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[Impressions] Dark Souls III : Les feux de la mort

Par killy le

Six ans après Demon’s Souls, les mécaniques de la série de FromSoftware commencent quand même à être connues : espoir, déconvenue, confiance, échec, humiliation, sens de l’honneur, sueur. Dans cet ordre. Une formule qui semble se répéter au fil des épisodes mais qui continue de fonctionner grâce à de subtiles variations et une petite perversion inassouvie. C’est ce que montre une nouvelle fois Dark Souls 3.

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3 heures qui furent bruyantes. 3 heures de souffles retenus, de petits cris, de grincements de dents et de soupirs de soulagement. Un enchevêtrement de réactions qui sont des échos habituels à l’expérience Demon’s Souls, Dark Souls ou Bloodborne, éléments aussi représentatifs qu’une âme récupérée sur un corps encore agité de soubresauts. C’est dans ce confort que s’installe Dark Souls 3, proposant dans cette nouvelle session d’essai une approche qui semble se diriger vers la synthèse des précédents épisodes. Grossier comme ses prédécesseurs, le jeu de FromSoftware ne s’embarrasse pas d’une présentation dans les formes et jette le joueur dans les griffes de créatures décharnées et agressives dès les premières secondes. L’occasion de découvrir par la cicatrice une surprise étonnante, la fameuse roulade d’esquive assurant une certaine sécurité dans Dark Souls 2 est loin d’être efficace désormais.

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Ayant conscience de leur angle-mort, les ennemis n’hésitent plus à poursuivre leur mouvement pour infliger des dégâts, et ce même après un décalage rapide. Il est plus sage de s’éloigner que de tourner autour de son adversaire dans le but de chercher une faille. Ce système fonctionne toujours, notamment pour planter une lame dans le dos – synonyme de coup critique – mais n’autorise pas autant de liberté. Il est nécessaire de bien observer le comportement de sa cible et de la laisser s’avancer pour contrer via son bouclier, plutôt que de tenter l’agression. L’ouverture proposée se montre avantageuse et évite le retour de bâton, bien plus fréquent, de la roulade mal négociée. Un constat qui s’applique dans une moindre mesure face aux boss, cumulant une grande mobilité et une allonge remarquable. L’esquive est ici vitale, mais recluse dans une mince fenêtre d’exécution. Le ressenti oscille entre Dark Souls 2 et Bloodborne, le jeu intégrant une notion de réactivité poussée sans sacrifier la lourdeur habituelle des Souls. Plutôt que de l’instinct, il faut savoir à nouveau appréhender une situation, ce qui aboutit à une évolution discrète, mais un gameplay maturé. D’autant que le retour de la jauge de mana ouvre des perspectives intéressantes sur la notion de prise de risque.

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