Passer au contenu

Tom Cruise fait ses adieux à Ethan Hunt : on a classé la saga Mission Impossible du pire au meilleur

Avec The Final Reckoning, la saga Mission Impossible, du moins avec Ethan Hunt (et Tom Cruise en théorie) a tiré sa révérence au cinéma. L’occasion de classer les huit films du moins réussi au plus abouti. C’est parti.

8 – Mission Impossible 2 : celui qui gâche le plus son potentiel

Une menace mondiale de grande ampleur, la Chimère, capable d’instaurer la terreur chez l’homme et de le ronger de l’intérieur en quelques heures, John Woo à la réalisation : Mission Impossible 2 avait, sur le papier, de solides arguments à faire valoir. L’ennui c’est que ce film se retrouve plombé par ce qui aurait dû être ses points forts.

La chimère est certainement l’un des dangers les plus réalistes et les plus menaçants de la saga mais elle est aussi la menace la moins bien développée puisque hormis une ou deux séquences, on n’en mesure jamais la dangerosité. La réalisation de John Woo, qui oscille entre romantisme exacerbé et scènes de combat ultra réalistes dénote énormément avec le reste de la saga. Pour être clair, celle-ci dessert plus le film qu’autre chose. La photographie est l’une des moins belles de la licence, les personnages introduits manquent d’intérêt et pour finir, en vrai, qui se souvient du méchant de ce film ?

7 – Mission Impossible 7 : Dead Reckoning : celui qui est le plus décevant

Présenté comme la première partie d’un ensemble avant de changer de nom et d’abandonner l’appellation de Partie 1, Dead Reckoning souffre de beaucoup de maux. Pendant un peu moins de trois heures, le film empile les personnages sans jamais les développer, renie pour la toute première fois le concept d’équipe. Oui, dans Dead Reckoning, c’est quasiment Ethan qui fait tout, tout le temps, reléguant les historiques Luther et Benji aux rangs de spectateurs, dans des proportions jamais égalées dans les films précédents.

Les nouveaux venus (Briggs et Degas) manquent clairement d’intérêt et il n’y a guère que Pom Klementieff (Paris) et Hayley Atwell (Grace) pour sauver les meubles vu que le film supprime l’emblématique Ilsa de l’équation. Pis, MI 7 nous offre avec Gabriel un méchant aussi agaçant que caricatural, probablement l’un des pires d’ailleurs. Enfin, ce Mission Impossible a tellement vendu sa scène de saut à moto en amont que celle-ci finit, lors de son visionnage, par nous décevoir, car finalement peu immersive et dénuée de tout effet de surprise.

6 – Mission Impossible 8 : The Final Reckoning : celui qui offre le plus d’émotions

Le dernier épisode de Mission Impossible, sorti récemment en salles, est celui qui maîtrise probablement le moins son rythme, enchaîne le plus de longueurs et crispe le plus la presse au vu des critiques négatives qui l’accompagnent. Oui, The Final Reckoning est loin d’être parfait, oui le film a des soucis qu’on ne peut occulter mais son rôle est finalement tout autre dans la saga. Il s’agit autant de faire des adieux à Ethan Hunt que de lier cet opus aux précédents, dans le but de boucler la boucle. Et sur ce point-là, entre une réalisation toujours aussi soignée, des scènes à couper le souffle (la plongée sous-marine d’Ethan, le combat aérien avec les deux avions), un Tom Cruise ultra mis en avant oui mais toujours aussi généreux dans son jeu et des raccords plutôt astucieux avec au moins deux épisodes de la saga, The Final Reckoning remplit tout de même son rôle.

5 – Mission Impossible 3 : celui qui a l’un des meilleurs méchants

Owen Davian est forcément un nom qui parle aux fans et connaisseurs de la saga Mission Impossible : il est l’un des méchants les plus cruels, celui qui va mettre à mal et ébranler sérieusement Ethan Hunt, au point d’être tout proche de le briser. Homme sans scrupules, il est l’un des rares à faire douter le super agent et le leader de la Force Mission Impossible. Et si ce méchant est autant à la hauteur, c’est aussi grâce à la qualité de la prestation rendue par Philip Seymour Hoffman, incroyable dans ce registre.

C’est aussi le film qui introduit pour la toute première fois une donnée essentielle en la personne de Julia, la femme d’Ethan. J.J Abrams, qui s’est chargé de la réalisation de cet épisode, est donc celui qui offre un semblant de normalité, d’intimité et de profondeur à Ethan Hunt. Cela se ressent aussi dans le scénario, avec une mort choquante dans le premier tiers du film ou encore les galères que rencontre l’équipe Mission Impossible, notamment à dupliquer les identités, rappelant la complexité permanente de cette supercherie. L’intrigue avec Lawrence Fishburne est sympa mais plutôt convenue et ce film a finalement eu une seconde vie avec son lien avec The Final Reckoning, notamment en donnant une signification plusieurs années après son introduction à la fameuse “patte de lapin”.

4 – Mission Impossible : Rogue Nation : celui qui est à la bonne place

Cinquième épisode de la saga, Rogue Nation aurait pu se hisser sur le podium. Il a des arguments pour : il est de loin l’un des meilleurs, il introduit le Syndicat, une menace internationale qui sera encore développée dans l’épisode suivant, Fallout, ainsi que le personnage d’Ilsa, interprété par Rebecca Ferguson. MI 5 ramène du beau monde à l’écran, avec Alec Baldwin (Hunley) en responsable de la CIA particulièrement tenace, ou encore Sean Harris (Solomon Lane), en leader sans scrupules d’un groupuscule particulièrement dangereux. Il place déjà des noms et des personnalités pour le futur en même temps qu’il prépare les adieux à d’autres (Jeremy Renner).

3 – Mission Impossible : celui qui ressemble le plus à un film d’espionnage

Sorti en 1996, le premier Mission Impossible est un OVNI dans la saga porté jusqu’au 8e et dernier épisode par Tom Cruise. Car le film proposé par Brian de Palma ne joue pas comme les autres la carte de la surenchère, que Tom Cruise n’est pas encore l’unique attraction du show et que, surtout, ce premier volet fait véritablement office de film d’espionnage. Dialogues, rebondissements, tout y est, avec des plans en contre-plongée à couper le souffle, une mise en tension permanente, des scènes iconiques encore aujourd’hui comme l’échange tendu entre Kittridge et Hunt et l’explosion d’un aquarium géant ou cette scène de suspension au-dessus du sol dans une pièce sensible au bruit… et cocorico, un casting français (Jean Reno, Emmanuelle Béart). Si niveau effets spéciaux, le film commence à accuser le coup – on pense à la scène finale avec l’hélicoptère et le train -, il avait eu l’audace – ce que les fans lui ont longtemps reproché – d’écorner l’image du héros emblématique de la série, Jim Phelps, en le transformant en traître à la nation. Rien d’étonnant que The Final Reckoning, finalement, réhabilite le personnage, en lui inventant un fils (portant le même nom, quelle originalité) plusieurs années plus tard.

2 – Mission Impossible : Protocole Fantôme : celui qui fait basculer la licence

Après trois premiers films qui ne se ressemblent pas, Mission Impossible change de naming. Stop aux chiffres, place aux titres pour chaque épisode de la saga. Ce changement n’est pas le seul. La réalisation est confiée à Brad Bird et en même temps que ce dernier nous offre des scènes de lutte de premier ordre, ainsi que des situations rocambolesques et spectaculaires, cet épisode semble marquer un retour aux sources : espionner sans être repéré, duper son prochain pour le bien de la mission et repousser les limites du possible pour cela, tels sont les mots d’ordre de l’équipe dirigée par Ethan Hunt.

Cela se traduit notamment par l’usage de gadgets iconiques, quand ces derniers fonctionnent, ce qui est rarement le cas durant le film, obligeant les membres de Mission Impossible à sans cesse improviser. Le meilleur exemple n’est autre que les gants qu’utilise Ethan pour escalader la façade extérieure du Burj Khalifa. D’abord facile, l’ascension se complique, obligeant l’agent à redoubler d’ingéniosité. Assurément, une des cascades les plus époustouflantes de la saga encore aujourd’hui.

Entre tempo effréné et dialogues percutants, Protocole Fantôme installe les bases du renouveau de la licence. C’est l’épisode qui voit le personnage de Benji prendre de l’épaisseur et devenir un membre actif et important de la Force Mission Impossible. Celui qui introduit également l’agent Brandt (Jeremy Renner), qu’on aurait aimé voir définitivement s’installer par la suite.

1 – Mission Impossible : Fallout : celui qui met tout le monde d’accord

À ce jour, c’est celui qui coche toutes les cases. Celui qui excelle dans tous les domaines : écriture, ambiance, scénario, rythme. Fallout n’est pas seulement le meilleur de la série, il est aussi un excellent film d’action. Chronologiquement, il bénéficie d’une certaine montée en puissance dans la réalisation de Christopher McQuarrie, qui nous livre un épisode magnifique, avec des plans à couper le souffle. On pense évidemment à la poursuite finale en hélicoptère mais on peut aussi faire référence à ce combat à trois mêlant Tom Cruise, Henry Cavill et un individu important (du moins le croit-on) dans les toilettes du Grand Palais, à Paris, faisant office pour le coup d’arène de gladiateur. Fallout aurait pu servir d’exemple aux deux épisodes suivants sur la façon de recycler efficacement des sujets abordés par le passé, comme c’est le cas avec l’ex-femme d’Ethan, Julia, le sacrifice du couple et la gratitude de cette dernière pour le choix fort de son ex époux.

L’opposition Cruise-Cavill, fil rouge du film, est incroyable jusqu’à son dénouement, où chacun livre le meilleur de lui-même. Vanessa Kirby joue parfaitement les intrigantes, Rebecca Ferguson crève toujours autant l’écran lorsqu’elle y est et Luther et Benji, bien que relégués au second plan, n’en demeurent pas moins importants et justifient encore l’idée d’équipe, qui sera abandonnée par la suite. Le meilleur avant la fin ? Oui, sans aucun doute.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode