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Fast & Furious : comment Vin Diesel instrumentalise la mort de Paul Walker et salit la saga

Fast & Furious 11, ou plutôt Fast X partie 2, est toujours lourdement attendu par les fans et Vin Diesel a récemment annoncé une bonne nouvelle. Enfin, surtout pour lui-même.

Le 30 novembre 2013, Paul Walker décédait dans un accident de voiture, à l’âge de 40 ans. Il laissa derrière lui un entourage endeuillé ; y compris au sein de sa famille de cinéma, toute l’équipe de la saga Fast & Furious. À cette époque, Fast & Furious 7 était en plein tournage, et, avec la participation des frères de l’acteur et des effets numériques, la production décida de lui offrir une belle sortie de route. Oui, on n’a pas peur de dire qu’on a pleuré lorsque Brian et Dom se lancent dans une dernière course avant de prendre des chemins différents, son ami de toujours déclarant qu’il était l’heure pour le personnage de mener une vie paisible avec sa famille, loin de la Corona et des barbecues. Nous étions en 2015.

Mai 2025, deux ans après la sortie de Fast X, Vin Diesel donne enfin des nouvelles de Fast X partie 2, ou Fast & Furious 11 selon comment le marketing décidera de le nommer. Il semblerait qu’Universal veuille enfin mettre le projet en branle et l’acteur aurait, alors, posé trois conditions concernant le scénario : une action se déroulant à Los Angeles, là où tout a commencé, le retour des courses illégales de voitures, et la présence de Brian O’Conner. Oui, après trois films, le personnage apparaîtra à nouveau à l’écran pour ce qui est censé être, normalement, le dernier épisode de la saga.

Paul Walker Fast And Furious 7
© Universal Pitures

Une annonce qui a évidemment réjoui plus d’un fan, mais qui démontre toujours une mainmise quasi-toxique de sa star principale sur la franchise, ainsi qu’une certaine forme d’instrumentalisation de la mort de Paul Walker. Attention, à aucun moment on imagine que l’affection que les deux hommes se portaient était factice et on sait Diesel sincèrement touché par cette perte. Néanmoins, on ne peut s’empêcher d’y voir une capitalisation outrancière à base de “C’est ce qu’il aurait voulu”.

 

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Une résurrection préparée de longue date

Il ne faut pas se leurrer, Vin Diesel n’a pas besoin de poser ses conditions à Universal. Il est la star incontestée et incontestable de la saga et sa position de producteur lui permet depuis longtemps d’influer sur la réalisation et le scénario. Non, par sa déclaration, il a surtout voulu jouer la carte du héros auprès de son public, tel un soldat n’hésitant pas à aller au front pour obtenir ce que les fans veulent. Il est pourtant impossible d’imaginer que le retour de Brian à l’écran n’était pas réfléchi depuis un petit moment déjà.

La mort de Paul Walker aurait pu rester un élément tristement fondateur au sein de la saga et faire de Fast & Furious 7, si ce n’est le dernier opus – la franchise aurait gagné à se terminer sur cette note émouvante -, un point d’orgue irrémédiable. Ce qui semblait être le cas au début, puisque le scénario du huitième volet grave dans le marbre le choix de Dom de ne plus impliquer sa sœur et son beau-frère. On pardonnera même la maladresse de l’ultime adieu avec notre héros décidant d’appeler son fils Brian, en hommage… à son oncle bien vivant ?

Fast And Furious 11
© Universal Pictures

Sauf que dès le neuvième film, le marbre se fissure. Le frère – dont on ignorait évidemment l’existence – de Dom revient sur le devant de la scène. À partir de là, pour rester cohérent, le scénario ne pouvait exclure la frangine Mia Toretto (Jordana Brewster) de l’intrigue. L’idée de ne plus impliquer Brian et sa famille vole en éclats. Elle aura tenu un film. Mais où est ce dernier dans ce cas ? Il est resté avec les enfants pour les protéger.

À partir de là, Fast & Furious, qui n’en était plus à une incohérence près, va jouer à l’équilibriste avec un personnage présent, bien qu’absent à l’écran. Des dialogues nous annonçant que Brian fait ceci, fait cela, une place à la table familiale laissée vacante pour le retardataire, une voiture se garant dans l’allée en guise de plan final… Un plan qui aura fait réagir le public en salles, laissant sous-entendre qu’il était prêt à revoir Paul Walker à l’écran, surtout dans un métrage final. Cela tombe bien, les frères de l’acteur ne cachaient pas, à l’époque de la promotion de Furious 7, qu’ils aimeraient recommencer à jouer les doubles numériques. Tous les éléments sont réunis pour un certain producteur appréciant particulièrement ressusciter les morts dans la franchise…

Vin Diesel en roue libre

Alors on ne s’attend pas à ce que Brian fasse soudain un retour de premier plan dans Fast & Furious 11, cela serait vraiment mal venu, même pour Vin. Non, on suppose davantage un ultime barbecue familial avec notre beau gosse aux yeux bleus, bien présent cette fois. Et puis il ne faudrait pas que la star du show se remette à avoir de la concurrence.

Car on ne va pas se le cacher, si Paul Walker ne pouvait tenir la franchise sans sa co-star – 2 Fast 2 Furious l’a prouvé -, le binôme fonctionnait plutôt bien, d’autant que le personnage de Brian était le héros originel. Cela empêchait Diesel de tirer toute la couverture de son côté malgré sa prédominance. Dès le huitième volet, on sent que quelque chose a changé. Désormais seul en scène, Vinou prend une nouvelle stature au point de pouvoir affronter tous les membres de son équipe sans les mains et sans les cheveux.

Une vampirisation qui va aller crescendo, de la même manière qu’un certain Tom Cruise sur Mission : Impossible. Les deux partagent d’ailleurs ce point commun d’avoir signé un dernier opus (en date) où leur personnage atteint un statut quasi-divin, immortel, pour qui les règles de la physique et de l’univers ne s’appliquent plus. De là à dire que c’est Brian qui rendait Dom humain…

Fast And Furious 7 Fin Originale
© Universal Pictures

D’autant plus que si on écoute les bruits de couloir, Paul Walker est bien le seul avec qui Vin Diesel n’a jamais eu de guerre d’ego. Dwayne Johnson, Jason Statham ou encore Jason Momoa, la star de Riddick aime autant inviter d’autres poids lourds de l’industrie qu’il déteste les voir prendre la lumière si ce n’est pas lui qui tient la lampe et qui récolte les flashs. Walker semblait fonctionner comme un inhibiteur.

Mais Paul est mort et reste Brian, un personnage-objet qu’on peut désormais utiliser comme un élément marketing, un élément de fan-service, un élément malléable à l’envie qui ne fait d’ombre à personne et qui peut permettre à un autre de briller encore plus. Une conclusion cynique, certes, mais rassurez-vous, on doit être dans l’erreur puisqu’après tout, c’est ce qu’il aurait voulu. Peut-être.

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