Passer au contenu

Upload saison 4 : peut-on vraiment cloner son esprit dans le cloud ?

L’arrivée de la prochaine saison d’Upload relance le débat fascinant : est-il crédible, scientifiquement, d’espérer un jour cloner — ou plutôt de télécharger — son esprit dans le cloud pour échapper à la mort ?

Dystopie, utopie, ou réelle perspective technologique ? Dans la série Upload, imaginée par Greg Daniels, et diffusée depuis 2020 sur Prime Video, la mort n’est plus une fatalité. Au moment de quitter le monde des vivants, il suffit de payer (cher), pour numériser l’intégralité de sa conscience et démarrer une nouvelle existence virtuelle, dans un univers luxueux sous contrôle d’une entreprise spécialisée. Entre paradis numérique, lutte des classes et consumérisme angoissant, Upload interroge les rapports entre mémoire, identité, personnalité… mais aussi l’inégalité d’accès et la marchandisation de la post-vie. Si vous avez aimé l’épisode Des gens ordinaires de la dernière saison de Black Mirror, l’idée devrait vous plaire.

Le mind uploadind, science-fiction ou perspective futuriste ?

Le téléchargement de l’esprit dans un univers virtuel est une hypothèse transhumaniste selon laquelle on pourrait, en principe, transférer ou copier l’ensemble des souvenirs, connaissances, traits de caractère, et même la conscience d’une personne, dans une machine ou dans le cloud. D’immenses figures de la science comme Marvin Minsky ou Hans Moravec ont théorisé cette ambition : notre esprit produit de l’activité neurobiologique, et cette dernière pourrait être copiée, pour peu que l’on parvienne à cartographier chaque composant du cerveau.

C’est simple (en théorie)

  • Cartographier l’intégralité des connexions neuronales, ainsi que l’état dynamique de chaque neurone du patient
  • Numériser ces données en un format exploitable par une intelligence artificielle
  • Simuler le tout dans un superordinateur ou une infrastructure cloud, capable de reproduire toutes les fonctionnalités cérébrales
  • Restituer l’expérience subjective, comme un avatar numérique autonome qui pense et ressent

Des avancées réelles… mais insuffisantes

La technologie permet déjà de faire ce qu’on percevait hier comme un miracle. Les neurosciences cartographient toujours plus finement l’activité cérébrale, les modèles d’intelligence artificielle reproduisent certaines fonctions du cerveau de manière assez impressionnante, et les avatars, robotisés ou logiciels, sont capables d’intégrer et de retranscrire de plus en plus d’informations. En parallèle, les chercheurs progressent sur les interfaces cerveau-machine, avec l’ambition de pallier et de réparer des dégâts cérébraux, après une maladie ou un accident par exemple.

Malgré ces premiers pas, aucun scientifique n’a réussi à cloner l’esprit humain. Il faut dire que les obstacles sont colossaux : en première ligne, on retrouve assez logiquement la complexité du cerveau humain, qui comporte environ 86 milliards de neurones dont chacun forme jusqu’à 10 000 connexions synaptiques. Cartographier ce réseau dynamique, et en saisir les règles d’évolution sonne comme un exercice périlleux. De plus, il faudrait une quantité de data inouïe pour simuler en temps réel un seul cerveau, et le cloud est encore loin d’atteindre ce niveau.

Le dilemme éthique

Cloner l’esprit, est-ce créer un soi numérique, ou juste une copie sans authenticité ? Qui détient les droits sur une personnalité simulée ? Une fois le cap technique atteint (ce qui est encore loin d’être le cas), se poseront les problématiques éthiques liées à ce type de manœuvre. Car il existe une différence fondamentale entre cloner des souvenirs, et créer de toutes pièces un algorithme capable d’évoluer sur la base de ces dits souvenirs.

Dans ce cas, quid des éventuelles sauvegardes ? Ces dernières pourraient être dupliquées, créant des répliques exactes et “sentientes” de leurs propriétaires, ce qui amènerait fatalement bon nombre de problématiques existentielles. Enfin, se pose la question de la propriété de ces données. À qui appartiendrait les clones numériques, et qui se chargerait de les héberger ? On s’en doute, l’opération ne serait pas gratuite.

Et si un jour, c’était possible ?

Si cloner son esprit dans le cloud devenait réalité, les conséquences seraient vertigineuses, tant sur la notion d’identité, de vie privée, d’immortalité que sur l’organisation même de nos sociétés. Des questions, à la fois philosophiques, sociales et politiques, sont déjà au cœur de la réflexion dans la série, il conviendrait de les poser sérieusement. En attendant, cloner son esprit dans le cloud comme dans Upload n’est pas encore une réalité scientifique. Mais ce rêve, à la frontière de la science-fiction et de la recherche émergente, nourrit une réflexion essentielle sur les limites et les promesses de notre évolution technologique.

Rendez-vous le 25 août prochain pour découvrir la quatrième et dernière saison d’Upload, sur Prime Video.

Découvrir Upload

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode