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Mi-STR, mi-jeu de survie, on a essayé They Are Billions pour comprendre son succès

Jeux Vidéo

Par Cyrielle Maurice le

Disponible en accès anticipé depuis le 12 décembre 2017, They are billions n’en finit pas d’envahir le coeur des joueurs PC et de le dévorer tout cru. Le succès est tel que le petit nouveau s’est hissé dans le top 10 des meilleures ventes Steam, côtoyant ainsi PUBG et GTA V. Un jeu de stratégie en temps réel ? Dans un univers Steampunk ? Avec des zombies ? Avec un descriptif pareil, la seule chose à laquelle on pense c’est d’aller vérifier si on ne s’est pas accidentellement réveillé en 2009. Curieux de connaître ce qui a bien pu séduire plus de 400 000 joueurs, nous avons tenté nous aussi de survivre aux milliards d’infectés pendant quelques heures et nous n’avons pas été déçus du voyage.

Sur le papier, They are Billions ne semble pas plus exceptionnel qu’un STR classique. Installé au milieu de nulle part avec pour seule compagnie une petite escouade de rangers, le joueur a pour première mission de collecter les ressources environnantes, se constituer une base de défense et tenter de survivre le plus longtemps possible sur des terres hostiles. Le seul et unique ennemi ici est le bon vieux zombie des familles. Ne le sous-estimez pas, il suffit d’un unique individu pour répandre l’épidémie dans votre colonie et la rayer définitivement de la carte.

Dans ses mécaniques, They are Billions se rapproche d’un titre comme Banished, dans la mesure où le titre exige une gestion des ressources très serrée, dans laquelle on est rarement en surplus, tout en y incorporant des mécaniques de Tower Defense à la Factorio.

Avec son slip et son couteau

Par son statut de jeu en accès anticipé, They are Billions ne fournit pas encore toutes les clés au joueur pour bien démarrer une partie. Les phases de tutoriel étant bien souvent développées en fin de projet, on fait son apprentissage à la dure : mettre sur pause, parvenir à lire correctement le menu et les icônes du jeu, trouver comment sélectionner ses troupes que l’on a éparpillées un peu partout en reconnaissance, voir qu’elles ont en fait foncé tête baissée dans un groupe d’une trentaine d’infectés et que vous n’avez plus rien pour vous défendre… Une dizaine de minutes plus tard, un zombie arrive et vous saccage votre partie comme d’un rien. Bravo, vous avez survécu 3 jours.

Et c’est ainsi que le titre prend subitement les aspects d’un vieux maître de kung-fu au visage dur et impassible. Chaque erreur vous vaudra un taquet sur le coin du visage, la douleur de la défaite restant ancrée dans votre mémoire. Petit à petit, les maladresses de débutant s’estompent. La courbe de progression dans They are Billions est pour le coup impressionnante. De partie en partie, que l’on soit un habitué des mécaniques de STR ou encore novice en la matière, les jours de survies augmentent et vous incitent à persévérer.

Vous reprendrez bien une pincée de sel ?

They are Billions doit son succès en grande partie à cette jouabilité. Le jeu génère en effet une dose suffisante de frustration pour vous faire hurler contre vous-même à la moindre erreur, mais reste tout de même suffisamment accessible pour vous récompenser dans votre obstination à progresser. They are Billions s’inscrit ainsi dans la lignée de ces titres rageants que l’on voit fleurir depuis quelques années : Super Meat Boy, Dark Souls, Cuphead, The Surge, Furi… Des jeux tellement difficiles que la moindre petite victoire en devient une pure extase.

En étant en accès anticipé, les aléas techniques de They are Billions offrent de plus des situations qui mettraient en péril la patience du tout jeune scarabée que vous êtes. Asseyons-nous deux minutes pour parler de l’IA des unités, c’est important. Il faut en effet savoir que la survie de votre colonie dépend pour une grande part de vos soldats et de leur aptitude à protéger vos civils. Cette tâche s’avère toutefois un peu plus compliquée que prévu quand on s’aperçoit que les mercenaires ont le QI d’une pelle.

