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Deepfake : les deux problèmes que ces vidéos factices vont poser

Le fait que le trucage vidéo devienne aussi simple ne sera pas sans conséquences. Après les célébrités, il y a fort à parier que les politiques et les particuliers soient, eux aussi, touchés par la vague “deepfake”.

Dans l’étrange monde des deepfake, rien de plus facile que de créer des vidéos où vous dansez aussi bien qu’une ballerine étoilée (même si, dans la vraie vie, vous avez deux pieds gauches). Et ça, c’est plutôt marrant. Mais le fait de pouvoir créer des vidéos truquées toujours plus réalistes ne va pas sans poser quelques problèmes. On se souvient évidemment des célébrités ciblées par le fake porn, ces clips créés en substituant leur visage à celui d’une star du porno. Pour Vincent Nozick, enseignant chercheur au laboratoire d’informatique Gaspard Monge (LIGM), c’est cependant loin d’être le seul danger posé par les deepfake : “Les acteurs qui s’adonnent aux fake news vont certainement s’en saisir aussi”.

Des politiques comme vous ne les avez jamais vus

En septembre dernier, des élus américains ont même demandé au gouvernement d’inscrire les deep fake sur la liste des menaces à la sécurité nationale. De fausses vidéos montrant des politiques tenir des propos agressifs ou avoir un comportement déplacé pourraient vite, en effet, ternir leur image ou engendrer des crises avant que la supercherie ne soit éventée.  “Le danger est que ces deepfake soient utilisés pour influencer des élections”, avertit Vincent Nozick. Un danger d’autant plus grand que comme le chercheur du LGIM nous l’expliquait ici, ces vidéos sont très simples à fabriquer.

Merci d’effectuer le virement ASAP

L’autre risque est évidemment que cette technologie soit utilisée pour escroquer des gens. Difficile de refuser d’effectuer un virement si vous pensez que c’est votre boss qui l’ordonne ou un proche dans le besoin. “Nos conversations sur Skype pourront être manipulées sur le vif : nous croirons discuter avec un ami en qui nous avons toute confiance, alors que nous serons en contact avec un faussaire utilisant des algorithmes permettant d’imiter en direct le visage, le corps, les expressions, la voix de cette personne », assurait, aux Echos, Giorgio Patrini, le cofondateur de DeepTrace. Adeptes du “je crois ce que je vois”, nous allons sans doute devoir revoir notre copie. Mais comment savoir alors à quelles vidéos se fier ? Existe-t-il des outils permettant de détecter les deepfake ?

Nous nous pencherons sur ce sujet dans le 3e et dernier article de cette série consacrée aux Deepfake.

Retrouvez ici les autres sujets de la série :