Dossier

Surface Neo et Duo : On a vu en démo l’intrigante gamme pliable de Microsoft

Ordinateurs

Par Anne Cagan le

C’était la surprise du dernier événement Microsoft : la firme a dévoilé deux étonnants appareils pliables baptisés Surface Neo et Duo.  De passage à Paris hier, le directeur Produits de la firme de Redmond, Panos Panay, en a fait une petite démo. Lequel des deux a le plus de potentiel et pourquoi ? On fait le point.

Photo JDG

Ne tournez pas de vidéos s’il vous plaît”.

Le ton est chaleureux mais ferme. De passage hier à Paris, le directeur Produits Microsoft Panos Panay était tout à fait disposé à montrer ses Surface Neo et Duo, les deux produits pliables qui ont bluffé le public lors de la dernière conférence du groupe. Mais pas question de laisser les journalistes s’en approcher de trop près et les prendre en main. Malgré ces conditions strictes, la présentation ne manquait pas d’intérêt : la petite démo de Panay nous a permis de saisir bien plus concrètement le potentiel de ces deux appareils.

A première vue, l’innovation n’est pas flagrante. Pour rendre ses Surface Neo et Duo pliables, Microsoft n’a pas opté en effet pour une technologie d’écran révolutionnaire, le groupe recourt tout bêtement à une bonne vieille charnière qui relie les deux dalles et permet de les tourner à 360°. Mais en 2019, avec des bords d’écran toujours plus fins, le choix de Microsoft a du sens. Et quand on voit en action les appareils, on réalise vite que l’un d’entre eux au moins, le Surface Neo, change radicalement la donne. Composé de deux écrans de 9 pouces, il est en effet équipé de Windows 10X, une version de Windows 10 spécifiquement conçue pour les appareils à deux écrans.

Le Surface Neo vient également accompagné d’un nouveau genre de clavier que l’on peut positionner à différents endroits. Placé sur la partie externe d’un des écrans (la plus éloignée de la charnière), il déclenche l’apparition d’une “Wonder Bar”, une sorte de Touch Bar plus étendue qui pourra afficher des outils utiles (ex: des emojis lorsqu’on envoie un message) mais aussi des fenêtres (ex: une vidéo YouTube). Et lorsque le clavier est placé plus près de la charnière, la partie de l’écran visible peut servir de pavé tactile. Lors de la courte démo, le tout donnait l’impression de très bien fonctionner avec des fenêtres s’adaptant rapidement aux configurations choisies et un clavier facile à déplacer. Et lorsque celui-ci est rabattu (au dos de l’écran), il ne prend que très peu de place.

Le choix du format (2 x 9 pouces) est du reste judicieux. Placé en position ordinateur, le Surface Neo offre une surface de travail correcte. Elle est même plus que confortable une fois l’appareil placé en position carnet (ouvert à plat, avec par exemple un document sur l’écran de gauche et une fenêtre pour de la prise de note au stylet à droite) ou en position “livre debout” avec le clavier détaché puisqu’on obtient dans ces cas de figure une diagonale équivalente à 13 pouces.

Replié, l’appareil semble cependant imbattable en termes de portabilité avec sa diagonale de 9 pouces et son poids plume de 655 grammes. Bien sûr, une foule de paramètres sont susceptibles d’améliorer ou de gâcher l’expérience proposée par le Surface Neo. La façon dont les développeurs s’empareront ou non de ces possibilités sera évidemment au centre de tout. Un écran de 9 pouces reste en soi une surface petite pour de la production même si elle suffit largement à de la consultation. Exploiter au maximum la Wonder Bar en y déportant des menus sera donc crucial si l’on veut que l’utilisateur ait un minimum de confort lorsqu’il place son appareil en position “ordinateur portable”. Et bien d’autres variables devront être évaluées avant que le Surface Neo ne puisse être qualifié de nec plus ultra de la bureautique nomade (performances, design du clavier, qualité de l’écran et de la captation audio, etc.) Si Microsoft navigue intelligemment entre ces écueils, la firme de Redmond pourrait bien nous démontrer que les idées les plus simples sont parfois les meilleures. Nous sommes en revanche bien moins convaincus par le Surface Duo, l’autre appareil pliable de Microsoft qui tourne, lui, sous Android et dispose de deux écrans de 5,6 pouces.

Le petit format de l’appareil nous fait penser qu’il ne sera pas très adapté à de la bureautique. Or il ne sera pas possible de profiter d’un contenu multimédia type film sur la surface dépliée puisque la charnière gâchera le visionnage. Même si Microsoft a indiqué lors de la conférence que les écrans pliables utilisés par Samsung ou Huawei ne les intéressait pas plus que ça, ce type de dalle nous semble avoir bien plus de potentiel pour les appareils de format smartphone. Précisons cependant que le Surface Duo, tout comme le Neo, sont loin d’être des produits finis. Il faudra sans doute attendre encore un peu avant d’avoir davantage de détails sur leurs possibilités. Leur sortie n’est en effet pas prévue avant fin 2020. Le temps de laisser les concurrents / partenaires s’organiser et lancer la dynamique au sein du public ?