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[Test] Fast Racing Neo – Est-il l’élu ? [Wii U]

Par Corentin le

On essaye de compenser comme on peut la frustration causée par l’absence de volonté de Nintendo de créer un nouveau F-Zero alors que tout le monde en crève d’envie. Et pour le coup, le jeu de course futuriste Fast Racing Neo devrait être capable d’apaiser cette souffrance.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un petit mot sur le développeur, Shin’en. Les membres de ce studio allemand se faisaient appeler Abyss quand ils opéraient sur la demoscene. Passés du côté jeu vidéo de la force en 1999, ils développèrent de nombreux jeux pour consoles Nintendo, de la GameBoy Color à la Wii U en passant par le Wii Ware et la Nintendo DS, mais également, récemment, sur PS4.

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? Tout simplement parce que Shin’en est un studio de bidouilleurs. Ainsi, grâce à des astuces de programmation et d’optimisation des ressources impressionnantes, le jeu, avec un contenu qui n’en est pas rachitique pour autant, tient dans 500 petits mégaoctets de rien du tout. Les développeurs de jeux, aujourd’hui, prennent naturellement toutes les ressources qui leur sont allouées. La PS4, la Xbox One et le PC possédant des disques durs conséquents, il n’est pas (ou plus) choquant de voir des jeux peser 40 ou 50 Go.

Dans le cas de Fast Racing Neo, Shin’en a tout fait pour que le jeu soit léger et optimisé pour les faibles capacités de la Wii U. Certains décors sont ainsi générés de manière procédurale et certaines textures ne sont faites que pour être observées à toute berzingue. Le résultat est là, malgré une toute petite taille, le jeu est magnifique en mouvement, charge en 2 secondes – et sur Wii U, ce n’est pas rien – et tourne en 60 images par seconde parfaitement stables. Du vrai travail d’artisan.

[nextpage title= »F-pEout GX »]

Pour ce qui est du jeu en lui-même, il faudra passer la ligne d’arrivée le premier dans des courses extrêmement rapides, faites de turbos, de tremplins et de vols planés. Tout comme son prédécesseur Fast Racing League, votre vaisseau – au choix parmi une dizaine de véhicules – pourra changer de « phase » à tout moment, sur une simple pression du bouton X (ou L). Vous passerez alors du bleu à l’orange, ou de l’orange au bleu, et vous pourrez bénéficier d’une accélération si votre couleur correspond à des bandes lumineuses et colorées, au moment où passez dessus. Si votre couleur n’est pas la bonne, par contre, vous subirez une forte décélération. Il faudra donc être attentif aux bandes qui se dressent devant vous, d’autant que certaines prennent toute la largeur du circuit. Les tremplins qui vous élèvent brusquement dans les airs – souvent pour attraper des bonus, ou pour atteindre une autre portion du circuit – sont également soumis à cette loi des phases. Si vous n’avez pas la bonne couleur au moment de passer dessus, vous passerez au travers. Sur certains tracés, ça peut être un aller simple dans le fossé.

Vous serez également doté d’une jauge de turbo utilisable à tout moment et qui vous fera aller vite. Très vite. Sur le circuit sont disséminées de petites sphères qui, si vous passez dessus, rempliront cette jauge. Il s’agit d’ailleurs du seul moyen de la remplir. Lors des courses, vous serez donc souvent confronté au dilemme classique : remplir la jauge de boost ou optimiser ses trajectoires.

Heureusement, et contrairement à F-Zero, la mort n’est pas rédhibitoire dans Fast Racing Neo. Tombez du circuit ou crashez-vous un peu trop violemment dans un obstacle et vous réapparaîtrez quelques mètres en amont avec la moitié de la jauge de boost remplie pour vite redémarrer. De la même façon, la compétition ne sera pas aussi chaotique, étant donné qu’il n’y a que 10 concurrents sur la piste.

Cependant, quand on voit la difficulté du titre rien qu’à la vitesse intermédiaire, on se dit que c’est peut-être tant mieux. Finir premier relèvera de l’exploit et la maîtrise sur le bout des doigts des tracés seront nécessaires pour ne pas finir en queue de classement. Ces derniers ne sont cependant pas d’une très grande complexité. Vous n’aurez, par exemple, pas de chicanes à 180° comme on pouvait en croiser dans F-Zero GX. À cet égard, le profil des circuits s’apparentera davantage à celui des WipEout, larges et dotés de virages légers. Quelques obstacles un peu plus spectaculaires viendront également se mettre au travers de votre chemin. Attendez-vous donc à quelques éboulements et à quelques lance-flammes.

C’est ainsi le petit reproche que j’aurai à l’égard de Fast Racing Neo. On ne se bat surtout qu’avec soi-même, et l’aspect « brutal » de F-Zero (où il fallait carrément tenter d’éjecter les 29 autres concurrents de la piste) me manque un peu. On peut toutefois ralentir ses adversaires en les percutant violemment après un boost, ce qui aura pour effet de leur faire faire un tête à queue. On sent de surcroît que certains circuits manquent d’inspiration.

Le contenu est cependant correct avec 16 circuits aux environements variés, un mode championnat constitué de 4 coupes différentes où vous devrez finir dans les trois premiers pour débloquer la suivante, un mode multijoueur local (de 2 à 4 joueurs), un mode online, ainsi qu’un mode contre la montre. Enfin, pour ceux qui trouvent que le jeu n’est pas assez difficile comme ça, ils pourront toujours se confronter à l’impitoyable Hero Mode.

Ce dernier est réglé sur la vitesse maximale, il arrête la course au moindre crash, il vous demande de finir obligatoirement en première position, votre jauge de boost joue également le rôle de bouclier et vous explosez si elle se vide, toutefois les bandes colorées la remplissent désormais. Un mode qui me rappelle un jeu… Argh ! Zut, si seulement j’avais pensé à le citer au moins 4 fois dans ce test, j’aurais pu m’en rappeler. F-zHero ? Non. Ce n’est pas ça. Bon tant pis. En tout cas, c’est la preuve que Shin’en savait EXACTEMENT à quoi Fast Racing Neo était exposé en sortant sur Wii U. Et en exclusivité de surcroît.

Notre avis

Si Fast Racing Neo était sorti en version boîte, il aurait déjà été presque honorable. Tant dans son contenu que dans ses mécaniques, sa finition et sa BO électrisante. Alors là, franchement, sur l’eShop, pour 15 euros, il remplit très largement son office. Alors, oui, ça ne remplacera jamais la richesse ni la profondeur d’un F-Zero, mais en attendant, les sensations sont là et elles sont sacrément bonnes.

8 / 10