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GamesCom 2018 : Devil May Cry 5, démons et merveilles

Jeux-Video

Par Mathieu le

C’était il y a 10 ans. Dante et Nero s’affrontaient dans un duel considéré par beaucoup comme épique. Après une quatrième aventure très appréciée, nos héros disparaissaient, laissant sans nouvelles des fans qui en voulaient plus, toujours plus. Capcom confia alors le soin à Ninja Theory de relancer la franchise en 2013 via un titre qui partait sur de nouvelles bases. Un semi-échec. Cette fois, et dans une véritable euphorie générale, l’éditeur a décidé de redonner sa chance au fils de Sparda grâce à DmC 5. Et ça s’annonce aussi bon qu’espéré.

Dante dents

Comme ce fut le cas dans Metal Gear Solid 2 avec Solid Snake et son futur confrère Raiden, Dante n’est plus le grand protagoniste de la saga Devil May Cry. Le chasseur de démons partage l’affiche avec Néro, le “fils spirituel” de Virgil qui est au centre de ce nouveau récit. C’est d’ailleurs bien ce personnage que l’on a eu la chance de contrôler pour une démo courte mais riche en enseignements. Plongé rapidement dans un grand bain sanglant, il a été très vite clair que ce nouvel opus veut rester fidèle à sa riche histoire tout en se modernisant suffisamment.

Ce qui marque rapidement l’esprit lorsqu’on débute une partie sur DmC 5, c’est le soin apporté par les équipes de Capcom pour faire de cet épisode un jeu cohérent. L’univers dépeint ressemble à s’y méprendre à ce qui a été présenté par le passé même si la technologie permet désormais d’y apporter une multitude de détails. Mais, surtout, et c’est bien là un point primordial, la prise en main s’avère très efficace à défaut d’être totalement intuitive. On retrouve un Nero ô combien vif et bien plus à l’aise qu’il y a dix ans. Ce dernier bénéficie d’une multitude de nouveaux coups et d’attaques spéciales qui vont faire le bonheur des fans. Rapidement, on se retrouve encerclé par des monstres aux designs génialement hideux et des combos dévastateurs s’exécutent devant nos yeux ébahis. S’il faudra un petit temps d’adaptation aux joueurs pour véritablement profiter des possibilités offertes par le titre, reste qu’on prend son pied à voir le héros venir à bout des vagues d’ennemis qui se dressent face à lui.

Très dynamiques, les affrontements semblent avoir gagné en profondeur et en intérêt ce qui est un vrai point fort à donner au jeu. Coups à terre ou en l’air via l’épée, le bras mécanique, l’arme à feu, utilisation du démon breaker, attaques spéciales… autant d’aspects à prendre en compte lors des combats, ce qui confère une grande diversité au titre. On attend également d’en voir plus en ce qui concerne les combats de boss qui s’annoncent plus accomplis que jamais. La mise en scène globale paraissait d’ailleurs de haute volée, encore bien plus travaillée que dans le quatrième épisode qui avait déjà fait des efforts dans ce domaine. Bien évidemment, Devil May Cry 5 ne s’est pas encore vraiment dévoilé, notamment en ce qui concerne son scénario toujours aussi mystérieux. Néanmoins, on ressent la volonté des développeurs de faire de cette cinquième aventure une expérience bien plus riche que par le passé avec une multitude de rebondissements et de nouvelles révélations sur le sort accordé au génial Dante.

Le retour du fils prodigue

Pour autant, DmC 5 ne renie pas ses origines. On retrouve ainsi quelques éléments qui font la renommée de la série comme les zones limitées lors des affrontements, la présence d’orbes/âmes de couleurs diverses et la possibilité d’améliorer son équipement et diverses compétences. La direction artistique est aussi de haute volée et parfaitement ancrée avec tout ce qui a été réalisé par le passé. Tatsuya Yoshikawa qui s’est occupé du design des personnages a peut-être trop exagéré les traits de certains protagonistes (Dante en tête), mais il s’avère qu’une fois la partie lancée on ne peut que trouver le résultat remarquable.

Techniquement, la version proposée tournait sur une Xbox One X et il faut bien avouer qu’elle était somptueuse. Riche en détails que ce soit dans les zones traversées ou vis-à-vis des créatures rencontrées, le jeu s’annonce comme une petite pépite visuelle. Les modélisations font preuve de finesse, les textures paraissaient très lisses et globalement satisfaisantes et le rendu général flattait la rétine. Mais, ce sont surtout les différents effets (lumières, explosions, effusion de sang, attaques finales,…) qui nous ont agréablement surpris tant la qualité était indéniable et rarement atteinte dans un Beat’em Up. Aucun ralentissement n’a été noté, ce qui est une bonne nouvelle, surtout qu’il s’agit d’un titre loin d’en avoir terminé avec son développement.

On attend tout de même d’en voir plus, notamment sur la durée, pour se forger un avis plus tranché. Même si on a été plus que convaincu par ce qui a été proposé, il ne faut pas oublier que le jeu ne sortira que dans sept mois. Il faudra donc surveiller le rapport Nero/Dante surtout que ce dernier risque fort de bénéficier d’une jouabilité différente et certainement plus complexe à maîtriser. Il faut aussi patienter pour comprendre l’ensemble des subtilités lors des combats, puisqu’il parait clair qu’il sera possible de voler avec Nero (ou tout du moins de s’élever très haut et de planer) tandis qu’on s’attend à des virées en moto avec le fils de Sparda.

Notre avis

Oui, les interrogations sont encore nombreuses dans notre tête, reste qu'on a adoré ce moment en compagnie de Nero. Devil May Cry 5 s'annonce comme un excellent jeu, fort bien réalisé et offrant une jouabilité rodée et intelligente. Si on ne doute pas du savoir faire des équipes de Capcom pour offrir aux fans une aventure complètement épique, il faut espérer que ces excellentes premières sensations seront validées sur la durée. On ne manquera pas de vous tenir au courant.