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Test : Huawei P8

Android

Par Pierre le

Huawei garde le bon équilibre et nous propose son meilleur smartphone... après le Mate 7.

Huawei a dévoilé le successeur de l’Ascend P7 le mercredi 15 avril. Le terme Ascend passe à la trappe, puisque le nouveau smartphone se nomme simplement P8. Un terminal qui veut flirter avec les mastodontes du marché. Si Huawei réussit encore une fois son coup, nous ne pouvons nous empêcher de penser que la firme chinoise a voulu en faire trop, sacrifiant l’intuitif sur l’autel du gadget. Néanmoins, Huawei nous sert un smartphone bien fini, performant et surtout efficace.

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Specs

Commençons avec les specs. Comme d’habitude avec sa gamme P, Huawei nous a concocté un smartphone haut de gamme qui n’a rien à envier à la concurrence. Son petit plus (ou petit moins ?) par rapport à la concurrence ? Son processeur maison. Comme d’habitude, la société a misé sur un processeur Kirin (930 ici), le terminal représentant sa vitrine technologique. Pour le reste, nous avons des specs plus que correctes.

Écran : IPS LCD de 5,2 pouces d’une définition de 1920 x 1080 pixels (424 ppi)
Processeur : Octo-core 64-bits Kirin 930 cade,cé à 2 Ghz
GPU :Mali-T624
RAM : 3Go
Mémoire : 16 Go extensible via micro SD
Batterie : 2680 mAh non amovible
APN : 13 mégapixels dual Led f2.0
Caméra frontale : 8 mégapixels
Dual SIM
4G+
Bluetooth 4.1
Wifi 802.11 b, g, n
NFC
OS : Android Lollipop avec EMUI 3.1
Poids : 144 grammes
Dimensions : 144,9 x 72,1 x 6,4 mm

De belles specs pour un smartphone qui se veut un concurrent direct des Galaxy S6, des iPhone 6 ou autres LG G4. Écran full HD, processeur octo-core, 3 Go de RAM… toutes les caractéristiques décrivent un terminal haut de gamme. Néanmoins, certains craindront une batterie assez faible. Le P8 est-il un monstre de batterie, comme l’était le Mate 7 ? Nous verrons ça tout à l’heure…

[nextpage title=”Design”]

Concernant le design, Huawei a réalisé un virage à 180 degrés pour le P8, comparé au P7. Adieu la coque arrière en vert et le cerclage en aluminium. Bonjour la coque unibody entièrement en alu.

Si la face avant du smartphone reste dans la droite lignée des précédents modèles (mis à part la disparition du nom Huawei en bas de l’écran), avec ses lignes épurées et son haut parleur allongé, c’est bien la face arrière qui surprend.

Le P8 est décliné en plusieurs coloris (argent, noire et champagne). Comme vous pouvez le voir, l’exemplaire de test que nous avons eu est bien la version champagne. Et le résultat est du plus bel effet. Peu de fioritures sur cette coque arrière. Nous avons juste deux lignes de verre blanc en haut en bas. Si celle du bas n’est qu’une petite ligne venant aérer le design, celle du haut accueille l’APN ainsi que le flash.

Concernant les bords, Huawei adopte la grande tendance du moment pour les hauts-parleurs. Nous avons 12 petits trous percés dans l’aluminium, entourant la prise micro USB. Sur les côtés, Huawei nous ressert la même chose que le P7, avec les trappes percées dans l’aluminium et les boutons de volume et d’allumage. Pour ce dernier, celui-ci est plus accessible que sur le P7. Ressortant mieux du smartphone, il nécessite moins d’efforts que sur le P7.

Pour le reste, c’est du classique, avec une prise jack sur le sommet et un bord gauche épuré de tout bouton.

Huawei réussit donc un tour de force avec de P8, réalisant un smartphone beau, léger (144 grammes) et surtout très agréable en main. Seul gros défaut ? Le smartphone sonne creux lorsqu’on tapote le dos en aluminium, trahissant quelques espaces non utilisés à l’intérieur. Mais à part ça, c’est du très beau travail de la part de Huawei.

