Test

[Prise en main] Honor MagicBook Pro : une union bien calibrée entre polyvalence et autonomie

Ordinateurs

Par Felix Gouty le

Huawei aime décliner ce qu’il conçoit. Après les Matebook et le MagicBook, le constructeur chinois propose aujourd’hui une version intermédiaire : le Honor MagicBook Pro.

Crédits : Journal du Geek.

“On ne change pas une équipe qui gagne” pourrait être le mantra de Huawei. Après plusieurs Matebook (dont les 13 et D14 testés par nos services) dont une version survitaminé avec le Matebook X Pro puis une déclinaison sous le label Honor MagicBook, le MacBook Air façon Huawei reprend à nouveau la même formule avec le MagicBook Pro. Vous l’aurez compris : il se positionne comme l’intermédiaire entre le MagicBook standard et la dernière lignée de Matebook. Autrement dit, il rassemble, a priori, le meilleur des deux mondes : une polyvalence efficace et un prix défiant toute concurrence. Avant sa commercialisation le 27 septembre en France pour 899,99 euros, le Journal du Geek a eu l’occasion de le prendre en main.

Fiche technique

Dimensions 36,9 x 23,4 x 1,69 cm
Poids 1,7 kg
Processeur AMD Ryzen 5 4600H
Carte graphique AMD Radeon Graphics
Mémoire vive 16 Go (RAM DDR4)
Stockage 512 Go (PCIe SSD)
Écran 16,1 pouces (1920 x 1280)
– IPS
– Bordures d’écran (90% du châssis) = 4,9 mm
Système d’exploitation Windows 10 Home
Clavier – Clavier rétro-éclairé
– Lecteur d’empreinte + Webcam “pop-up”
Alimentation 56 Wh (chargeur à 65W)
Connexion – WiFi (type IEEE 802.11ac)
– Bluetooth 5.0
Ports entrée et sortie – 1 x USB-C
– 3 x USB 3.0 Type-A
– 1 x HDMI
– 1 x 3.5mm Audio Jack (Combo Jack-Micro)
– 2 x Micros + 2 x Hauts-parleurs

Design : mêmes forces, mêmes faiblesses ?

Tout d’abord, du point de vue de son design, le Honor MagicBook Pro est une réplique parfaite de la version standard. Ses formes et son châssis sont les mêmes que ceux de cette dernière et ne manque donc pas de style, surtout avec le remarquable coloris “Space Grey”. Son revêtement, de toute évidence complètement immunisé aux traces de doigt, le sublime. Le modèle Pro gagne cependant un port USB 3.0 supplémentaire, portant leur nombre total à trois. Une fois déplié, on retrouve avec tristesse la même webcam “pop-up” au sommet du clavier dont l’angle est toujours aussi frustrant. De plus, la puissance du rétroéclairage du clavier reste, encore une fois, bien trop faible même en pleine nuit.

Ci-dessus, dans l’ordre : la caméra clipsée sous le clavier, entre les touches F6 et F7 ; la webcam déclipsée ; l’angle fixe de caméra lorsque l’ordinateur est sur le genou ; l’angle de vue lorsqu’il est sur un bureau.

Huawei a néanmoins eu la bonne idée de conserver le lecteur d’empreinte au niveau du bouton d’allumage. L’identification reste là encore très rapide et hautement satisfaisante, surtout en combinaison avec le SSD placé sous le capot. Ce bouton-détecteur se positionne, en plus, au sommet d’une des deux colonnes de hauts-parleurs situées de part et d’autres du clavier. L’ajout est particulièrement appréciable et évite au son de rester étouffé une fois l’ordinateur posé. Par ailleurs, les touches du clavier, assez larges, sont agréables et discrètes sur le plan sonore. A propos de discrétion, on retient aussi la conservation du positionnement de la LED d’indication de chargement de l’ordinateur, sur la tranche gauche. Cela permet, là aussi, de ne pas gâcher les séances de visionnage nocturne de nos séries préférées. Seul petit hic : la dalle de l’écran garde trace d’un simple effleurement de tissu, ce qui risque d’être dérangeant après des mois d’utilisation quotidienne où la poussière et les postillons inévitables s’accumuleront.

Le jeu des différences techniques

Pour commencer, le nouveau modèle de “notebook” de Honor est très légèrement plus imposant que son homologue standard. Selon les mesures du constructeur, il pèse 1,7 kilogrammes, soit un peu plus de 300 grammes de plus que le MagicBook 14. La version Pro est aussi plus épaisse, de 0,1 millimètres de plus que ce dernier. Ses différences semblent anecdotiques mais peuvent se ressentir dans une sacoche ou un sac à dos déjà bien chargés. Elles se justifient sous le capot par un hardware monté en grade.

Du côté de la capacité de stockage, on se retrouve tout bonnement avec une double dose, en comparaison avec la version standard : 16 Go de RAM et un disque SSD de 512 Go. Le même principe s’applique aussi, dans une moindre mesure, au reste du hardware. Le Honor MagicBook Pro s’arme en effet d’un microprocesseur Ryzen 5 4600H d’AMD, une gamme au-dessus du Ryzen 5 3500U du modèle standard. Le Pro bénéfice aussi d’un GPU dédié, grâce à un AMD Radeon Graphics. Cette modeste carte graphique s’allie avec un écran Full HD de 16,1 pouces doté d’une résolution 1920 x 1080.

