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[Impressions] Resident Evil VII – Zombis repetita

I + IV = VII

Par Corentin le

Cette raideur dans les déplacements, cette ambiance qui pénètre, ce sont de bonnes sensations qui reviennent quand on joue à Resident Evil VII. Le côté horrifique du 1 rencontre l’action intelligente du 4, avec en prime un soupçon de renouveau grâce à ce cadre inédit. Il en hérite également la raideur et les paresses conceptuelles. Ces dernières, bien qu’intrinsèquement pensées comme un jeu d’il y a 10 ans, ne sont pas forcément désagréables. On est comme bercé par une forme de nostalgie, une petite saveur qui ressemble à une madeleine de Proust, une impression d’avoir joué à ce jeu que l’on découvre pourtant pour la première fois. Les menus, sans être mal fichus pour autant, ont ce petit aspect rébarbatif symptomatique d’une certaine époque. L’intelligence artificielle des ennemis est extrêmement prévisible. Certaines énigmes n’ont rien de nouveau et la gestion pas forcément terrible des checkpoints nous incite à faire des allées et venues dans la maison pour sauvegarder à la moindre avancée.

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Certaines manipulations fleurent bon l’ancien, aussi. Pour prendre un exemple, il est possible de récupérer des pièces de monnaie tout au long du jeu que l’on peut échanger contre une amélioration au choix : santé, stabilité de la visée ou nouvelle arme. Et s’il faut échanger, je dis un chiffre au hasard, cinq pièces contre un tel bonus, sachez que vous devrez mettre les pièces une par une dans la machine. Cela implique appuyer sur la touche d’action devant ladite machine, chercher dans votre inventaire la case sur laquelle se trouvent toutes vos pièces, sélectionner les pièces, voir le compteur décroître de 1 et recommencer jusqu’à ce qu’il indique 0. Rébarbatif, japonais, old school, c’est vous qui voyez.

On ne trouve pas énormément de nouveautés non plus dans la gestion des objets. Une plante verte vous rendra un peu de vie. Combinez-en deux, et vous en récupérerez plus. Un produit chimique a remplacé la plante rouge et, comme elle, il est inutile tel quel. Mais en la combinant avec une plante verte, vous obtiendrez un spray de soin bien plus efficace. Ce produit chimique est cependant bien plus versatile que la plante rouge des précédents épisodes. Vous pouvez également le combiner avec de la poudre à canon pour en faire des balles de fortunes, ou bien avec des psychotropes pour en faire un stimulant très efficace qui augmentera votre acuité visuelle, idéal pour repérer plus facilement les objets. Il existe même des produits chimiques puissants, vous permettant de faire ces mêmes combinaisons, mais dont en résulteront des objets plus efficaces.

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Mention honorable aux combats contre les boss, très bien scénarisés, flippants au possible et dont plusieurs possibilités de victoires s’offrent au joueur. Une scène assez tôt dans le jeu verra Ethan se battre contre un Jack résolu à le dépecer. Vous pourrez tout à fait vider votre chargeur sur Jack et tenter de lui mettre des coups de couteau. C’est long, c’est dur, mais c’est possible. Ou bien vous pouvez chercher dans le garage pour les clefs de la voiture et tenter de rouler sur votre assaillant. Mon petit doigt me dit qu’une des deux méthodes est plus efficace et moins gourmande en munitions. Si tous ces combats sont comme ceux que nous avons pu voir lors de cette démo, alors Resident Evil VII fait preuve d’un boss design intelligent, vous donnant le choix entre la méthode fine ou la méthode forte. Dans les deux cas, l’expérience est amusante.

Pour ceux qui en doutaient encore, nous sommes bel et bien dans un Resident Evil. Resident Evil VII se situe quelque part entre l’atmosphère du premier et l’action du 4, avec son ambiance horrifique qui fonctionne très bien et qui se voit servie par des personnages hauts en couleur qui sauront vous glacer le sang. On prend également beaucoup de plaisir à déambuler, inquiet, dans les couloirs de cette grande maison où le danger guette à chaque recoin. Cependant, on se pose tout de même la question si ce plaisir n’existe pas pour de mauvaises raisons. On se demande si on ne passe pas un peu vite sur certains défauts de design, tellement on en a pris l’habitude dans la saga. Il est possible que l’on pardonne un peu vite certaines raideurs à ce Resident Evil VII alors qu’on n’aurait pas absous un concurrent à la renommée moindre. Toutefois, avec cet épisode, on sent que la saga cherche à s’éloigner des funestes cinquième et sixième opus. Et rien que pour ça, ce Resident Evil VII pourra difficilement être une déception.