Test

Test comparatif : Sennheiser HD800 vs Hifiman HE-5

Audio

Par Laurent le

19 ans après le lancement de leur modèle mythique, le HE90, Sennheiser tente enfin de reconquérir le cœur et les oreilles des plus mélomanes et audiophiles d’entre nous avec le nouveau fleuron de sa gamme, le HD800.

Fruit d’une réelle volonté de la part de la marque Allemande de démontrer tout son savoir faire à travers un casque sans concession, le HD800 nous aura vraiment alléché à la rédaction, et c’est avec un réel plaisir et une grande appréhension que nous entamons le test de ce casque très haut de gamme.

Et quoi de mieux qu’un outsider qui en veut en face du HD800 ? Hifiman, anciennement Head-Direct, jeune société chinoise spécialisée dans le haut de gamme audio, a sorti en 2009 un casque ouvert qui aura fédéré les foules outre atlantique, le HE-5. Annoncé comme un casque sans concession au prix imbattable, saura-t-il tenir le choc face au HD800, lui-même réelle bombe ou pétard mouillé ? Notre réponse au bout de ce test…

sennheiser_hd800_13

Prix publics :

Packaging

sennheiser_hd800_03

Sennheiser annonce directement la couleur dès la vision de la boîte : Celle-ci est énorme, pèse son poids et est plutôt jolie. La taille de la boite est vraiment impressionnante, c’est à se demander si le casque est vraiment si énorme que ça pour avoir besoin d’une boite aussi grosse que celle d’une Xbox360.

Une fois le contenu déballé, on découvre un manuel d’utilisation plutôt bien réalisé : Rempli d’informations techniques sur le casque, il tente clairement de nous convaincre que Sennheiser a mis tout son savoir faire dans le HD800 et n’a rien laissé au hasard.

sennheiser_hd800_12

Le casque en lui-même est livré dans une caisse noire de toute beauté, lascivement posé sur un drap noir. La classe.

Du côté d’Hifiman, le packaging est très sympathique même s’il n’est pas aussi élégant que celui du HD800. Le HE-5 est également livré dans une belle boite noire, mais le revêtement intérieur est en simple mousse ; Celle-ci protègera toutefois le casque comme il faut. Au niveau des accessoires, le HE-5 se contente de son câble détachable et d’une paire de connecteurs supplémentaires, pour les audacieux qui voudraient se fabriquer un deuxième câble plus court par exemple.

hifiman_HE5_03

Finition

sennheiser_hd800_29

Sennheiser livre ici un casque très bien fini dans sa robe en grande partie plastique noire et grise. Le HD800 donne une impression de finesse et de solidité. Aucune partie du casque ne craque ou n’a de jeu.

Le HD800 est très joli et plutôt réussi, pas bling bling pour un sou. Le numéro de série apparent sur le dessus du casque est un petit clin d’œil sympathique à l’acheteur.
Un casque de ce prix est fait pour durer longtemps, et le HD800 a été conçu dans ce but : Il est en effet en très grande partie démontable (câble, oreillettes, bandeau).

sennheiser_hd800_24

Tout est expliqué dans le manuel.

Le câble de son côté est un modèle du genre : Insensible aux parasites, protégé par une gaine en nylon épaisse, peu sensible à l’emmêlement. A noter qu’il est détachable.

sennheiser_hd800_19

Le Hifiman HE-5 est constitué de pièces en bois très joli, d’armatures métalliques et d’un bandeau de cuir : Tout cela rappelle la marque Américaine Grado qui doit avoir sans nul doute été une grande source d’inspiration pour Hifiman.

hifiman_HE5_12

Côté câble, celui fourni fait bon effet : Insensible aux parasites, peu sensible à l’emmêlement, doté d’un connecteur de bonne qualité. A noter qu’il est détachable comme sur le HD800.