Performances

La combinaison permet à ce PC portable d’offrir une expérience de visionnage vraiment agréable lors d’une séance de “binge-watching” sur Netflix, par exemple. La saison 3 de l’animé japonais, Aggrestuko, est ainsi passée sous nos yeux comme une lettre à la Poste. La luminosité et les couleurs de l’écran sont resplendissantes mais pas aveuglantes : Huawei précise effectivement qu’il comporte un filtre d’atténuation du scintillement et à la lumière bleue. Les bordures de seulement 4,9 mm du châssis permet à l’écran de couvrir 90% de la surface et d’exploiter à fond les capacités de l’écran. Quoiqu’il semble limiter, a priori, au Full HD, le Honor MagicBook Pro peut repousser ses limites lors du visionnage d’une vidéo en 4K puis 8K (en l’occurrence, une reprise du trailer de Cyberpunk 2077). En outre, la machine reste parfaitement fluide face à du multitâche. Le Pro joue l’équilibriste avec brio, sans transpirer, tandis que l’utilisateur jongle entre une page web avec plusieurs onglets ouverts et des téléchargements en attente, l’installation d’un jeu-vidéo (Hitman (2016) sur la plateforme d’Epic Games) en cours et l’utilisation d’un logiciel de montage vidéo (Camtasia) avec deux-trois pistes. L’ordinateur chauffe très légèrement, mais ne frôle jamais la surchauffe. De plus, quand bien même ses ventilateurs arrière se font entendre, leur bruit reste bien loin des véritables souffleries dont on peut avoir l’habitude sur certains PC portables.

Le bât blesse néanmoins lorsque l’utilisateur s’écarte de la zone de confort globale de le Honor MagicBook Pro. Ce dernier ne permet pas de jouer à une grande quantité de jeux dans des conditions graphiques de qualité. Il a même du mal à adapter la résolution de son écran à celles demandées par les différents jeux. Cela s’est ressentie notamment sur Hitman (2016) évoqué plus haut qui, même en configuration “élevée”, n’offre pas un rendu à la hauteur des promesses du jeu. Par ailleurs, comme on peut s’y attendre, il chauffe plus et plus rapidement dans ces conditions. Nous sommes cependant parvenus à jouer plusieurs parties du jeu en ligne Minion Masters, sans accroc, malgré quelques signaux brefs de “connexion instable” par ci par là. En effet, curieusement, ce MagicBook Pro ne propose pas le Wifi 6 (alias IEE 802.11ax) et risque d’être donc très légèrement moins réactif au réseau qu’un autre ordinateur portable contemporain. Graphiquement, le jeu restait néanmoins bridé à une résolution 1280 x 720 pour une fréquence de 60 Hz. Par contre, le MagicBook Pro convient parfaitement à la pratique du streaming par le “cloud gaming”. Il suffit par exemple, comme nous, de tenter l’expérience avec quelques jeux streamés depuis GeForce Now pour s’en rendre compte.

Autonomie

Pour finir, le Honor MagicBook Pro se démarque surtout de ses prédécesseurs par une autonomie étonnement meilleure. Estimée à 8,5 heures par le constructeur, elle est d’une capacité exactement similaire aux autres modèles : 56 Wh. Pourtant, la séance de “binge-watching” de la série citée plus haut à luminosité moyenne, d’une durée totale d’environ 2h30, n’a consommée que 25% de batterie. Une session sur Netflix de trente minutes supplémentaires avait, à l’inverse, suffit d’achever l’autonomie du modèle standard. Le multitâche décrit plus tôt, étalé sur au moins 1h30, n’a consommé que 45% supplémentaire. De plus, à l’aide de son chargeur de 65W, il n’a fallu qu’une heure de recharge (ordinateur en veille) pour retrouver une batterie pleine. En somme, rien d’héroïque mais nettement plus satisfaisant que les autres modèles de la gamme.

Où l’acheter ?

Le Honor MagicBook Pro sera disponible le 8 septembre prochain à 899,90 euros, avec une remise immédiate de 100 euros du 8 au 27 septembre.

Galerie du test

 

Notre avis

Chose promise, chose due : le Honor MagicBook Pro se place véritablement comme l'intermédiaire entre le MagicBook standard et le plus onéreux, Matebook de Huawei. Il brille par ses capacités légèrement supérieurs à son "petit frère" surtout pour les utilisateurs les plus créatifs toujours en multitâche. Il ne convient cependant pas aux gamers boulimiques, qui apprécient de jouer à des titres très demandeurs. De plus, et c'est particulièrement frustrant, il conserve les mêmes faiblesses de design que son prédécesseur. Le MagicBook Pro ravit néanmoins par sa polyvalence élégante et discrète.

8 / 10
Les plus
Les moins
  • Un design soigné
  • Excellente polyvalence, surtout pour les créatifs
  • Une autonomie légèrement meilleure
  • Des hauts-parleurs pour rendre le streaming plus agréable
  • Un support parfait pour le "cloud gaming"
  • L'angle de la webcam "pop-up" qui la rend presque inutilisable
  • Le rétroéclairage invisible du clavier (même dans le noir)
  • L'absence de WiFi 6 pour une raison inconnue