Poster vos rangers à l’entrée de la ville pour surveiller les envahisseurs ? Une mission sur le papier simple à exécuter, encore faut-il avoir conscience du champ de vision, réduit, de vos soldats. Sans doute arrêterez-vous de compter le nombre de fois où un zombie est passé sous le pif d’un ranger sans réveiller en lui la nécessité de le neutraliser. En termes de lecture, They are Billions a aussi quelques efforts à faire concernant notamment ladite sélection des unités. À ce jour, il n’y a aucune possibilité d’avoir un aperçu global de ses troupes, si ce n’est de cliquer sur un de ses représentants pour trouver la localisation de ces congénères. Des améliorations sont donc vivement attendues par les joueurs afin de profiter de la difficulté réelle du jeu, qui se suffit déjà à elle-même.

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Une communauté active

Par sa qualité de projet inabouti, le studio espagnol Numantian Games derrière They are Billions a cependant l’avantage de pouvoir interagir activement avec sa communauté, de moduler son titre en fonction des retours de celles-ci et de construire un véritable esprit de cohésion. La communauté grandit, est active, impliquée et provoque ainsi une vague de nouveaux curieux. Un schéma que l’on a par ailleurs déjà trouvé dans PUBG, dont la communauté est en grande partie l’origine de son succès.

Par là même, They are Billions séduit également dans son statut de jeu de niche. Sa sévérité en fait un challenge apprécié par une tranche de hardcore gamers qui aime remettre en question sa performance, une population moindre qui aime se faire du mal. Paradoxalement, le titre initialement prévu pour une catégorie de joueurs bien précise parvient à amener vers lui d’autres joueurs voulant s’essayer au challenge.

Conseil de pro : éviter de confondre l’Est et l’Ouest lors de l’arrivée de vague.

Arrivent ensuite les divers influenceurs sur des plateformes comme YouTube ou Twitch. Beaucoup de joueurs diffusent et partagent automatiquement leur découverte d’un nouveau jeu, et si celui-ci vaut le coup d’être visionné, c’est tout benef’. Et c’est complètement le cas de They are Billions. Frustrant, rageant, impardonnable, le titre de Numantian Games a tout ce qu’il faut pour être “streamable”.

Le spectacle doit continuer

They are Billions a le don de mettre le joueur dans des situations cocasses, avec sa fâcheuse manie de lancer des hordes de zombies sur les remparts les plus faibles de la colonie. Les moments où l’on a l’impression que le jeu se fout cordialement de nous sont tellement nombreux qu’ils font le bonheur des spectateurs. On prendra en exemple le malheur de ce joueur qui commet l’erreur fatale de regrouper ses unités sur un seul point de surveillance, et qui, à la trentième minute, ne voit pas le zombie arriver sur une de ses tours d’énergie. Une parfaite représentation de l’adage “Tu dors, t’es mort.”

Les exemples de ce type se multiplient sur la toile, que ce soit les petits accidents, les échecs cuisants survenant à la fin de la partie ou bien les coups de génie, comme ce joueur qui décide de faire appel à 8000 archers pour endiguer l’ultime vague de zombies lors d’un des modes les plus ardus du jeu. Le résultat est impressionnant, simple mais cruellement efficace, d’autant plus que notre stratège militaire a la bonne idée de placer ses troupes dans un goulot hors des murs de la ville. On notera par ailleurs la fluidité avec laquelle le jeu continue d’afficher autant d’individus, le moteur de Numantian Games étant capable de faire apparaître plus de 20 000 unités à l’écran.

Toutefois, le joueur ne doit son salut qu’au gain de temps engrangé par le nombre pharaonique de soldats utilisés. Il est en effet parvenu tant bien que mal à tenir 100 jours, période de temps imposée pour ce niveau de difficulté, avec cependant une vague de goules aux portes de sa ville.

Des profils multiples, une expérience unique

Avec sa génération de carte aléatoire et les multiples stratégies de défenses naissant du cerveau des joueurs, They are Billions fait partie de ces jeux proposant un tel nombre de possibilités d’histoires, de défaites ou de victoires que chaque expérience en devient unique.

C’est cette richesse de They are Billions qui donne aujourd’hui au RTS de Numantian Games ce potentiel de succès auprès d’une large tranche de joueurs. Dans une époque où les blockbusters de jeux vidéo ont une certaine tendance à proposer davantage une expérience accessible au plus grand nombre, certains décident de faire de l’oeil aux joueurs souhaitant mettre à l’épreuve leurs compétences, les poussent à se dépasser ou à repenser leur acquis. They are Billions fait partie de ceux-là et permet tant aux habitués qu’aux novices de s’améliorer à leur rythme, avec un grand choix de niveaux de difficulté.

• They are Billions est disponible en accès anticipé sur Steam à 24,99 euros.