hifiman_HE5_07

Confort

Malgré sa taille plutôt impressionnante, le HD800 est très confortable. Il trouve naturellement sa place sur la tête, ne bouge pas une fois en place et se porte sans crispation pendant plusieurs heures, sans sensation de lourdeur. Du fait de son caractère ouvert et de ses oreillettes particulièrement larges, la sensation de chauffe que procure généralement un casque se trouve ici considérablement atténuée.

sennheiser_hd800_26

Même constat pour le HE-5 qui emprunte énormément aux Grado pour la légèreté, et aux Beyer pour le confort : Les coussins sont agréables, les oreilles sont à l’aise et le bandeau est plutôt confortable. Le casque a toutefois tendance à bouger une fois sur la tête, et il s’avère parfois ardu de baisser la tête sans qu’il ne glisse.

Isolation

sennheiser_hd800_30

De ce côté-là il ne faut vraiment rien attendre du HD800 et du HE-5 : De part leur conception ouverte, tous deux feront profiter vos proches de vos écoutes et vous pourrez être dérangé par les bruits alentour.

Son

Passons à la partie principale de ce comparatif : Le son. Les deux modèles seront comparés à l’Edition9 d’Ultrasone.

Configuration de test :

  • Source : PC sous Ubuntu branché en USB sur Musical Fidelity V-DAC, fichiers numériques encodés en FLAC depuis les CD d’origine.
  • Ampli : Graham Slee Audio Solo
  • Câbles : DNM Stereo Solid Core Interconnect cable

Cette configuration sédentaire a le bon goût d’allier une source et un ampli de bonne qualité, suffisamment neutre pour que la signature sonore du casque ou des écouteurs branchés ressorte sans peine.

Les titres des morceaux sont cliquables et pointent vers les pages Myspace des groupes.

Metric – Grow Up And Blow Away

HD800 : Le rendu du HD800 sur ce morceau est superbe : la voix est magnifiquement mise en valeur, le tout est aéré, la scène sonore est large, c’est un régal. Le bas du spectre est sec et bien défini, l’énergie conférée au morceau est diablement sympathique. Un grand sans-faute.

HE-5 : Le rendu avec le HE-5 est également excellent mais quelque peu différent : La scène sonore est bien plus resserrée, le bas du spectre est plus mis en valeur, et l’ambiance générale du morceau est plus intime. Le niveau de détails est très bon et le rendu excellent. Le HE-5 semble s’en sortir encore mieux à fort volume, et a besoin d’énormément de jus pour bien fonctionner.

Edition9 : La scène sonore conférée par l’Edition9 est à peu près semblable au HE-5, avec une plus grande sensation de 3D. Le bas du spectre est plus appuyé, la voix un peu moins suave. Le tout est toutefois excellemment rendu, avec beaucoup d’émotion. L’Edition9 est globalement moins chaud que le HE-5 malgré le bas du spectre renforcé.

Metallica – For Whom The Bell Tolls

Edition9 : La scène sonore est large et donne l’impression de se trouver au milieu d’un stade. La batterie avec sa reverb est maitrisée et énergique. Les guitares sonnent énormes grâce au bas musclé de l’Edition9. Le casque assure également dans le haut du spectre, c’est particulièrement évident sur les cymbales. Le morceau est vraiment transcendé par l’Edition9.

HD800 : Tout sonne plus lointain et le coté stade du rendu disparait quelque peu. La batterie n’est pas trop mise en avant mais reste maitrisée et énergique ; les guitares sonnent moins énormes mais tous les détails sont là, tout se distingue bien, le casque ne triche jamais.

HE-5 : Le rendu est proche de celui de l’Edtion9, un poil plus chaud et coloré que le HD800. Les aigus sont un peu plus agressifs qu’avec les autres casques. La présentation est plus frontale.

Eryka Badu – The Healer

Edition9 : Le bas du spectre, proéminent sur ce morceau, est magnifiquement rendu par l’Edition9. Le morceau, au rythme lancinant, suinte et transpire, et l’ambiance est géniale. Les coups de cymbale sont en revanche quelque peu écourtés.

