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[The Walking Dead] Fin de la saison 8, avenir du show, notre avis sur une série de zombies en fin de vie

Série

Par Mathieu le

Quel avenir pour The Walking Dead ? Après un épisode final attendu, la saison huit s’est donc terminée dans la nuit de dimanche à lundi, réservant bien évidemment son lot de surprises. Des hauts mais aussi des bas ont rythmé le show depuis ses débuts. Au fil des années, les spectateurs ont commencé à se plaindre, argumentant, assez rationnellement, que la série perdait doucement en qualité et ne captivait plus comme à ses débuts.

Les audiences ont diminué (des centaines de milliers de téléspectateurs  en moins) faisant perdre, par la même occasion, une certaine légitimité à la série. Pourtant, la seconde partie de la huitième saison s’annonçait haletante, avec un final qu’on espérait explosif, et, pourquoi pas, un dénouement au duel Negan-Rick débuté il y a deux ans déjà. Mission accomplie ?

Attention, cet article contient des spoils et il est préférable de ne pas le lire si vous n’êtes pas à jour dans la série.

L’Homme avant la mort

The Walking Dead, c’est l’histoire d’un homme, Rick Grimes, qui a traversé des tempêtes, vécu des cauchemars bien réels, mais a toujours réussi à s’en sortir grâce à son sens inné de la survie. Ce huitième acte n’a aucunement dérogé à la règle. Les seize épisodes auxquels nous avons assisté se résumaient à un objectif : en finir avec la dictature imposée par Negan. Les rôdeurs sont en effet, depuis deux ans, relégués à de vulgaires seconds rôles. L’ennemi principal, celui qui fait vraiment trembler les foules, c’est un homme en parfaite santé, à la tête des Sauveurs. Un point intéressant, même s’il ne plait pas à tous, puisqu’il suggère que les humains peuvent parfois être aussi dangereux, voire plus, que les morts-vivants.

Mais le problème de la série, et notamment de ce huitième acte, c’est qu’il a la fâcheuse tendance à lasser, et même à ennuyer. On se demande où est passée la tension et les instants dramatiques qui caractérisaient si bien le show. Alors, oui, Carl, le fils de Rick et figure emblématique de The Walking Dead est mort, emporté par une morsure de rôdeur. Mais est-ce vraiment une surprise quand, depuis plus d’un an, son interprète explique vouloir quitter la série ? Seize épisodes pour préparer un affrontement final, le dernier passage marquant d’une guerre qui aura tenté, parfois vainement, de tenir en haleine. Oui, c’est peut-être trop.

On retient tout de même des moments marquants et intelligents dans cette saison huit. Negan reste un personnage fort, d’une rare intelligence, machiavélique à souhait et qui réussit malgré tout à provoquer la sympathie. Ses réactions et intimidations ont, heureusement, dynamisé le show en lui apportant ce qu’il fallait d’énergie. Mais ce n’est pas suffisant. Certains avanceront même qu’il était temps que son combat contre Rick se termine. On est d’accord.

La montée en puissance de Maggie, la folie qui envahit Morgan et le double-jeu de Dwight sont les autres grands éléments à retenir de ce nouvel acte. Et ils n’ont connu un dénouement que dans le final diffusé lundi.

[nextpage title= »Entre espoir et découragement »]

Nostalgie mania

Le fait est que cet ultime épisode a surpris, mais aussi déçu. Le twist final avec le retournement, qu’on n’avait pas vu venir, d’Eugene a été une bonne chose. Cette idée de faire de ce personnage, aussi détesté qu’apprécié, l’homme fort de la révolte de Rick est ingénieux puisqu’on le voyait plutôt comme quelqu’un d’aigri, ravagé par la peur, l’égoïsme et l’envie de survivre coûte que coûte. En voyant le piège se refermer sur Rick et sa bande, on ne voyait pas ce qui pouvait les sauver et on commençait même à envisager que plusieurs acteurs majeurs meurent au combat. Mais non.

