera la réponse. Comment le géant de Mountain View s’y prend-il pour trier efficacement 130 000 milliards de pages ? Deux experts SEO nous ont aidé à comprendre les rouages du moteur de recherche.

1/ Comment Google hiérarchise les résultats de recherche

Pour réaliser son classement, le moteur de recherche s’appuie sur des centaines de critères. Ils se répartissent grosso modo en trois grandes catégories. D’abord les critères techniques. “Les internautes sont impatients, notamment sur mobile.. Il est donc essentiel d’avoir une bonne structure HTML et une vitesse élevée d’affichage des pages” nous explique Anthony Técher, fondateur de SEOQuantum, un outil d’optimisation des pages. Google aura aussi tendance à pénaliser les dispositifs qui rendent la vie pénible aux utilisateurs : pop-up, contenus qui se déplacent à mesure du chargement et nous font cliquer au mauvais endroit… Le contenu de la page reste cependant le nerf de la guerre. Le moteur analyse les différents champs lexicaux utilisés dans la page afin de déterminer sa pertinence par rapport à la requête de l’internaute. “Google va également privilégier dans ses résultats des sites web qui proposent un ensemble de contenus experts sur la thématique principale” précise Nicolas Nguyen, co-fondateur de l’agence d’experts SEO Semji. Autrement dit un site qui propose de nombreux contenus sur le vélo aura plus de chance de remonter haut si vous cherchez “réparer la selle de son vélo”.

La liste ne s’arrête cependant pas là. Le moteur de recherche évalue également l’autorité du site sur le sujet.Les liens vers les pages d’un site sont considérés par Google comme autant de votes en faveur de ce site” nous explique Anthony Técher. Si un grand nombre de sites font des liens vers un autre, ce dernier aura ainsi davantage de chance de remonter dans les résultats. Depuis l’arrivée de RankBrain il y a quelques années, Google ajuste enfin sa méthode de classement en fonction du comportement des internautes.S’ils ne cliquent pas tant que ça sur les premiers résultats ou bien, s’ils cliquent puis retournent rapidement aux résultat de recherche, cela suggère que les contenus situés en premier ne sont en fait pas les plus pertinents, ils risquent donc de descendre dans le classement” décrypte Anthony Técher.

2/ Comment peut-on faire remonter un site dans Google

Vu la quantité de sites existants, on pourrait se dire que la plupart sont condamnés à rester dans les limbes du web. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Déjà parce que chaque jour Google enregistre 15% de requêtes complètement inédites sur lesquelles il est possible de se placer. Par ailleurs, le classement des résultats de recherche peut changer chaque jour. Depuis quelques années, Google se base sur le comportement des internautes, pour déterminer quels critères sont importants sur un mot clé. “Cela signifie qu’il n’existe plus de critères universels” résume Anthony Técher de SEOQuantum. Pour remonter dans le classement, analyse l’expert, il faut regarder les caractéristiques des résultats bien positionnés dans le domaine que l’on veut investir. “Par exemple, les premiers résultats pour la recherche “chat qui danse” ne sont que des vidéos. Cela montre que sur ce sujet, le format est stratégique et qu’il sera difficile de remonter très haut avec un contenu textuel. Mais pour d’autres requêtes, sur les séries TV par exemple, cela peut être la fraîcheur du contenu qui va primer”.

Image par Hebi B. de Pixabay

Bien entendu, des petits malins site tentent parfois de gruger le classement via des techniques SEO peu scrupuleuses (bourrage de mots-clé, contenus dupliqués, création de liens artificiels pour augmenter la popularité de son site, etc.). C’est cependant à leurs risques et périls : quand il repère ce genre de pratiques, Google inflige de lourdes pénalités qui peuvent aller du déclassement au blacklistage complet.

3/ Google adapte-t-il ses résultats en fonction de ses utilisateurs ?

Oui, nous ne voyons pas tous exactement le “même Google”. Le moteur de recherche adapte son classement en fonction de plusieurs critères :

  • la localisation de l’utilisateur
  • le type d’appareil utilisé (fixe, mobile)
  • l’historique de recherche
  • l’historique de navigation de la session en cours

Selon l’agence Semji, seule une petite partie des requêtes est toutefois personnalisée selon la géolocalisation (ce sera le cas par exemple sur une recherche de “restaurants”). “Google prendra aussi en compte certains résultats de recherche déjà consultés par l’internaute pour leur faire gagner quelques positions mais ce phénomène reste relativement anecdotique” affirme Nicolas Nguyen, co-fondateur de l’agence d’experts SEO Semji

4/ Comment Google pourrait-il faire évoluer son système de classement ?

Si la recherche vocale se développe, la firme de Mountain View devra revoir profondément sa manière de présenter l’information. “Dans ce cas de figure, Google ne peut plus se contenter de choisir 10 résultats en première page, il doit choisir une et une seule réponse, qu’il citera à l’oral. C’est d’ailleurs pourquoi depuis peu Google met en avant un résultat de recherche en “position 0”, qui sera la réponse de l’assistant vocal ou de la recherche vocale”, nous explique Nicolas Nguyen, de l’agence SEO Semji. Une grosse inconnue demeure toutefois : la monétisation. “Google n’a pas encore trouvé comment proposer et faire accepter des espaces publicitaires à l’utilisateur dans ce cadre”, souligne Anthony Técher de SEOQuantum. Une chose est sûre : si la recherche vocale se généralise, elle bouleversera de nombreux secteurs puisqu’elle donnera un avantage énorme aux sites qui parviendront à se classer en première position sur une requête populaire. The winner takes all…