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Test : Metal Gear Survive fait-il honneur à la série d’Hideo Kojima ?

Notre avis
4 / 10
Jeux-Video

Par Mathieu le

Metal Gear Survive. Voilà bien un titre déjà haï par une catégorie de joueurs, fans de l’œuvre d’Hideo Kojima et qui ne pouvaient pas croire que la série allait continuer sans son créateur. Pourtant Konami a décidé de donner une suite à la saga qu’on aura adoré parcourir des années durant, du premier épisode sur MSX en 1987 jusqu’au chapitre final sorti en 2015 : The Phantom Pain. Mais pour le studio en charge du projet, impossible de réaliser un nouveau jeu s’inscrivant directement dans la trame narrative initiée par Kojima, parti depuis chez Sony dans un contexte plus que pesant. Il fallait ainsi trouver une idée originale et proposer un jeu différent. Et c’est là que Survive est né. Alors, avions-nous raison de craindre le pire ?

Tout débute vers la fin de Metal Gear Solid 5 : Ground Zeroes. Alors que la Mother Base de Big Boss est attaquée par des unités d’élite, les soldats du MSF (Militaires Sans Frontière) sont anéantis les uns après les autres. C’est alors qu’un énorme trou de ver se crée au-dessus des restes de la base et aspire l’un après l’autre les soldats. Le personnage que l’on incarne réussit alors à s’en tirer miraculeusement, mais, infecté, se voit renvoyer par un certain « Goodluck » dans une autre dimension. Sur cette planète inhospitalière, il va falloir trouver les solutions pour rentrer chez soi et surtout, pour survivre.

Il y a un sentiment qui envahit très rapidement le joueur lorsqu’il s’essaye à ce nouvel opus : il va devoir se montrer patient, très patient. Metal Gear Survive ne mélange plus vraiment l’action, l’infiltration et la tactique comme cela pouvait être le cas dans la série originale. En qualité de spin-off, le titre se veut bien plus un jeu de gestion où chaque action a de véritables répercussions. Ici, la difficulté est très importante, parfois même trop, quitte à rebuter ceux qui recherchent une expérience originale sans trop chercher à se prendre la tête. Mais ce qui est plus problématique dans ce jeu, ce sont les incessants va-et-vient qui nous sont ordonnés.

Au début, on passe le plus clair de son temps à chercher de la nourriture, de l’eau et des cartes mémoires sans vraiment savoir ce que l’on fait là. Et, à mesure qu’on progresse, on commence à vraiment se demander pourquoi notre héros a si souvent soif et faim. C’est bien simple : il est impératif de donner de l’eau et de la nourriture au personnage que l’on incarne dans des intervalles de 15-20 minutes, sinon, sa vie ne se rechargera pas et son endurance restera limitée. L’impression d’évoluer avec un Tamagotchi domine… Et agace.

Votre base, là où vous allez passer beaucoup d’heures

Scénario où es-tu, où es-tu ?

S’il y a bien un point qui a toujours plu aux joueurs dans la série Metal Gear, c’est sa faculté à raconter de fabuleuses histoires aux connotations historiques très précises. Avec Survive, oubliez tout ça. Le scénario de cet opus est simplement absent, au mieux, inintéressant. Au début de l’aventure, on présente un semblant de contexte, avec une mise en scène qui permet d’apercevoir Big Boss pendant quelques instants. Tout devient par la suite illusion. On évolue dans ce monde aux airs apocalyptiques « et se situant dans une dimension parallèle » sans jamais s’intéresser aux événements qui sont dépeints. Ce spin-off n’a simplement aucun lien avec la série dont il porte le nom. Malgré quelques clins d’œil, sans grande importance, on ne sent jamais que l’épisode appartient à une saga aussi riche que celle créée par Hideo Kojima.

Les personnages que l’on rencontre sont inintéressants et ne marquent pas de leurs empreintes une série pourtant réputée pour ses premiers et seconds rôles. On progresse à leur côté sans jamais s’attacher à eux ni à apprécier leur aide, leur parcours. Il faut presque oser dire qu’ils sont parfois de trop et donnent l’impression de gêner plus que d’aider.