HD800 : Le HD800 est clairement plus analytique que l’Edition9. La voix de la chanteuse est un peu plus mise en avant. Le casque descend lui aussi très bas dans le grave mais appuie moins l’extrême bas du spectre. L’ambiance est là encore bien rendue, et l’aération du casque est vraiment sympathique.

HE-5 : Le HE-5 est un bon compromis au niveau des basses : Celles-ci sont plus démonstratives que celles du HD800, et moins mises en avant que celles de l’Edition9. Le casque semble un peu trainer des pieds et sonne plus mou que ses deux concurrents. Il offre toutefois le meilleur rendu des trois.

The Prodigy – Omen

HD800 : Le casque s’en sort plutôt bien sur ce morceau ultra compressé. L’énergie est moins présente qu’avec un Ultrasone mais est suffisante pour entrainer l’auditeur, et le morceau ne semble pas trainer. La batterie tape sèchement sans recouvrir le reste. Les basses sont un peu trop absentes malheureusement.

Edition9 : L’Edition9 a clairement moins de scène sonore que le HD800, est moins aéré, offre une moins bonne séparation et semble un peu plus léger au niveau des détails en comparaison du Sennheiser. Il se rattrape en revanche sur son bas du spectre extrêmement étendu et bien rendu, très naturel. Globalement le morceau sonne plus naturel et plus péchu.

HE-5 : Un peu plus coloré et résolument plus fun que le HD800, le HE-5 s’en sort très bien sur ce morceau. Il semble avoir moins d’énergie que les deux autres casques mais est plus dur à driver, ce qui est peut-être lié. Le tout est fluide, agréable. Il descend plus bas que le HD800 et est sensiblement équivalent au Edition9 sur ce point.

Agoraphobic Nosebleed – Moral Distortion

HD800 : Sur ce morceau très rapide et violent, le HD800 sait se montrer énergique. Il met en revanche cruellement en avant les limites de l’enregistrement. Le mix est correct mais manque un peu de vie. Le casque suit le rythme effréné de la batterie, l’auditeur n’en rate pas une miette.

HE-5 : La présentation plus frontale du casque et sa légère coloration rendent le morceau plus sympathique, mais là encore le mix est mis en faute et le tout sonne brouillon. Le HE-5 semble néanmoins avoir quelques difficultés à suivre le rythme comparé au HD800. Le mix est plus cohérent, les différents instruments sont un peu plus liés sans perdre en séparation.

Edition9 : L’Edition9 offre le bon compromis en terme de présentation : plus 3D que le HE-5, moins éloigné que le HD800. Là encore le mix est mis en défaut et le morceau sonne brouillon. Comme à son habitude l’Edition9 met énormément le bas du spectre en avant tout en conservant énormément de naturel et d’énergie.

Le Peuple De L’Herbe – Heart & Soul

HE-5 : Le HE-5 frappe tout de suite par sa très bonne présentation du morceau : la scène sonore est large, les détails sont tous là. La montée en puissance au début du morceau est très bien gérée et confère une sacrée patate. Le son est chaud, le saxophone est naturel. Très bonne performance.

HD800 : La présentation du HD800 semble quelque peu artificielle, en tout cas bien moins naturelle que celle du HE-5. Néanmoins cela fonctionne quand même et ne choque pas. Le morceau est emmené avec maitrise par le HD800.

Edition9 : Le niveau de détails, la séparation des instruments et la présentation sont du même niveau avec l’Edtion9 qu’avec le HE-5. L’Edition9 est vraiment le casque qui a le plus de flow parmi les trois, et le morceau coule tout seul.

