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Avengers Doomsday : est-ce qu’on va enfin lâcher l’affaire avec Marvel ?

Marvel a enfin donné un premier aperçu d’Avengers : Doomsday. Au cinéma, en préambule d’Avatar : de feu et de cendres, la séquence nous fait craindre pour l’avenir d’une licence autrefois incontournable. Pour la première fois, Avengers va-t-il être boudé par ses spectateurs les plus assidus ? Billet d’humeur.

Ce mercredi 17 décembre, Marvel a lancé le compte à rebours qui mène à Avengers : Doomsday. Pour l’occasion, le studio a lancé un dispositif exceptionnel en proposant une scène inédite chaque semaine pendant plus d’un mois. Avant Avatar : de feu et de cendres, le public va pouvoir découvrir qui reviendra pour ce projet que l’on nous promet bien volontiers dantesque. Ces annonces font suite à celles de mars derniers, quand une caméra s’est déplacée pendant six heures pour dévoiler des chaises.

Il n’y a encore pas si longtemps, ce premier teaser nous aurait fait bondir. Mais quelque chose cloche. On se demande sincèrement si tout ça vaut vraiment encore le coup d’être vu. Et si, après plus d’une décennie à suivre religieusement le Marvel Cinematic Universe, on laissait tomber ? Est-ce qu’on y croit encore ?

“Je vous parle d’un temps…”

En 2017, les fans (comme nous) sont aux aguets. Marvel a promis une conclusion épique à sa Saga de l’Infini, une apothéose après une décennie de bons et loyaux services. Le plan de Thanos a été déroulé dans une dizaine de films. Son arrivée a été promise dans des scènes post-crédits plutôt savantes et Civil War a mis l’équipe dans un état qui permet de véritablement sacraliser leurs retrouvailles.

Lorsque l’entreprise publie une vidéo de quelques minutes le 11 février, pour officialiser le début du tournage du film des frères Russo, il est surtout question de revenir sur le chemin parcouru et de donner quelques indices sur ce que l’avenir réserve aux spectateurs. On retrouve Robert Downey Jr, Chris Pratt et Tom Holland devant un immense décor et les réalisateurs Joe et Anthony Russo en interview. Tout le monde rappelle la singularité de ce projet, tout le monde s’enthousiasme à l’idée de voir ces personnages se côtoyer enfin au cinéma. Jusqu’ici, les Gardiens et les Avengers ne s’étaient pas croisés. Iron Man et Captain étaient en froid.

Infinity War Bataille
Nous à la sortie d’Avengers Infinity War © Marvel Studios

Un an plus tard, les spectateurs sont au rendez-vous. Les avant-premières affichent complet en France comme dans le reste du monde et il ne fait aucun doute que le premier volet du diptyque marquera l’histoire du MCU et plus largement de la pop culture. Dans l’obscurité, lorsque la fanfare est remplacée par un appel de détresse du vaisseau asgardien, les fans qui sommeillent en nous trépignent. Il est là, le moment que l’on attendait depuis que les Chitauris ont envahi New York devant la caméra de Joss Whedon. On est loin d’imaginer que la proposition des frères Russo bousculerait l’équilibre de la franchise. On avait même envisagé que Marvel prenne une pause de plusieurs années après le final d’Endgame. Oui, on était sans doute un peu naïf…

Marvel ne peut pas faire mieux…

Infinity War et Endgame ont placé la barre si haut qu’elle parait désormais hors d’atteinte. Comment faire mieux que la disparition déchirante de la moitié d’un univers ? Comment choquer avec la mort d’un héros quand les morts peuvent revenir encore et encore pour se sacrifier une vingtième fois ? On parle de toi Loki. Qui peut encore être surpris par l’arrivée des X-Men quand Doctor Strange 2 les a fait intervenir et qu’ils ont été à l’épicentre de Deadpool & Wolverine ?

Non, s’il y a bien une chose qui nous a surpris au cours du long et barbant direct d’Avengers : Doomsday, c’est qu’aucun sursaut d’intérêt ne s’est fait sentir chez les aficionados de Marvel que nous étions il n’y a pas si longtemps. Rien n’a su titiller l’enfant qui sommeille en nous, rien n’a su effacer cette impression d’une fête ratée avec des anciens du lycée. On a grandi, et on n’a plus rien en commun. Se serait mentir que de dire que l’information communiquée via ce premier teaser n’a pas éveillé notre curiosité. Mais on accueille la nouvelle avec autant d’inquiétude. L’inquiétude de voir ce qui était une excellente conclusion entachée par la propension de Marvel à trop tirer sur la corde.

