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Test du Nubia Red Magic : le gaming à prix contrôlé ?

Smartphone

Par Henri le

Entre le Razer Phone, le Xiaomi Black Shark ou le récent ROG Phone d’Asus, force est de constater que les constructeurs de smartphones visent désormais directement les gamers. Le Red Magic de Nubia tire-t-il son épingle du jeu ? Premiers éléments de réponse.

Cela fait plusieurs années que les constructeurs de smartphones s’évertuent à différencier leurs clients avec d’autres critères que la somme qu’ils sont prêts à débourser. Si les matériaux (nobles ou non) et le capteur photo restent un élément majeur de comparaison, surtout au vu des performances des puces milieu de gamme, certains constructeurs ont choisi leur nouvelle cible : les joueurs.

En effet, les titres mobiles ne se cantonnent plus à de simples softs en 2D, conçus pour jouer une dizaine de minutes. Le succès de jeux comme Fortnite, PUBG, Modern Combat ou Asphalt le prouve. Ces titres gourmands nécessitent donc des SoC dotés d’un GPU performant, capable de délivrer de la puissance sans que la batterie du smartphone ne fonde comme neige au soleil.

Nubia, filiale de ZTE, veut s’adresser à ces joueurs avec le Red Magic. Comme le Razer Phone ou le Xiaomi Black Shark, l’appareil se destine à ceux qui passent beaucoup de temps sur les titres les plus exigeants du Play Store. Mais à moins de 400 dollars, il se veut nettement plus abordable que ses concurrents. Passage en revue.

Design

Dans un monde où la grande majorité des smartphones se ressemblent, le Nubia Red Magic a au moins l’avantage de se démarquer clairement. Reste à savoir s’il s’agit d’un design qui vous convient. ZTE s’est en effet inspiré de toute l’esthétique liée au gaming pour proposer un appareil au look agressif. C’est du moins le cas de sa face arrière.

Il s’agit d’un châssis métallique anguleux, souligné par quatre arrêtes de couleur rouge vif. Cerise sur le gâteau, une barre de LED RGB trône fièrement au milieu de la coque, et rayonne selon la configuration que vous en faites. Une première dans le monde du smartphone, qui fera surement fuir les amateurs de design sobre ou les professionnels. Cependant, Nubia a réussi a concevoir un appareil comme aucun autre.

Cette volonté de différenciation se retrouve même dans le capteur d’empreinte, qui prend ici la forme d’un hexagone. Même constat pour l’unique capteur photo, entouré d’un liseré rouge. L’ensemble est certes racé, mais il s’agit là d’un smartphone dont le look divisera.

Malgré sa forme, il ne bouge pas lorsqu’il est à l’horizontale. Il tanguera un peu en revanche si vous décidez de taper un message alors qu’il est sur une table. ZTE explique que ce form factor permet une meilleure prise en main. En mode paysage, c’est effectivement le cas, l’angle principal permettant de mieux reposer le poids de l’ensemble (185 grammes) sur les majeurs.

On constate la présence du bouton d’allumage et du contrôle du volume sur la face droite, mais aussi d’un petit bouton-pressoir rouge, qui permet d’activer le mode « Game Boost », censé overclocker la puce lors des sessions de jeux.

La dalle 6 pouces en Full HD+ (2160 x 1080 pixels) est, elle, protégée par du verre minéral Dinrex T2X-1, résistant aux chocs et ratures. Le Red Magic ne dispose pas de haut-parleur stéréo, ce qui aurait trouvé du sens dans une machine destinée aux joueurs. Le port-jack et le port USB type-C répondent en revanche à l’appel. Le chipset audio compatible DTS-HD offre une bonne qualité d’écoute.

Performance

Le Red Magic est bien évidemment attendu sur le plan des performances. Pourtant, ce dernier n’embarque pas la toute dernière puce de Qualcomm (Snapdragon 845), mais le Snapdragon 835, qui représente le haut de gamme de 2017. C’est un peu dommage pour un appareil censé être parmi les plus puissants, mais rappelons-nous que son tarif reste plus abordable et que la différence entre les deux puces n’est pas si énorme.

Avec un score (variable) de 214212 sous Antutu, la puce s’en sort très bien et dépasse des appareils comme le Mate 10 Pro en puissance brute. Les 6 ou 8 Go de RAM qui l’accompagnent permettent de bénéficier d’une expérience fluide, même lors d’une utilisation intensive et multitâche. On n’en attendait pas moins d’un tel SoC.