Tunng – Take

HD800 : Le morceau sonne très naturel avec le HD800, et le casque révèle de nombreux détails laissés de côté par d’autres modèles. Très droit, le HD800 n’introduit pas de coloration. Le morceau respire et est aéré, la sensation de scène 3D est bonne mais il est difficile de localiser précisément les différents instruments. Comparé au HE-5 ou à l’Edition9, le HD800 manque un peu d’émotion, et tout sonne un peu plus distant.

HE-5 : Avec sa scène sonore moins large que HD800, le HE-5 n’offre pas la même sensation d’aération. Son niveau de détails est en revanche également très bon. La voix et les instruments sont plus faciles à visualiser dans l’espace sonore, la présentation est plus frontale, moins enveloppante qu’avec le HD800.

Edition9 : La scène sonore de l’Edition9 est plus intime, mais la sensation d’espace est néanmoins présente. Les guitares et les pincements de corde sont vraiment super bien rendus, les basses appuient énormément le morceau et lui donnent une assise qu’il n’a pas avec les autres casques. Les voix sont suaves, c’est excellent. Tous les instruments sont bien placés.

Conclusion

sennheiser_hd800_15

La conclusion n’est pas une surprise : Sennheiser frappe vraiment très fort avec le HD800. Sans concession, le casque l’est certainement, tant au niveau de la réalisation que de la performance sonore. Casque élitiste, le HD800 ne laisse rien passer et malmène les sources et les amplifications pour tirer la quintessence du son. L’audiophile est pris à son propre jeu et devra abandonner certains de ses disques préférés à la qualité d’enregistrement moyenne. Mais sur des productions de qualité, le HD800 saura vous faire vibrer. Peu voire pas du tout coloré, très analytique, il laisse néanmoins la musique s’exprimer pour notre plus grand plaisir.

Une grande réussite, merci Sennheiser.

De son côté, Hifiman frappe très fort également avec son HE-5 et se place de plus en plus comme une marque sérieuse sur le marché du casque haut de gamme. Parfait mix entre un Grado RS1 et un Beyer DT880, tant sur le design que dans la signature sonore, le HE-5 est un casque très agréable qui saura pleinement satisfaire l’amateur de musiques énergiques.

Galerie photo

19 ans après le lancement de leur modèle mythique, le HE90, Sennheiser tente enfin de reconquérir le cœur et les oreilles des plus mélomanes et audiophiles d’entre nous avec le nouveau fleuron de sa gamme, le HD800.

Fruit d’une réelle volonté de la part de la marque Allemande de démontrer tout son savoir faire à travers un casque sans concession, le HD800 nous aura vraiment alléché à la rédaction, et c’est avec un réel plaisir et une grande appréhension que nous entamons le test de ce casque très haut de gamme.

Et quoi de mieux qu’un outsider qui en veut en face du HD800 ? Hifiman, anciennement Head-Direct, jeune société chinoise spécialisée dans le haut de gamme audio, a sorti en 2009 un casque ouvert qui aura fédéré les foules outre atlantique, le HE-5. Annoncé comme un casque sans concession au prix imbattable, saura-t-il tenir le choc face au HD800, lui-même réelle bombe ou pétard mouillé ? Notre réponse au bout de ce test…

sennheiser_hd800_13

Prix publics :

Packaging

sennheiser_hd800_03

Sennheiser annonce directement la couleur dès la vision de la boîte : Celle-ci est énorme, pèse son poids et est plutôt jolie. La taille de la boite est vraiment impressionnante, c’est à se demander si le casque est vraiment si énorme que ça pour avoir besoin d’une boite aussi grosse que celle d’une Xbox360.

Une fois le contenu déballé, on découvre un manuel d’utilisation plutôt bien réalisé : Rempli d’informations techniques sur le casque, il tente clairement de nous convaincre que Sennheiser a mis tout son savoir faire dans le HD800 et n’a rien laissé au hasard.

sennheiser_hd800_12

Le casque en lui-même est livré dans une caisse noire de toute beauté, lascivement posé sur un drap noir. La classe.

