Comme l’E3, la F3 existe en version classique et en version « Pro », l’équivalent du « Performance » pour les voitures électriques. Mais c’est cette dernière qui nous a paru la plus intéressante. Pour 50€ de plus, elle gagne 200 W de puissance en crête et un second frein à l’arrière.
Présentation
La Ninebot F3 Pro va s’afficher à 589 euros durant les offres de fin d’année. Un prix qui paraît élevé face à des modèles plus puissants, parfois dotés de 2 moteurs et de freins hydrauliques. Des modèles qui ont été importés en esquivant la TVA, non homologués et sans SAV, souvent avec des contrôleurs sous-dimensionnés et une conception peu durable et non étanche. Mais si nous restons dans le cadre légal, la Ninebot F3 Pro est un petit concentré de technologie qui offre même un guidage GPS sur son écran. Elle attaque en frontal Navee, Xiaomi, Niu et Pure Electric. Car, l’air de rien, le tarif de 600 euros est l’autre créneau clé, après celui des 400 euros. Vendre en quantité à ce prix demande de mettre les bouchées doubles, car le créneau est disputé.

Contexte de l’essai
Comme sa petite sœur (l’E3), j’ai laissé la F3 Pro subir les intempéries sur le balcon. Outre les orages, la pluie, la pluie et encore la pluie, il y a eu le soleil, très chaud, exposé plein sud. Plus de trois mois d’essai d’un modèle qui avait déjà bien roulé. Un bon moyen de tester la durabilité et l’étanchéité. Je vous spoile : elle est increvable, vous pouvez prendre la pluie avec sans souci et même rouler dans les flaques d’eau, parce qu’au fond, nous sommes tous de grands enfants.
À ceci s’ajoutent mes trajets habituels, avec un parcours de 23 km au tracé qui grimpe fort, un autre de 20 km sur sol plat et un tas de petits trajets qui se font habituellement à pied, au grand dam de mon cardiologue.
Caractéristiques techniques principales
- Un seul moteur à l’arrière
- Puissance nominale de 550 W en continu pour 1200 W en crête
- Batterie de 477 Wh en 48 V
- Temps de charge de 0 à 100 % avec le chargeur rapide (53,6 V pour 3,9A) : de 2 h 28 pour un 0-100 % et 1 h 52 pour atteindre les 80 %
- Certification IPX5 vérifiée (compte tenu de la pluie qu’elle a subie)
- Pneus 10 pouces Tubeless
- Freins mécaniques à disques avant et arrière (plus le frein magnétique)
- Poids annoncé : 19,3 kg
- Poids mesuré : 19,8 kg
- Hauteur de deck : 20 cm
- Longueur de deck : 50 cm
- Largeur de deck : 17,7 cm
- Hauteur de guidon depuis le sol : 125,5 cm
- Largeur de guidon : 56 cm
- Phare orientable
- Clignotants sur le guidon
- Dimensions de la trottinette pliée : 152 × 590 × 613 mm
- Dimensions de la trottinette dépliée : 1152 × 590 × 1262 mm
- Suspensions en élastomère à l’avant et à l’arrière
- Temps pour le 0-25 km/h : 4,5 secondes à charge max et 6,5 s dès 40 %
- Distance de freinage sur sol sec à 25 km/h : 3,5 mètres
- Poids max indiqué : 120 kg
- Contrôle de traction désactivable via l’application
- Guidage GPS sur l’écran
- Fonction Find My d’Apple intégrée
Design et finition : du magnesium et du premium
La F3 Pro ne paraît pas, mais elle est une petite réussite de conception. Le châssis est en magnésium, avec une jonction entre le tube diagonal et le deck moulée. Pas de soudure et une résistance supérieure.
La conception en magnesium offre rigidité et légèreté.
La suspension arrière est empruntée à l’E3. Elle est en élastomère. La suspension à l’avant intégrée au bout de la potence est hydraulique (et provient de la Max G2, un classique).
L’écran couleur, au format portrait, affiche l’heure (youpi), le temps de charge restant, le niveau de batterie restant au dixième de pourcentage, le kilométrage restant en fonction du mode choisi. Mais la F3 Pro se dote, en plus, de la navigation GPS. Les clignotants sont toujours aux extrémités du guidon qui, lui, est légèrement courbé.
La potence intègre un porte-sac supportant 3,5 kg. J’ai mis 6 kg et ça n’a pas bronché. Le phare est orientable avec un angle variable de 20°. Le système de pliage se réalise par un loquet à double sécurité. La potence est parallèle au deck et coupe l’alimentation lorsqu’elle est abaissée (option par ailleurs désactivable sur l’application). Celle-ci se réactive lorsque vous la dépliez.
Bien qu’un peu lourde, la F3 Pro ne se ferme pas les portes des transports en commun un peu larges de type train et RER. En revanche, dans le bus, c’est impossible, et dans le métro, c’est seulement hors heures de pointes.
D’ailleurs, la fourche à l’avant adopte une forme de support pour la rendre stable une fois pliée et mise à la verticale. Bien vu !
Conduite : c’est doux et vif
Avec 550 W, la F3 Pro accélère bien. Ce n’est pas une trottinette sportive et on ne prend pas le coup de pied d’une Max G3 ou ZT3 Pro en mode launch control, encore moins de modèles à deux moteurs et plus puissants. Mais elle atteint rapidement les 25 km/h.
Cette douceur s’accompagne d’une souplesse propre à un poids contenu. La Ninebot F3 Pro n’affiche que 19,8 kg sur la balance. Le slalom est d’une facilité enfantine et le freinage est sain et équilibré, avec un arrière qui se bloque rarement, même sous la pluie.

