Le 8 décembre, les fans de jeux vidéo ont pu assister en ligne ou en personne à la cérémonie des Game Awards, la soirée la plus importante pour n’importe quel éditeur de jeu. En plus des nombreuses annonces qui nous ont été présentées, on a pu assister à la remise de prix, dont la catégorie du jeu de l’année était extrêmement disputée cette année.
Parmi les nommés, on retrouvait A Plague Tale : Requiem, Horizon Forbidden West, Stray ou encore Xenoblade Chronicles 3. Mais la vraie bataille de cette année se jouait entre Elden Ring, sorti au mois de février dernier, et God of War Ragnarök, disponible depuis tout juste un mois. Après la grande révélation du gagnant, qui n’est autre qu’Elden Ring, on vous explique pourquoi, selon nous, c’est God of War Ragnarök qui aurait dû être sacré jeu de l’année 2022.
Parce qu’il honore largement son héritage
Il faut retourner en 2018 pour comprendre d’où vient cet engouement pour Ragnarök. Cette année-là, God of War, le quatrième opus de la franchise, prend un nouveau départ direction la mythologie nordique, et fait mouche avec un jeu à la fois complet, touchant et bougrement efficace. Il réussit à décrocher le prestigieux titre de jeu de l’année aux Game Awards, face au très sérieux concurrent Red Dead Redemption II.
Cet événement, marquant aussi bien pour la franchise que pour le studio, élève inévitablement les attentes des joueurs, c’est pourquoi God of War Ragnarök était lors de son annonce l’un des jeux les plus attendus sur PS5. 4 ans plus tard, c’est une entrée tout aussi parfaitement réalisée que nous retrouvons manette en mains, il n’y a donc aucune raison pour que celle-ci ne s’offre pas le même titre honorifique.
God of War Ragnarök réussit à mettre en avant les prouesses techniques de notre époque, et utilise tous les moyens possibles pour se placer au-dessus de ses rivaux. C’est un succès triomphant puisque le titre réunit des millions de joueurs en un rien de temps, ce qui nous amène à notre deuxième point.
Parce qu’il bat des records d’audience
God of War a toujours bénéficié d’une large audience, le charme des premiers opus ayant rapidement attiré les joueurs. Le “reboot” de 2018 a redonné un vent de fraîcheur à la licence, qui a perduré avec Ragnarök et qui a rassemblé davantage de monde, d’autant plus que la saga nordique peut être jouée sans avoir touché aux trois premiers opus avant elle.
Bien qu’il ne soit disponible que sur PS4 et PS5, God of War Ragnarök a vendu plus de 5,1 millions de jeux à travers le monde, brisant quelques records au passage. Il devient ainsi LE jeu first-party (développé par Sony) avec le meilleur lancement de toute l’histoire de PlayStation, et il devient également le jeu le plus vendu de la franchise. Kratos est déjà un nom qui rassemble… et qui garde unifié.
Jusqu’ici, les titres God of War n’ont jamais déçu leur public, contrairement au concurrent de Ragnarök qui a eu un départ triomphant, mais des retours plus ou moins mitigés. Étant de nature plus accessible, et pourtant tout aussi rempli d’action, le jeu de Santa Monica Studio étend encore davantage son audience, alors qu’Elden Ring s’adresse très spécifiquement aux joueurs aguerris, qui savent manier leurs dix doigts et user d’une patience considérable.
Il ne faut pas oublier que le gagnant des Game Awards est élu grâce au vote des joueurs à hauteur de 10% et non exclusivement grâce à un jury composé d’experts dont cela aurait été le métier de se faire violence pour aller au bout de l’expérience. Elden Ring représente énormément de ventes depuis sa sortie en début d’année, mais combien de joueurs ont vraiment aimé le jeu et combien qui se sont accrochés après les premières heures laborieuses ? Le jeu de l’année ne devrait pas seulement parler qu’à une élite, mais au plus grand nombre.
Parce que sa narration est unique
D’un point de vue plus personnel, on a tendance à penser que God of War Ragnarök se démarque du reste des jeux vidéo sortis cette année grâce à sa narration hors du commun. Dans le divertissement, la mythologie a toujours attiré, le postulat de base est donc propice au succès. Mais Ragnarök va plus loin que ça, et mêle à cette intrigue fabuleuse une histoire familiale plus profonde, touchante et incroyablement pertinente en 2022.
L’aventure grandiloquente de Kratos et Atreus, un père et un fils que tout oppose, les force à se comprendre, se connaitre davantage et à travailler main dans la main pour se protéger mutuellement en plus de protéger les neuf royaumes nordiques. Au-delà d’être une simple aventure épique – ce que le jeu est de toute façon – on a affaire à une narration véritablement époustouflante, pleine de retournements de situation et d’enjeux presque cinématographiques.
De plus, tout comme le début de la saga a su attirer un nouveau public, Ragnarök en représente la fin, les joueurs se sont donc montrés nombreux pour le grand final qui nous prédit depuis 4 ans déjà la mort de Kratos, personnage principal de la franchise depuis le tout début. Il est donc normal qu’il marque les esprits, cette année encore plus qu’avant.
Parce que son immersion est incroyablement équilibré
Outre son histoire, God of War Ragnarök c’est aussi un savant mélange des genres et une incroyable aventure à tous les niveaux. Si Kratos est connu pour sa violence et son caractère colérique, c’est parce que la licence met aussi l’emphase sur l’action et les combats. Ils sont tout aussi importants que la narration, les cinématiques, ou encore les phases d’exploration et cela se ressent également dans Ragnarök.
Chaque aspect du jeu est balancé, maitrisé et nous fournit une expérience ultra immersive et très attachante. Tous les aspects de son immersion (musique, graphismes, animation, etc) et de son gameplay (attachement à l’univers, aux personnages, accessibilité du gameplay, diversité et liberté, etc) sont équilibrés, contrairement à Elden Ring qui privilégie largement l’intensité du gameplay et la difficulté au reste.
Ce cinquième opus, et sa popularité exponentielle auprès du public après toutes ces années, reste la preuve qu’une franchise iconique peut toujours réussir à se réinventer et surtout à le faire bien, un fait extrêmement rare dans le monde des jeux vidéo, qui perdent en qualité au bout de quelques volets.