En jeu, le mode GameBoost permet de le pousser encore un peu plus. En clair, il faudra attendre encore un peu avant de le mettre à genou. D’autant qu’à l’inverse du Razer Phone, le Red Magic (mais aussi le Black Shark) ne dispose pas d’un écran 120 Hz. Les jeux les plus gourmands comme PUBG, Tekken, le dernier Asphalt tourne sans soucis et sont vraiment agréables à pratiquer.

Malgré un système de dissipation par convection d’air, l’appareil chauffe lorsqu’il utilise vraiment ses ressources. L’ensemble reste contrôlé (38° environ) et ne dérange pas trop lors des longues sessions de jeux.

Interface

Le smartphone fonctionne avec Android 8.1 Oreo avec une version customisée de Nubia UI appelée Nubia Red Magic OS. La nôtre se révèle assez proche de l’expérience pure d’Android, avec quasiment aucune application supplémentaire et le célèbre tiroir d’application.

On apprécie donc de ne pas être submergé par les bloatwares. D’autres modèles affichent eux une surcouche plus visuelle, qui reprend les couleurs rouges et noires du châssis, mais ce n’est pas le cas ici.

La bande de LED au dos peut être configurée pour s’allumer lors d’un appel, d’une notification, en charge ou en jeu. Différents effets sont disponibles même si on est très loin de la personnalisation proposée par des logiciels comme Chroma ou autres. Mais après tout il ne s’agit que d’un gadget, permettant de se démarquer d’autres smartphones gamers eux aussi visuellement marqués.

Photographie

Pour ce smartphone destiné aux gamers, Nubia ne communique pas forcément sur le capteur photo. Pourtant, le smartphone est équipé d’un unique capteur photo de 24 mégapixels, ouvrant à f/ 1.7 à l’arrière.

Si ce dernier se débrouille bien pour les photos en extérieur, ce qui est le cas de l’ensemble des smartphones milieu de gamme désormais, il ne nous a pas vraiment convaincus. Outre le fait de ne pas disposer de mode portrait ou d’effet bokeh, il a tendance à mettre un peu de temps à faire le point. En photo comme en vidéo (4k possible, mais on préférera le 1080p à 60 i/s), il ne vaudra donc mieux pas avoir la tremblote, car l’autofocus n’est pas son fort.

Le niveau de détail est plutôt bon, mais dès que la luminosité baisse un peu, le bruit apparaît rapidement. L’application photo est assez basique, mais simple à utiliser. Hormis le mode pro, qui permet de faire soi-même les réglages (ISO, HDR…), elle propose quelques fantaisies comme un effet « superposition » pour mélanger deux clichés entre eux ou la possibilité de faire des timelapses. On aurait également aimé des couleurs un peu plus chatoyantes, mais c’est aussi une histoire de gout.

Pour les selfies, l’utilisateur pourra compter sur un capteur de 8 millions de pixels avec une ouverture à f/2.0. La qualité est bonne à condition (toujours) d’avoir de la lumière. On vous conseille d’enlever l’effet maquillage par défaut, qui efface toutes les aspérités de la peau et donne l’effet d’un filtre un peu superficiel.

Autonomie

Sa batterie (non amovible) de 3800 mAh lui confère une bonne autonomie. Le SD 835 permet désormais de trouver un bon équilibre entre grande puissance et consommation.

Nubia annonce qu’il est possible de jouer pendant sept heures au MOBA Arena of Valor. Si nous ne sommes allés jusqu’à tester ces dires, la batterie semble plutôt bien encaisser les phases de jeu. Vous pouvez ainsi jouer une ou deux heures sans que le niveau de votre batterie ne s’écroule et vous empêche de finir la journée. Une bonne demi-heure de PUBG consommera environ 10% de batterie, ce qui reste convenable. Un mode d’économie d’énergie est également présent et le rechargement prend un peu plus d’une heure.

Vous pouvez en apprendre plus sur le site officiel du Nubia Red Magic.

Notre avis

Avec son look agressif, sa fiche technique bien fournie et son tarif plus abordable que les autres smartphones gamer (~399 €), le Nubia Red Magic s’adresse aux jeunes joueurs qui ne veulent pas engloutir une fortune dans un Razer Phone. On déplore l’absence de la dernière puce de Qualcomm, mais le Snapdragon 835 fait encore très bien le job (à un tarif plus bas). Affublé d’une barre de LED qui divisera forcement, le smartphone se sert de son design pour se différencier sur un segment qui n’a pas encore trouvé une véritable plus-value vis-à-vis des (puissants) smartphones « généralistes », équipés des mêmes puces.

Les plus
Les moins
  • Un design original...
  • Un rapport qualité/prix très solide
  • Version stock d'Android
  • Autonomie très correcte
  • ... Mais peut-être trop pour certains !
  • Un Snapdragon 835 en 2018
  • Un appareil photo plutôt décevant