Dossier

Films de monstres : la saga de leur évolution de “King-Kong” à “La Forme de l’eau”

Cinéma

Par killy le

Qu’ils affichent des tentacules, des griffes ou divers appendices, les monstres constituent une figure récurrente du cinéma. Présents depuis les débuts de cet art, ils agitent eux aussi les émotions et les rêves. De multiples influences ont nourri l’évolution de ce genre cinématographique si particulier.

The Dinosaur and the missing link

Les créatures autrefois couchées sur papier entament leur carrière au cinéma par l’intermédiaire de The Dinosaur and the Missing Link : A Prehistoric Tragedy du célèbre Willis O’Brien en 1915. Rien de mieux pour commencer que la figure même du monstre antédiluvien qu’est le dinosaure. Même si le vénérable Gertie est le premier représentant de l’espèce à avoir été animé (avec des dessins) en 1914 par le créateur de Little Nemo, Winsor McCay, le film d’O’Brien demeure l’une des plus anciennes expérimentations de la technique de stop motion.

Le Monde perdu

King Kong et Dracula

L’animateur continue son exploration dans The Ghost of Slumber Mountain en 1918, galop d’essai pour ce que sera Le Monde Perdu en 1925, de Harry Hoyt. Cette plongée dans un univers clôt, peuplé de dinosaures et de créatures simiesques, est une date importante dans l’histoire du film de monstres car elle préfigure le King Kong de 1933. La fascination de l’époque pour les recherches paléontologiques amène de façon naturelle l’imaginaire à exploiter de tels sujets.

Il ne faut cependant pas oublier l’influence de la littérature avec le Dracula de Stoker publié en 1897 ou encore le Frankenstein de Mary Shelley en 1821. Deux oeuvres marquantes, déjà bien implantées dans l’inconscient collectif à l’époque qui ont elles aussi participées à la naissance de films de monstres. Le Manoir du Diable de Méliès en 1896 est considéré comme le premier film de vampires. Mais le démon qu’il montre, Méphistophélès, ne présente pas, à proprement parler, de caractère “monstrueux”.

Le Manoir du diable

Le Frankenstein de J. Searle Dawley en 1910,  s’inscrit en revanche pleinement dans ce genre. Ce terreau à la fois formé de créatures animées et de gaillards déguisés grave pour plusieurs décennies les codes du film de monstres.

Un genre qui va prendre son essor avec le fameux King Kong dès 1933.  Le Frankenstein de Whale en 1931 et La Momie de Freud en 1932 vont toutefois façonner l’apparence de ces figures fantastiques mythiques. Précisons que le deux rôles sont interprétés par Boris Karloff pour Universal Pictures. Avec Le Fantôme de l’Opéra en 1925 et le Dracula de 1931, le groupe donnera d’ailleurs ses lettres de noblesses aux Universal Monsters.

Le roi des Kong

Étape essentielle du cinéma, King Kong est pourtant une production au budget assez moyen de la RKO (société de production américaine). Créé par Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, le film vient à l’époque dans la lignée de nombreuses productions dépeignant des explorateurs plongée dans une jungle féroce.

Animé par la passion de Cooper pour les singes, King Kong raconte de manière toute naturelle la naissance de l’humanité dans le cœur de cet animal sauvage géant. Encore une fois, le talentueux O’Brien s’occupe de l’aspect “truquage”. Avec la beauté simple de son propos et son rendu visuel incroyable, le film est un immense succès . Il marque la pop-culture et l’image du singe perché sur l’Empire State Building devient une icône.

Production en chaîne de séries B

Une rampe de lancement idéale pour tout un pan du cinéma de genre, que la RKO va vite rentabiliser en produisant un grand nombre de films de série B. Bien entendu, l’impact sur le grand public n’est pas équivalent à celui des premiers blockbusters historiques que seront Les Dents de la Mer ou encore Star Wars, mais King Kong rassure sur le potentiel des monstres sur grand écran.

La Féline

Des grands noms du cinéma vont alors avoir l’occasion de travailler pour cette société, comme Tourneur avec son chef d’oeuvre La Féline (1942) ou encore The Body Snatcher (1945) de Robert Wise, qui a le privilège d’accueillir un duo d’acteurs phares du film de monstres, Boris Karloff et Bela Lugosi. A noter qu’il n’a rien à voir avec le long-métrage Invasion of the Body Snatchers de Siegel, tiré d’un autre roman.

Body Snatcher

La Seconde Guerre Mondiale va alors créer une parenthèse dans la production, avec un repli sur le film de propagande à l’échelle internationale. Mais une reprise intervient à la toute fin des années 40, jusqu’au début des années 60 avec l’évolution d’un genre qui est désormais moins un miroir de l’être humain que celui du monde tout entier. La guerre est passée par là et les questions qu’elle a amené sur la destruction, l’horreur, la prévalence de la force marquent de manière durable ce cinéma.

Une créature tirée de son sommeil

D’autant que le spectre de la Guerre Froide se matérialise. Le monstre, en majorité géant, est désormais le plus souvent l’incarnation d’une nature implacable qui réapprend l’humilité à des hommes en déroute. Le meilleur exemple est bien évidemment Godzilla d’Ishiro Honda en 1954, créature réveillée par des tests de bombes atomiques dans le Pacifique.

Godzilla 1954

Inspiré en partie de The Beast from 20,000 Fathoms (Le Monstre des Temps Perdus) sorti près d’un an plus tôt, qui est l’un des premiers faits d’armes du mythique animateur/créateur d’effets spéciaux Ray Harryhausen, Godzilla devient un emblème et le film fondateur d’un genre, le Kaiju Ega (cinéma de bête étrange littéralement). Sorte de King Kong dénué de tout anthropomorphisme, la créature incarne aussi les stigmates d’un Japon en pleine reconstruction matérielle et psychologique et devient politique. Le cinéma va alors se cherche de nouveaux épouvantails hors du folklore habituel. La recherche spatiale débute: les aliens vont pouvoir entrer en scène.

4 réponses à “Films de monstres : la saga de leur évolution de “King-Kong” à “La Forme de l’eau””

  1. Paul Verhoeven réalisateur de Predator ? sur quelle planète ?
    Vous écrivez des articles sur un site qui s’appelle le "Journal du geek"…
    Faudrait voir à se comporter comme tel.
    Il n’y a pas plus tatillon qu’un geek.
    Donc si vous ne l’êtes pas dans vos articles, vous perdez beaucoup de crédibilité auprès de votre communauté.

  2. Simple erreur d’inattention, je lisais la bio de Verhoeven. Je l’avais en tête en écrivant. Bien entendu, c’est McTiernan. Merci de ton commentaire.

  3. En me relisant, il est vrais que je peut paraitre un peux sec. Mais j’aime bien votre site. Sinon continuez comme ça, très bon site. La plupart du temps il y a rarement des erreurs, ou alors je ne les remarques pas ? .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *