« Nom de Zeus Marty, le Continuum va nous permettre de profiter de 2 écrans avec une liberté que l’on n’a encore jamais imaginée ! »
« Nom de Zeus » c’est ce que l’on se dit lorsque l’on découvre ce petit module pour la première fois. Derrière ce doux nom à consonance scientifique se cache un hub, disposant d’un port HDMI (sortie), d’une entrée USB-C, de 3 ports USB 3 et d’un port Display.
L’idée : relier votre mobile à un écran secondaire qui ouvrira les portes d’un univers à mi-chemin entre votre PC sous Windows 10 et votre mobile. Autrement dit : transformer votre téléphone en micro PC.
On pense de suite à surfer du bout des doigts, regarder un film sur Netflix ou faire profiter les autres de nos photos et vidéos. Sauf qu’il faudra prendre son mal en patience. Si le système est bluffant par sa simplicité, son efficacité et surtout sa rapidité (aucun lag, aucune latence, que ce soit via la connexion USB ou en Wifi), il est, à l’image de W10m, limité par le nombre d’applications compatibles. Très, très limité !

À l’heure de la publication de cette prise en mains, Netflix n’est pas disponible, tout comme 99,9% des applications installées. J’ai tenté d’y brancher un disque dur 2,5 pouces sur le dock, et là encore, impossible de le lire. Le même disque fonctionnant sur mon PC sous Windows 10. Cela m’a paru étrange, car le dock continuum est alimenté (la petite prise USB-C au dos sert à l’alimentation). J’ai récidivé avec une clé USB et là, tout a fonctionné. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de lire un film depuis l’application native de l’OS. Mais est-ce suffisant ?
En face, Android propose un Chromcast à 35€, et Apple une Apple TV à un prix indécent. Les deux objets permettant le stream. Mais ça reste de la duplication. Continuum permet plus, en rendant l’écran de diffusion indépendant de l’écran du smartphone. C’est là sa vraie force. On peut réellement travailler depuis son mobile, tout en gardant son smartphone opérationnel. Mais, il faut trouver des applications pour ça ! J’espère réellement que la sauce prendra. Car Microsoft a visé juste : notre mobile a absorbé tous nos objets : MP3, radio, appareil photo, caméra, téléphone fixe, mobile, surf, streaming, chat, visio, jeux vidéo, GPS, etc. Désormais, on peut faire du fair-use et s’affranchir d’un téléphone fixe et d’une box (il suffit d’avoir un forfait le permettant). Il est donc logique d’imaginer un futur dans lequel nos tours et nos PC portables seront remplacés par un tout petit module. Il suffira alors d’un simple écran possédant un port HDMI et d’un clavier/souris compact pour accéder à un PC d’appoint (voire même d’un écran sans fil).

,Mais… Nous n’en sommes pas encore là. C’est bien le plus dommage. Lancer une telle idée sans rien derrière. Rien à se mettre sous la dent, à part une suite Office et du surf via Edge. Dommage. Alors, comme pour le reste, on va attendre, et y croire. Sauf que cette conviction est actuellement facturée cher. Le néophyte s’est transformé en maçon du bêta testing tant il a de plâtres à essuyer.
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Au royaume des nouveautés, on a :
Les nouvelles applis enfin affichées en haut du classement (c’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous, ça veut dire beaucoup).

Un affichage des notifications plus complet et la gestion des options via un défilement (c’était apparu avec la dernière maj de WP8.1).

Un système toujours aussi fluide (il est difficile de le montrer en photo, mais c’est fluide ^^).
Un navigateur Edge vraiment rapide

Les tuiles toujours aussi pratiques.

Un menu de réglages des paramètres bien plus pratique et clair (il reprend le design de celui de Windows 10).

Un explorateur de fichiers (un vrai).

Un clavier repensé avec un pavé directionnel qui rend la touche retour sur tactile enfin appréciable !

Windows 10 Mobile est donc une version mature de Windows Phone. Un nom qui change, une interface qui se veut en accord avec les versions PC, et un système de navigation bien fichue. Intrinsèquement, le système est un régal de fluidité et d’efficacité. Loin de l’usine à gaz qu’est Android (même dans sa version “stock”) ou d’un iOS qui, à côté, fait très vieux. La page d’accueil en ajoute un peu plus, peaufinant le système de tuiles dynamiques, rendant les notifications presque inutiles. Seul le raccourci aux fonctions (Wifi, Mode Avion, etc.) sera utilisé.
Un pas en avant, 2 pas en arrière
On va parler un peu du Store dont le design a eu droit à un petit rafraichissement bienvenu.

Windows est un système marginal. Il n’a pas la « hype » d’un iOS ou d’un Android. Quand on l’utilise, on le fait en connaissance de cause. Tant et si bien qu’on prend ses petites habitudes avec des applications propres au système. En acceptant W10 Mobile, en l’état actuel des choses, on accepte de ne pas posséder de montre connectée (ou tout accessoire de ce type), du moins, pour le moment. Il en va de même pour les applications de contrôle à distance, comme celles proposées par les constructeurs d’appareils photo, de contrôle de drones (l’application DJI par exemple, fonctionne mal, et il faut se tourner vers des applications tierces) ou tout autre goodies.
On accepte également de ne pas avoir droit aux dernières mises à jour d’applications phares comme Instagram (remplacé par un 6Tag qui était nettement plus abouti, et qui n’est plus que l’ombre de lui-même), Google Maps, Hangout ou encore VSCO. En échange, on nous offre un système fluide, simple, qui nous évite de passer des heures, scotchés à nos écrans. Un coup d’œil à la page d’accueil et on a tout ce qu’on désire, même le déverrouillage du mobile.


« Mais ce manque se fait plus ressentir avec Windows 10 Mobile »
Dans cette liste d’applications propres à WP8.1, on retrouvait un ensemble d’applications fraichement développées par Nokia. Des applications qui ne sont désormais plus disponibles. La plupart orientées navigation ou photo. Fini Here Maps et ses déclinaisons (apparemment, il s’agit d’une anomalie en cours de correction par l’équipe du logiciel. Une anomalie qui dure depuis un bon moment, à tel point que la MAJ sur 8.1 a été mise en ligne entre-temps). Terminées toutes ces applis photo amusantes. C’est d’autant plus dommage lorsque certaines applis payantes ont été abandonnées, laissant un goût amer dans la bouche d’utilisateurs qui regrettent d’avoir fait confiance.

On a donc cette désagréable impression que les éditeurs et petits développeurs n’ont ont plus rien à faire de Windows, qu’ils s’en foutent totalement. Privilégiant iOS pour les revenus, et Android pour la présence en masse. Microsoft est en partie responsable. Chaque système a été un départ à 0. Et là, c’est à nouveau le cas. Et même s’ils ont tenté de rectifier le tir avec des outils de portages simples et efficaces, les développeurs semblent avoir lâché l’affaire.


Le système a quelques ratés, quelques bugs. Le téléphone redémarre tout seul environ 2 fois par jour, et ce, même avec la dernière MAJ. Windows Hello s’enclenche sans raison. Forcément, il a du mal à identifier mon regard de braise dans ma poche. De fait, lorsque je le reprends, il me dit que trop de tentatives infructueuses ont été faites, et que je dois saisir mon code PIN à la main. À la main bordel ! C’est tellement SO 2012 ! (Humour, ne vous fâchez pas).