Du côté d’Hifiman, le packaging est très sympathique même s’il n’est pas aussi élégant que celui du HD800. Le HE-5 est également livré dans une belle boite noire, mais le revêtement intérieur est en simple mousse ; Celle-ci protègera toutefois le casque comme il faut. Au niveau des accessoires, le HE-5 se contente de son câble détachable et d’une paire de connecteurs supplémentaires, pour les audacieux qui voudraient se fabriquer un deuxième câble plus court par exemple.

hifiman_HE5_03

Finition

sennheiser_hd800_29

Sennheiser livre ici un casque très bien fini dans sa robe en grande partie plastique noire et grise. Le HD800 donne une impression de finesse et de solidité. Aucune partie du casque ne craque ou n’a de jeu.

Le HD800 est très joli et plutôt réussi, pas bling bling pour un sou. Le numéro de série apparent sur le dessus du casque est un petit clin d’œil sympathique à l’acheteur.
Un casque de ce prix est fait pour durer longtemps, et le HD800 a été conçu dans ce but : Il est en effet en très grande partie démontable (câble, oreillettes, bandeau).

sennheiser_hd800_24

Tout est expliqué dans le manuel.

Le câble de son côté est un modèle du genre : Insensible aux parasites, protégé par une gaine en nylon épaisse, peu sensible à l’emmêlement. A noter qu’il est détachable.

sennheiser_hd800_19

Le Hifiman HE-5 est constitué de pièces en bois très joli, d’armatures métalliques et d’un bandeau de cuir : Tout cela rappelle la marque Américaine Grado qui doit avoir sans nul doute été une grande source d’inspiration pour Hifiman.

hifiman_HE5_12

Côté câble, celui fourni fait bon effet : Insensible aux parasites, peu sensible à l’emmêlement, doté d’un connecteur de bonne qualité. A noter qu’il est détachable comme sur le HD800.

hifiman_HE5_07

Confort

Malgré sa taille plutôt impressionnante, le HD800 est très confortable. Il trouve naturellement sa place sur la tête, ne bouge pas une fois en place et se porte sans crispation pendant plusieurs heures, sans sensation de lourdeur. Du fait de son caractère ouvert et de ses oreillettes particulièrement larges, la sensation de chauffe que procure généralement un casque se trouve ici considérablement atténuée.

sennheiser_hd800_26

Même constat pour le HE-5 qui emprunte énormément aux Grado pour la légèreté, et aux Beyer pour le confort : Les coussins sont agréables, les oreilles sont à l’aise et le bandeau est plutôt confortable. Le casque a toutefois tendance à bouger une fois sur la tête, et il s’avère parfois ardu de baisser la tête sans qu’il ne glisse.

Isolation

sennheiser_hd800_30

De ce côté-là il ne faut vraiment rien attendre du HD800 et du HE-5 : De part leur conception ouverte, tous deux feront profiter vos proches de vos écoutes et vous pourrez être dérangé par les bruits alentour.

Son

Passons à la partie principale de ce comparatif : Le son. Les deux modèles seront comparés à l’Edition9 d’Ultrasone.

Configuration de test :

  • Source : PC sous Ubuntu branché en USB sur Musical Fidelity V-DAC, fichiers numériques encodés en FLAC depuis les CD d’origine.
  • Ampli : Graham Slee Audio Solo
  • Câbles : DNM Stereo Solid Core Interconnect cable

Cette configuration sédentaire a le bon goût d’allier une source et un ampli de bonne qualité, suffisamment neutre pour que la signature sonore du casque ou des écouteurs branchés ressorte sans peine.

Les titres des morceaux sont cliquables et pointent vers les pages Myspace des groupes.

Metric – Grow Up And Blow Away

HD800 : Le rendu du HD800 sur ce morceau est superbe : la voix est magnifiquement mise en valeur, le tout est aéré, la scène sonore est large, c’est un régal. Le bas du spectre est sec et bien défini, l’énergie conférée au morceau est diablement sympathique. Un grand sans-faute.