De la réussite, beaucoup de chance et un allié inespéré ont sauvé, une fois encore, nos héros d’une fin peu enviable. Pourtant, un sentiment étrange continue de fleurir. Aurions-nous préféré un autre dénouement avec la mort de quelques uns des protagonistes principaux ? Car oui, mis à part Carl, il est loin le souvenir des pertes douloureuses, à l’instar de Glenn, Abraham et tant d’autres par le passé.

Est-ce vraiment ce qu’on désirait, détester encore plus Negan ? Peut-être. Mais voir Rick lui trancher la gorge avant de le sauver est aussi une surprise. En vérité, c’est surtout un risque qui pourrait bien lui valoir tourments et problèmes par la suite. Car la grosse révélation de cette fin de saison huit, c’est que Maggie, Jésus et Daryl mijotent quelque chose dans le dos de Rick et Michonne. Est-ce vraiment possible ? Va-t-on voir d’anciens alliés, désormais amis, se battre ? Que mijote Maggie, qui reproche à celui qui était son chef et plus grand soutien d’avoir épargné Negan ? Autant de questions qui trouveront, logiquement, des réponses dans la saison 9, qui pourrait être la dernière.

Daryl, nouveau Negan ?

Des déceptions, il y a en a eu. Que dire de l’affrontement final qui n’aura duré que quelques instants. Une montée en puissance dingue pour quelques coups de feu sans intérêt, le tout avant un combat Rick-Negan peu convaincant. Alors oui, on ne s’attendait pas à voir du Marvel dans la forme, mais quand même, il aurait été bien vu de faire monter un peu plus la pression. On regrette également les grandes incohérences de cet épisode final.

Pourquoi Maggie, grande amie et partenaire de Rick, depuis la saison 2, ne souhaite pas tenter une approche plus pacifique ? Alors que le plus important, c’est la « paix » demandée par Carl, comment peut-on vouloir directement repartir en guerre froide contre ses propres alliés ? Cela parait vide de sens, surtout de la part de Daryl, un proche du duo Michonne-Rick qui donne désormais l’impression de vouloir se charger d’être le parfait bad-guy.

Depuis ses débuts en octobre 2010, The Walking Dead était une série unique, avec un ADN propre qui a bien longtemps fait son charme. Au fur et à mesure que les épisodes passaient, on voyait les personnages qu’on appréciait disparaître, ce qui laissait penser qu’il ne fallait pas s’y attacher. Mais depuis deux ou trois ans, on a l’impression de tourner en rond, de ne plus savoir dans quelle direction aller, comme si les showrunners eux-mêmes étaient perdus.

Il est d’ailleurs peu étonnant que Scott Gimple, qui officie sur la série depuis la saison quatre, ait été démis de ses fonctions et remplacé Angela Kang, scénariste et co-productrice exécutive depuis 2011. Si l’épisode final a globalement rehaussé le niveau, il faut bien avouer que la forme de « happy end » qui a été présenté a de quoi laisser perplexe. Comme le soulignaient certains de nos confrères, cette fin de saison 8 donne presque l’impression que le show est terminé et qu’il ne connaîtra pas de suite, alors qu’on se pose encore de nombreuses questions (qui étaient les personnes dans l’hélicoptère ? y’a-t-il de véritables camps de survie ? Comment est apparu le virus ? Existe-t-il un remède ? etc.).

Bref, The Walking Dead a encore beaucoup à nous conter, même s’il s’éloigne de plus en plus du comics original.

Notre avis

Cette saison 8 de la série de Robert Kirkman s’est terminée dans une sorte d’indifférence générale pesante. Tandis que certains fans veulent encore y croire, d’autres ont un avis plus tranché et demandent une réaction rapide de la part des scénaristes. On ne peut qu’être d’accord. Oui, The Walking Dead a toujours du charme et de l’attrait, mais il est loin de faire l’unanimité comme à ses débuts. Si l’on apprécie toujours, peut-être par nostalgie, de suivre les aventures de Rick et ses amis, il va aussi falloir qu’ils fassent les efforts nécessaires pour nous convaincre de rester. On ne demande que ça.

6 / 10