[nextpage title=”Utilisation”]

Huawei nous sert ici son éternelle surcouche EMUI. Une surcouche qui passe en 3.1 pour ce P8. Et les habitués de Huawei trouveront très vite leurs marques. Pour les profanes, sachez que Huawei a toujours proposé une surcouche qui zappait totalement le menu d’applications, à la manière d’iOS. Ainsi, si vous enlevez une application du bureau, elle est totalement désinstallée. Une horreur pour les maniaques du rangement, obligés de créer des dossiers fourre-tout pour laisser un bureau clean.

Néanmoins, Huawei apporte quelques petites choses à sa surcouche. Tout d’abord, il est maintenant possible de masquer des applications sans les désinstaller ! Des applications qui se retrouveront dans un sous menu directement accessible via l’écran d’accueil.

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Huawei a également ajouté un nouvel outil à son smartphone : le screenshot local. Avant d’expliquer en quoi cette fonctionnalité consiste, sachez juste que nous avons là la pire des fausses bonnes idées de la part de Huawei.

Vous voulez prendre un screenshot de la partie supérieure de votre écran, et seulement de la partie supérieure ? Il suffit d’utiliser la jointure de vos doigts pour dessiner un carré à l’endroit voulu. Ensuite, le screen se prend et libre à vous de le recadrer. En plus d’être peu pratique à utiliser (se servir de la jointure des doigts ? Vraiment, Huawei ?), elle n’apporte pas grand-chose. Oh pardon, c’est vrai que recadrer un screen peut vous faire perdre trois précieuses secondes…

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En plus d’être inutile et peu pratique à utiliser, cette fonctionnalité dessert l’expérience utilisateur. Il peut en effet arriver que le smartphone pense que le bout de votre doigt s’avère être une jointure. Ainsi, au lieu de faire glisser l’écran, il ne fait que dessiner une ligne, sous vos doigts. Cela peut paraître anodin, mais la fréquence de cette erreur se montre très pénible avec le temps. En jeu, par exemple, il n’est pas rare de voir la ligne magique apparaître sous votre doigt en lieu et place de l’action désirée. Le pire dans tout cela ? C’est qu’il n’est apparemment pas possible de désactiver cette fonctionnalité, ou si c’est le cas, l’onglet est très bien caché.

Pour le reste, Huawei ne fait qu’améliorer les choses déjà existantes sur son P7. Par exemple, la surcouche vous permet toujours de personnaliser à fond votre terminal via l’application Thèmes. Icônes, fond d’écran, transitions entre les écrans, tout peut être modifié selon votre goût. Si Huawei propose des thèmes officiels, les développeurs et les fans peuvent également ajouter les leurs. Ainsi, chaque P8 sera différent et en accord avec le goût de son propriétaire.

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De même, Huawei nous sert ses habituelles applications dédiées. Des applications qui pourront s’avérer utiles. Par exemple, Sauvegarde vous permet d’enregistrer toutes vos données dans le cloud, au cas où vous auriez un pépin ou que vous changiez de smartphone (pour un autre Huawei). De même, nous retrouvons le Miroir, introduit avec le P7, le gestionnaire de fichiers, etc.

Pour le reste, c’est du grand classique. Les habitués d’EMUI seront en terrain connu et les autres ne devraient pas être trop perdus (mis à part pour l’absence du menu d’applications). Le tout tourne comme un charme et ne souffre d’aucun ralentissement. Nous avons eu un bug, une fois, qui a freezé le smartphone, nous obligeant à le rebooter. Un accident à signaler, mais qui ne s’est jamais reproduit pendant notre semaine de test.