Le contrôle de traction est efficace sur sol mouillé, mais agaçant sur sol sec, car il génère des coupures dans l’accélération. Logique et paramétrable depuis l’application. Je regrette l’absence de repose-pied à l’arrière. C’est dommage pour une trottinette aussi agile. Puis ça permet de lever un peu l’avant en grimpant un trottoir.

Le freinage est sain et sécurisant. Les disques mécaniques s’appuient sur des étriers à double piston de qualité. Notez d’ailleurs que toutes les pièces détachées sont commandables sur le shop officiel de la marque. L’arrière ne bloque qu’en y allant très fort, lancé, sur sol mouillé. L’avant est précis et la suspension hydraulique remplit parfaitement son rôle en ne faisant pas plonger la trottinette de trop. À 25 km/h, il m’a fallu seulement 3,5 m pour m’arrêter en cumulant les deux freins et le freinage magnétique. Rassurant !


Les suspensions s’en sortent correctement. Ce n’est pas aussi souple que ce combo élastomère et hydraulique laissait espérer. Sur les petits pavés du vieux Créteil, ça tremblait pas mal au niveau du guidon. Mais pas de quoi râler ; pour preuve, j’ai pu conduire à une main. Les pneus tubeless 10 pouces sont une valeur sûre, mais attention aux crevaisons. Ils sont chers à remplacer.

Si le deck n’est pas lumineux, l’éclairage orientable est puissant (6 W). Le flux est d’ailleurs bien large. Ajoutez-y un mode Warning configurable sur la touche favori depuis l’application et vous devenez très visible de nuit.

Reste un défaut inhérent au constructeur : la puissance diminue lorsque la batterie faiblit. Et ça se produit dès 20 %. Sachant qu’à 40 %, l’accélération est un peu moins franche. À 20 %, vous allez mettre du temps à atteindre les 25 km/h (13 secondes tout de même) et à 10 %, vous serez bridé à 20 km/h. À partir de 5 %, vous passez en mode survie à 15 km/h grand max.

Cela joue forcément dans la note finale, car je n’ai retenu que l’autonomie de 100 % à 15 %.
L’application : presque parfaite
L’application Ninebot est complète. Enfin presque, puisqu’il manque un historique des trajets. Mais en dehors de ça, c’est un sans-faute. Si elle est la même pour tous les modèles, les options et réglages proposés, eux, varient selon celui que vous utilisez.
Les modes sont paramétrables et presque tout est réglable.
La F3 Pro bénéficie donc de quelques options spécifiques, dont la navigation par GPS basée sur HERE Maps (oui, le logiciel de Nokia à l’époque). Elle se règle sur l’écran du smartphone et envoie les infos à la trottinette. Mais deux points sont problématiques :
– D’abord l’utilité face à un support smartphone
– L’obligation de laisser l’écran de navigation du smartphone affiché, faute de quoi, les indications se figent
Pour le reste, il est possible de régler la puissance du frein magnétique, les effets sonores, chacun des modes de vitesse (que vous laisserez toujours sur Sport, les 2 autres étant inintéressants), les effets lumineux.
Vous avez le droit à un tableau de bord mais avec cet écran aux informations déjà très riches, vous n’en avez pas besoin.
Autonomie et recharge : un bon résultat pour le poids
L’autonomie annoncée est de 50 km. La réalité, avec 100 kg sur le deck et dans un trajet urbain avec de légers dénivelés, est de 28 km. Ensuite, vous serez à 20 % restants et ne bénéficierez pas de la puissance maximum. De quoi atteindre 34 km d’autonomie. Mais comptez plutôt sur 28 km.
La charge rapide est efficace : 2 h 28 pour le 10-100 % et 1 h 52 pour le 10-80 %. Ce chargeur est vendu en option à 50 €. Le chargeur standard, lui, demande 8 heures.
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