Mais bon, de là en faire une crise, il ne faut pas exagérer, hein ? C’est limite mignon ces petits bugs, comme si le mobile était en phase d’apprentissage pour mieux nous servir avant de nous asservir (Skynet si tu décryptes ces mots).
« Enfin… rester cool, c’est aussi accepter d’avoir payé plein pot un produit non fini. »
Sauf qu’ici, c’est software, donc on sait qu’on finira bien par avoir, un jour, quelque chose de stable. Car en dépit de cela, nous sommes face à des petites fonctions bien appréciables.
Windows Hello est à ce titre cool, pratique et diablement efficace (même dans l’obscurité totale), les tuiles ont encore été améliorées. Contrairement à certaines applis insérées de force dans iOS et Android, que l’on classe dans un dossier « Useless », celles de Microsoft sont utiles : actu, sport, tracking, etc. Edge est tellement plus rapide que Chrome sur Android ou Safari sur iOS. Une agréable surprise. On subit quelques bugs d’affichage sur certains sites non « responsives », mais rien d’alarmant. Autre point, le clavier : il est top. La saisie est géniale et cette idée de pavé tactile virtuel est de ces choses dont on se demande comment elles ont pu ne pas exister avant ! Évidemment, Swype est de la partie (enfin la saisie en continue sans enlever le doigt de l’écran), mais à la différence d’Android, en cas de mauvaise saisie, la touche « retour » efface tout le mot plutôt qu’un seul caractère. C’est mieux.

En dehors d’un store qui doit impérativement s’étoffer et de quelques défauts de jeunesses, Windows 10 Mobile est un très bon système, plein d’idées cool et ludiques qui plus est.
« Mais un smartphone et surtout le système qui lui est lié peut-il exister sans sa pléthore d’applications ? »
Il va être difficile de convaincre le grand public sans un Snapchat, un Instagram à jour, un Twitter frais, un Facebook sans bug (non je blague, c’est impossible). Une difficulté renforcée par l’engouement actuel et de plus en plus important pour les objets connectés dont les marques s’affranchissent d’une version Windows Mobile. Surtout lorsque les applis Microsoft sont, elles, sur les autres systèmes (Office Suite, Here Maps désormais la propriété d’Audi-BMW-Daimler, Note, etc.). Microsoft doit trouver une solution. L’idée de rendre compatible W10m avec les applications Android n’est pas forcément la bonne, car même si le projet Islandwood s’annonce bien pratique pour les devs, les consommateurs, eux, risquent de passer à côté. Tout comme la volonté d’unification qui est bonne, mais qui, elle aussi, risque d’être totalement zappée.