Bref, Huawei maîtrise sa surcouche et a le mérite de proposer quelque chose d’original et d’unique, ne se contentant pas de nous faire une surcouche pour faire une surcouche et installer ses propres applications. Une surcouche qui ne plaira certainement pas à tout le monde, mais qui devrait intriguer les non initiés. Mis à part cette fichue fonctionnalité de screenshot local, ce Huawei P8 est une réussite au niveau du logiciel.

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Notons également que la prise en main du smartphone se montre agréable avec sa coque en aluminium et son poids plume. Nous aurions pu craindre un smartphone qui chauffe lors de l’utilisation. Et surprise, ce n’est pas le cas. La chaleur se montre parfaitement répartie et jamais nous n’avons eu une impression désagréable de chaleur qui se dégageait du terminal. Une réussite au niveau de la conception.

Jeux

Huawei a longtemps été à la ramasse niveau jeu, la faute à un processeur maison qui était un peu à la traîne face à la concurrence. Mais ces défauts ont été corrigés depuis et ce P8 tourne comme un charme niveau jeu. Sur les gros jeux du moment, aucun souci de performance. GTA San Andreas et Vice City tournent parfaitement. Sur d’autres jeux, comme Zombie Highway 2 ou Corridor Z, même le classique Dead Trigger 2 tourne au max. Nous n’avons constaté aucun ralentissement sur ces jeux. Huawei a donc atteint la maturité niveau jeu et le montre encore une fois avec ce P8.

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Batterie

Aïe. Niveau batterie, le P8 ne réussit pas à convaincre. Ici, Huawei a choisi de placer une batterie 2680 mAh au sein de son smartphone. Et même si Huawei fait des efforts dans sa surcouche, en nous rappelant de fermer les applications qui consomment le plus de batterie, cela ne suffit pas. En utilisation normale, le smartphone peine à tenir deux jours. En utilisation un peu plus poussée, le smartphone peine à tenir la journée. Néanmoins, Huawei a tenté deux ou trois choses afin de rallonger l’autonomie. En plus des notifications évoquées plus haut, le smartphone propose une option batterie ultra, qui désactive toutes les applications, met la luminosité au minimum et nous laisse en 2G, afin de grappiller quelques petites heures. Néanmoins, pour les gros utilisateurs, cela ne suffira pas. Un gros défaut qui nous fait regretter le Mate 7 et son autonomie monstrueuse.

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Photos

Le P8 se débrouille aussi bien que le P7 au niveau de la photo. Si nous sommes tout de même loin de la qualité du Lumia ou d’un Z3, par exemple, les clichés livrés par le P8 se montrent très acceptables.

Si le P8 réintroduit les nouveautés du P7 (les fameux Groufies), le P8 intègre une nouvelle fonctionnalité, le light painting. Une fonctionnalité présentée en grandes pompes lors de la conférence de présentation. Néanmoins, si les résultats se montrent réussis, nous ne pouvons nous empêcher de penser que tout cela n’est que gadget.

Le logiciel photo se montre très complet, avec beaucoup de fonctionnalités bien sympa. L’une d’elle se montre d’ailleurs vraiment intéressante : le timelapse. Une fonctionnalité qui devrait plaire aux réalisateurs en herbe et qui donne des résultats plus que convaincants.

Bench

Et voici le moment que vous attendez tous ! Mesdames et messieurs, la séance de benchmarks !

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Comme nous pouvons le voir, le P8 se débrouille parfaitement dans ce domaine. Notons la performance du smartphone sur Antutu, qui arrive à atteindre le score très honorable de 50 000.

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Notre avis

Evolution plus que révolution, ce P8 est dans la droite lignée de la gamme P. A chaque terminal, Huawei s'améliore et ajoute des fonctionnalités à sa surcouche ainsi qu'à son hardware. Néanmoins, on peut craindre que l'ajout de fonctionnalités plus ou moins utiles desservent l'expérience utilisateur au bout d'un moment, à la manière de ce qui est arrivé à Samsung. Mais pour le moment, Huawei garde le bon équilibre et nous propose son meilleur smartphone... après le Mate 7.

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