HE-5 : Le rendu avec le HE-5 est également excellent mais quelque peu différent : La scène sonore est bien plus resserrée, le bas du spectre est plus mis en valeur, et l’ambiance générale du morceau est plus intime. Le niveau de détails est très bon et le rendu excellent. Le HE-5 semble s’en sortir encore mieux à fort volume, et a besoin d’énormément de jus pour bien fonctionner.

Edition9 : La scène sonore conférée par l’Edition9 est à peu près semblable au HE-5, avec une plus grande sensation de 3D. Le bas du spectre est plus appuyé, la voix un peu moins suave. Le tout est toutefois excellemment rendu, avec beaucoup d’émotion. L’Edition9 est globalement moins chaud que le HE-5 malgré le bas du spectre renforcé.

Metallica – For Whom The Bell Tolls

Edition9 : La scène sonore est large et donne l’impression de se trouver au milieu d’un stade. La batterie avec sa reverb est maitrisée et énergique. Les guitares sonnent énormes grâce au bas musclé de l’Edition9. Le casque assure également dans le haut du spectre, c’est particulièrement évident sur les cymbales. Le morceau est vraiment transcendé par l’Edition9.

HD800 : Tout sonne plus lointain et le coté stade du rendu disparait quelque peu. La batterie n’est pas trop mise en avant mais reste maitrisée et énergique ; les guitares sonnent moins énormes mais tous les détails sont là, tout se distingue bien, le casque ne triche jamais.

HE-5 : Le rendu est proche de celui de l’Edtion9, un poil plus chaud et coloré que le HD800. Les aigus sont un peu plus agressifs qu’avec les autres casques. La présentation est plus frontale.

Eryka Badu – The Healer

Edition9 : Le bas du spectre, proéminent sur ce morceau, est magnifiquement rendu par l’Edition9. Le morceau, au rythme lancinant, suinte et transpire, et l’ambiance est géniale. Les coups de cymbale sont en revanche quelque peu écourtés.

HD800 : Le HD800 est clairement plus analytique que l’Edition9. La voix de la chanteuse est un peu plus mise en avant. Le casque descend lui aussi très bas dans le grave mais appuie moins l’extrême bas du spectre. L’ambiance est là encore bien rendue, et l’aération du casque est vraiment sympathique.

HE-5 : Le HE-5 est un bon compromis au niveau des basses : Celles-ci sont plus démonstratives que celles du HD800, et moins mises en avant que celles de l’Edition9. Le casque semble un peu trainer des pieds et sonne plus mou que ses deux concurrents. Il offre toutefois le meilleur rendu des trois.

The Prodigy – Omen

HD800 : Le casque s’en sort plutôt bien sur ce morceau ultra compressé. L’énergie est moins présente qu’avec un Ultrasone mais est suffisante pour entrainer l’auditeur, et le morceau ne semble pas trainer. La batterie tape sèchement sans recouvrir le reste. Les basses sont un peu trop absentes malheureusement.

Edition9 : L’Edition9 a clairement moins de scène sonore que le HD800, est moins aéré, offre une moins bonne séparation et semble un peu plus léger au niveau des détails en comparaison du Sennheiser. Il se rattrape en revanche sur son bas du spectre extrêmement étendu et bien rendu, très naturel. Globalement le morceau sonne plus naturel et plus péchu.

HE-5 : Un peu plus coloré et résolument plus fun que le HD800, le HE-5 s’en sort très bien sur ce morceau. Il semble avoir moins d’énergie que les deux autres casques mais est plus dur à driver, ce qui est peut-être lié. Le tout est fluide, agréable. Il descend plus bas que le HD800 et est sensiblement équivalent au Edition9 sur ce point.

Agoraphobic Nosebleed – Moral Distortion

HD800 : Sur ce morceau très rapide et violent, le HD800 sait se montrer énergique. Il met en revanche cruellement en avant les limites de l’enregistrement. Le mix est correct mais manque un peu de vie. Le casque suit le rythme effréné de la batterie, l’auditeur n’en rate pas une miette.