Ant Man Endgame
“Euh mais attendez… J’e l’ai déjà affronté le grand méchant moi ” © Marvel Studios

On s’inquiète même de voir le nombre de personnages annoncés pour Doomsday, de savoir comment la narration va pouvoir tous les exploiter sans frôler l’indigestion. Dans Infinity War, on comptait pas moins de 25 personnages principaux et tout autant de secondaires. 27 noms ont été partagés hier… et Marvel laisse déjà entendre que d’autres seront annoncés au cours des prochains mois. Il faut dire que certains manquent cruellement à l’appel, à l’image de Spider-Man et Doctor Strange, que l’on imaginait pourtant à l’épicentre du récit.

A priori, cette rangée de chaises n’est pas surprenante, puisque Secret Wars était déjà un événement dantesque sur papier glacé. Mais, même avec un film qui devrait allègrement dépasser les trois heures, nos héros vont devoir jouer des coudes. Ils n’auront pas quantité de numéros de comics ou d’épisodes de série pour livrer leur histoire. C’est d’autant plus vrai que Doomsday ne profite pas de l’avance qu’avait Infinity War. Son intrigue repose sur une phase au mieux incomplète, au pire chaotique. Jusque récemment, c’est en effet l’arrivée de Kang le Conquérant que Kevin Feige préparait. C’est pour cette raison qu’il est apparu dans Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, pour cela qu’un de ses variants était à l’épicentre de Loki sur Disney+.

Docteur Fatalis, lui n’a eu droit qu’à une seule scène post-crédits. Preuve s’il en fallait une que la Maison des Idées avance à tâtons, Brave New World ne s’est pas payé le luxe de ne serait-ce que mentionner son nom. Sept ans plus tôt,  la personnalité de Thanos avait été construite sur plusieurs films, au travers du parcours de Gamora, de Drax et même de Loki. Doomsday part d’une feuille blanche pour un résultat que l’on espère pas aussi foutraque que les phases 4 et 5 du MCU.

Du suspense ? Pour quoi faire ?

Mais plutôt que spéculer sur ce que pourrait ou ne pourrait pas être le prochain film Avengers, revenons un peu sur ce que l’on sait de Doomsday. Outre sa distribution monstrueuse, le projet fait parler de lui parce qu’il convoque des héros que l’on pensait remisés au placard. Ok, on va parler du bouclier au milieu de la pièce. Attention spoilers si vous ne voulez pas savoir ce que contient ce teaser.

Hulk Colère
“Passez votre chemin, on a dit” © Marvel Studios

Ce serait mentir que de dire qu’on n’a pas ressenti un petit peu d’excitation à l’idée de retrouver une légende du MCU. Steve Rogers va bien reprendre du service, ce n’est pas vraiment une surprise en soi, puisque c’était ça ou Chris Evans préparait une compétition d’haltérophilie. Pourtant, voir Marvel confirmer son retour en grande pompe a quelque chose d’un brin enthousiasmant. Mais une fois passé ce petit rush d’adrénaline, on se demande pourquoi (non mais vraiment) pourquoi avoir craché le morceau aussi vite ? Les retours de Tobey Maguire et Andrew Garfield avaient été gardés secrets jusqu’à la dernière minute et les spectateurs s’étaient donc rués au cinéma pour voir trois générations de tisseurs de toile réunis. Ici, on sacrifie le suspense et l’attente au profit du marketing…

On avait déjà souligné que la campagne promotionnelle de Captain America : Brave New World était incompréhensible, Marvel remet ça et confirme qu’il n’est désormais plus question de surprendre les spectateurs mais de leur donner un menu précis du film qu’ils verront quelques mois plus tard. Elle demandera tout de même aux premiers spectateurs de ne pas spoiler les prochains, encore faut-il avoir quelque chose à spoiler… On passera rapidement sur les craintes que l’on éprouve à voir un personnage dont le parcours s’était conclu de manière plutôt savante revenir. Le risque d’entacher l’histoire de Steve Rogers est là, autant que celui d’Iron Man. Le générique d’Endgame, en guise d’adieux, a déjà perdu de sa superbe.

Maintenant, est-ce que l’on sera au rendez-vous le 16 décembre 2026, conscience professionnelle mise à part ? Oui. Car la machine Marvel est bien huilée et que la franchise nous a pris en otage et nous tient par notre plus vilain défaut : la curiosité. Face à tous les défis que les frères Russo et le scénariste Stephen McFeely devront surmonter, on ne peut qu’attendre impatiemment de découvrir si tout ce beau monde transformera l’essai. Et c’est sans doute là que Marvel a réussi son coup, le sort des personnages (et des acteurs) nous importe tellement qu’on ne laisse pas notre déception nous faire rompre tout à fait avec cette franchise en perte de vitesse. Syndrome de Stockholm ? Sans doute.

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