Les fans vont crier : “Mais arrête de délirer, Microsoft en a fourni des outils pour simplifier les portages. Puis merde, il y a quand même X millions de machines sous Windows 10”. C’est vrai, mais la majorité sont des PC, qui pour la plupart sont passés de 8.1 à 10, dont une partie n’a pas les pilotes adaptés à Windows 10, et qui finissent dans un coin, ouverts pour l’occasion, lorsque la tablette ou le smartphone ne sont pas assez efficaces. Je pense à l’impression d’éléments divers. Sauf que là encore, tous les pilotes d’imprimantes ne sont pas forcément à jour. Bref, pour vendre en masse, il faut viser la masse. Et Microsoft ne s’y prend pas de la meilleure manière, tant au niveau de ses retards, que de ses produits non terminés.
Conclusion : Windows 10 Mobile est intrinsèquement réussi et garde ce qui faisait la particularité des anciennes versions. On regrette énormément que Microsoft se soit risquée à sortir une version inachevée dans la précipitation, alors qu’au contraire, la firme avait besoin de renforcer son image de marque. En revanche, il souffre du même problème que ses aînés, à savoir, un système encore trop peu développé auprès d’une clientèle pourtant capable de mettre la main à la poche pour enrichir son mobile de quelques applis. Moins d’applis, moins d’utilisateurs. Moins d’utilisateurs, moins d’applis. Il faudra trouver un moyen d’enrayer ce cercle vieux, et Continuum sera peut-être la solution qui motivera les devs à s’orienter un peu vers ce système, peut-être…
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W10M est un bon système, différent, fluide, agréable. Mais derrière tous les efforts de Crosoft, rien ne se passe. Des efforts entachés par d’éternels départs à zéro. WP 7, puis WP8, puis WP8.1. Et maintenant WP10m. Tu m’étonnes que les développeurs abandonnent. Du coup, le store déjà pauvre peine à contenir les espoirs d’utilisateurs qui préfèrent renoncer.
« Oui mais on a tout ce qu’il nous faut ! » crieront les fans.
Sérieusement ? Tout ? De quoi parle-t-on au juste ? De la Suite Office, également disponible sur les autres OS ? De Facebook ou Twitter dont on peine à obtenir les dernières MAJ ? De toutes ces applications qu’on ne peut plus télécharger, car non compatibles ? D’un Outlook bordélique et rempli de bugs ?
La faute n’est pas entièrement imputable à Microsoft. La firme n’avait pas d’autres choix. Dans sa volonté de bâtir un système uniforme et multiplateforme, ce nouveau départ était inévitable. Dommage qu’il soit lancé dans la précipitation, car derrière quelques bugs de jeunesse, qui au passage ne sont pas si graves, se cache un véritable potentiel. W10 mobile c’est un peu ce gamin, en cours, dont le prof disait : « il a un fort potentiel, mais… » Mais… Si ce potentiel n’est pas transformé, il va se manger le mur. Pour Windows c’est pareil. Les utilisateurs ont perdu patience, et une attente de 5 années n’est plus une attente.
Continuum ? Pareil ! Un fort potentiel pour un système vraiment cool. Mais pour le moment, c’est une coquille vide. Les applications compatibles devraient arriver. Mais quand ? Là encore, on est loin des autres OS dont les MAJ des applications sont disponibles, le plus souvent, dès l’arrivée des nouvelles versions des systèmes.
« On doit acheter, attendre et espérer au lieu d’ouvrir et profiter. »
Espérer que ce système soit exploité. Pour le moment, on ne peut y brancher qu’un clavier et une souris pour accéder à quelques jeux dont on se fiche totalement, profiter de la Suite Office, mater un film et surfer. Pourtant l’idée d’exploiter un deuxième écran totalement indépendant de celui du mobile et offrant un véritable espace de travail est tellement intéressante ! On peut néanmoins espérer que cette polyvalence du système, et son étendue sur des millions de machines motiveront les développeurs à enrichir le catalogue, mais surtout, à le tenir à jour.
On termine cependant sur une note encourageante, car en mettant les soucis de jeunesse de côté, je dois avouer que cela faisait un moment que je rêvais d’un système du genre. Les écrans abondent dans nos demeures. Des écrans qui n’en sont pas. Ce sont des tablettes, des PC, des objets high-tech se périmant plus rapidement que la laitue abandonnée dans le caniveau, après un marché estival. Ce dock Continuum propose de remplacer tout cet ensemble. Le PC a deux usages aujourd’hui. L’un consiste à travailler et/ou jouer. Les machines se doivent d’être puissantes et nécessitent des architectures complexes et définies (et encore, ça dépend du boulot). L’autre en revanche est de l’ordre du loisir ou de l’utilitaire. Un truc à imprimer, une déclaration d’impôts à faire, un cadeau à acheter, etc. Cet usage est en partie réalisable sur mobile. Mais souvent, c’est justement ce besoin de séparer le mobile de son PC que l’on désire. C’est en ça que le dock est intéressant. Ajoutez l’évolution impressionnante des puissances des mobiles (dont la majorité aujourd’hui tourne mieux que les machines entrée de gamme à 499€ que l’on trouve dans les rayons) et vous obtiendrez l’ordinateur du futur. Ajoutez la Surface Pro pour bosser un peu partout, et vous avez un système mobile complet. Système qui, grâce aux applications universelles, peut offrir une large palette de possibilités tout en restant simple. On attend juste que cette théorie se concrétise à 100%, ce qui n’est toujours pas le cas, n’en déplaise aux fans de la marque.