HE-5 : La présentation plus frontale du casque et sa légère coloration rendent le morceau plus sympathique, mais là encore le mix est mis en faute et le tout sonne brouillon. Le HE-5 semble néanmoins avoir quelques difficultés à suivre le rythme comparé au HD800. Le mix est plus cohérent, les différents instruments sont un peu plus liés sans perdre en séparation.

Edition9 : L’Edition9 offre le bon compromis en terme de présentation : plus 3D que le HE-5, moins éloigné que le HD800. Là encore le mix est mis en défaut et le morceau sonne brouillon. Comme à son habitude l’Edition9 met énormément le bas du spectre en avant tout en conservant énormément de naturel et d’énergie.

Le Peuple De L’Herbe – Heart & Soul

HE-5 : Le HE-5 frappe tout de suite par sa très bonne présentation du morceau : la scène sonore est large, les détails sont tous là. La montée en puissance au début du morceau est très bien gérée et confère une sacrée patate. Le son est chaud, le saxophone est naturel. Très bonne performance.

HD800 : La présentation du HD800 semble quelque peu artificielle, en tout cas bien moins naturelle que celle du HE-5. Néanmoins cela fonctionne quand même et ne choque pas. Le morceau est emmené avec maitrise par le HD800.

Edition9 : Le niveau de détails, la séparation des instruments et la présentation sont du même niveau avec l’Edtion9 qu’avec le HE-5. L’Edition9 est vraiment le casque qui a le plus de flow parmi les trois, et le morceau coule tout seul.

Tunng – Take

HD800 : Le morceau sonne très naturel avec le HD800, et le casque révèle de nombreux détails laissés de côté par d’autres modèles. Très droit, le HD800 n’introduit pas de coloration. Le morceau respire et est aéré, la sensation de scène 3D est bonne mais il est difficile de localiser précisément les différents instruments. Comparé au HE-5 ou à l’Edition9, le HD800 manque un peu d’émotion, et tout sonne un peu plus distant.

HE-5 : Avec sa scène sonore moins large que HD800, le HE-5 n’offre pas la même sensation d’aération. Son niveau de détails est en revanche également très bon. La voix et les instruments sont plus faciles à visualiser dans l’espace sonore, la présentation est plus frontale, moins enveloppante qu’avec le HD800.

Edition9 : La scène sonore de l’Edition9 est plus intime, mais la sensation d’espace est néanmoins présente. Les guitares et les pincements de corde sont vraiment super bien rendus, les basses appuient énormément le morceau et lui donnent une assise qu’il n’a pas avec les autres casques. Les voix sont suaves, c’est excellent. Tous les instruments sont bien placés.

Conclusion

sennheiser_hd800_15

La conclusion n’est pas une surprise : Sennheiser frappe vraiment très fort avec le HD800. Sans concession, le casque l’est certainement, tant au niveau de la réalisation que de la performance sonore. Casque élitiste, le HD800 ne laisse rien passer et malmène les sources et les amplifications pour tirer la quintessence du son. L’audiophile est pris à son propre jeu et devra abandonner certains de ses disques préférés à la qualité d’enregistrement moyenne. Mais sur des productions de qualité, le HD800 saura vous faire vibrer. Peu voire pas du tout coloré, très analytique, il laisse néanmoins la musique s’exprimer pour notre plus grand plaisir.

Une grande réussite, merci Sennheiser.

De son côté, Hifiman frappe très fort également avec son HE-5 et se place de plus en plus comme une marque sérieuse sur le marché du casque haut de gamme. Parfait mix entre un Grado RS1 et un Beyer DT880, tant sur le design que dans la signature sonore, le HE-5 est un casque très agréable qui saura pleinement satisfaire l’amateur de musiques énergiques.

Galerie photo