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[Test] Dishonored 2 : Taille, patron

Assassin prodige

Notre avis
9 / 10

Par firoste le

Heureusement, Dishonored 2 n’est pas juste un tableau de maître. Il est aussi un gameplay d’exception, car généreux comme pas deux dans sa liberté laissée aux joueurs. Il y a d’abord ce choix entre Corvo et Emily, qui disposent chacun d’une palette différente de pouvoirs. Si cette dualité ne semble pas bouleverser la narration globale (pour ce test, nous n’avons eu le temps que de faire une run avec Emily), elle affecte bien plus la façon de s’approprier l’espace de jeu et de construire ses tactiques. Comme pressenti, Arkane brille d’un level design poussé dans des retranchements encore plus vertigineux, qui sait rester ouvert à n’importe quel type de jouabilité. Alors certes, la discrétion furtive totale demande un doigté et une patience plus confortable sur PC (souris/clavier et temps de chargement moins longs). Mais le jeu fait preuve d’une telle versatilité qu’une action ratée trouve toujours plusieurs échappatoires, qui peuvent parfois déboucher sur d’hallucinants morceaux de bravoure.

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Si l’aventure se boucle en une dizaine d’heures, il faudra bien le double (voire plus) pour sillonner tous les raccourcis et recoins d’un tel Rubik’s Cube architectural. Bien que le rendu graphique mérite un bon patch (testé sur PC équipé d’une Nvidia 770, le jeu accusait des ralentissements fréquents, sans pour autant gâcher la fête), sa performance affiche une telle avancée face à son aîné, que ce soit en termes de textures, d’animations (tous les PNJ sont modélisés à la perfection) ou d’I.A., qu’on est souvent bouche bée devant un tel spectacle.

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Mais qu’est-ce qui rend Dishonored 2 si exceptionnel, au fond ? Sa musicalité, peut-être. Comprendre : la façon dont le jeu aligne ses missions comme des partitions, voire des genres musicaux, différents. À chaque nouvelle cible, le gameplay s’essaie à une idée originale, parfois tactique, parfois architecturale, parfois purement métaphysique. On s’en voudrait de spoiler le plaisir de la découverte, mais contentons nous de dire que le niveau temporel fait partie des plus grandes expériences que le jeu vidéo a su offrir jusque là. C’est en cela qu’Arkane réalise une vraie suite : dans sa façon de reprendre un gameplay, déjà génial à la base, de le faire évoluer, et de le confronter à des situations encore plus variées et complémentaires. Les outils tactiques y sont tellement diversifiés qu’on a hâte de voir les speedrunners s’emparer d’un tel labyrinthe.

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Si l’on peut regretter que le final, un peu expédié, ne soit pas à la hauteur de l’aventure globale, et que le scénario soit cantonné à un classicisme trop sage, il faut rendre à Arkane l’hommage d’avoir su dépasser ses propres exigences pour livrer un des jeux les plus réussis de l’année, si ce n’est de la décennie. En ces temps où les fortes attentes débouchent souvent sur des déceptions déprimantes, célébrons les exceptions.

Dishonored 2, disponible sur PC, Xbox One et PS4, testé sur PC

Notre avis

Puisque la perfection n’existe pas, et que le jeu affiche des performances qui restent améliorables avec le temps, contentons-nous de dire que Dishonored 2 comble nos attentes les plus folles. Non seulement la ville de Karnaca est un chef d’œuvre à elle seule, mais le gameplay ose de vraies innovations, toutes remarquables. Monument de savoir-faire et de générosité, propre à faire jouir le speedrunner comme l’explorateur méticuleux, le nouveau prodige du studio Arkane a gagné le droit d’être qualifié comme saint patron et nouveau jalon du genre.

9 / 10