Dès le déballage, la Ninja Swirl impressionne ! La machine est massive : près de 10 kg sur la balance, soit presque le poids d’un robot pâtissier, avec un gabarit largement supérieur à une cafetière classique. En clair, la Swirl occupe quasiment deux fois plus de place que le modèle Creami original, la faute notamment à la large poignée de distribution de soft serve fixée sur son flanc droit. Sa hauteur approche les 43 cm, ce qui lui permet tout juste de se glisser sous certains placards de cuisine (dans mon cas, cela n’a pas été possible). Il faudra donc prévoir un espace conséquent sur le plan de travail, et peut-être lui trouver une place dédiée dans un placard quand on ne l’utilise pas. À côté de ça, la finition est soignée et le design plutôt attrayant pour un appareil de ce volume, on assume sans honte de le laisser en vue, d’autant qu’il suscite immédiatement la curiosité.

L’appareil arrive avec de nombreuses pièces : on trouve dans la boîte le bloc-moteur principal, deux pots de 470 ml avec leurs couvercles faisant office de bacs de préparation, un bol extérieur dans lequel on insère ces pots pour le turbinage, une pale “Creamerizer” (sorte de lame mélangeuse brevetée par Ninja) qui va broyer et aérer la glace, un couvercle spécial pour la fonction soft serve, un bac d’égouttage amovible, ainsi plusieurs notices et recettes. Des autocollants sont apposés un peu partout pour guider l’assemblage et inviter l’utilisateur à scanner des QR codes vers des vidéos tutoriels. Pour ma part, j’ai opté pour la vieille école en suivant simplement le manuel d’instructions papier. Le montage initial prend quelques minutes : il faut bien positionner la pale dans le bol, apprendre à verrouiller les pots dans la machine (un système de quart de tour à prendre en main), et repérer le mécanisme de la poignée distributrice. Rien d’insurmontable : au bout de deux essais, j’étais déjà plus à l’aise, même si l’abondance de pièces mobiles demande un petit temps d’adaptation.
Préparation anticipée indispensable
Avant de pouvoir savourer votre première glace, il y a un impératif à ne pas négliger : anticiper la préparation 24 heures à l’avance pour la majorité des recettes. En effet, la Ninja Swirl reprend le principe de la Creami d’origine : il ne s’agit pas d’une sorbetière traditionnelle à bol réfrigérant ni d’une turbine à compresseur intégré, vous devez d’abord congeler votre mélange pendant une nuit dans l’un des pots fournis, puis laisser la machine le “crémeriser” le moment venu. Autrement dit, impossible de calmer une envie de glace improvisée en dernière minute : il faudra s’y prendre la veille pour le lendemain, ce qui exclut la spontanéité des fringales nocturnes !
Cette contrainte de planification mise à part, la préparation en amont est simple et rapide. La machine est livrée avec un livret de recettes très complet couvrant un large éventail de douceurs glacées (glace classique, gelato, sorbet, yaourt glacé, milkshake, etc.), y compris de nouvelles recettes spécifiques au mode soft serve. Dans mes tests, j’ai commencé par suivre la recette Ninja d’une base vanille classique, qui m’a tout de même demandé une petite expédition pour acheter quelques ingrédients clés pour obtenir la texture onctueuse idéale. Mélanger les ingrédients ne prend que quelques minutes, puis on verse le tout dans le pot qu’on place au congélateur. J’ai également préparé en parallèle un second pot avec une recette type McFleury trouvée sur le net à base d’éléments simples comme tu lait concentré sucré ou de l’arôme vanille.

Qu’est-ce que le soft serve ?
Le soft serve, appelé glace à l’italienne en français (ou crème molle au Québec), est un type de crème glacée très aérée et onctueuse. Cela signifie qu’elle contient beaucoup de bulles d’air microscopiques, ce qui la rend plus légère et moins dense qu’une glace classique. Elle se prépare généralement sur place à l’aide d’une machine réfrigérante spéciale et est servie immédiatement, le plus souvent dans un cornet, sous forme de spirale crémeuse. Cette glace étant moins froide et plus aérée, elle fond plus rapidement qu’une crème glacée classique !
Une polyvalence surprenante
Vient enfin le jour J : mes préparations sont solidement congelées, prêtes à passer à la transformation. La Ninja Swirl propose un total de 13 programmes automatiques pré-réglés pour couvrir toutes sortes de recettes !

Sur la partie droite de la machine (héritée du fonctionnement de la Creami classique), on trouve 6 modes Scoop (Boule de glace) classiques : Ice Cream (Crème glacée), Light Ice Cream (Crème glacée allégée), Gelato, Sorbet, Frozen Yoghurt (Yaourt glacé), Milkshake et Creami Fit, un mode spécial pensé pour les glaces protéinées et à faible apport calorique, ainsi qu’une fonction “mix-in” pour incorporer des garnitures (éclats de chocolat, noix, biscuits, etc.) en fin de turbinage. La Swirl ajoute ainsi 6 programmes inédits Soft Serve (Glace à l’italienne) : Ice Cream (Crème glacée), Light Ice Cream (Crème glacée allégée), Fruiti (Fruiti), Frozen Yoghurt (Yaourt glacé), Soft Serve Gelato (Gelato tourbillon) et CreamiFit.

En pratique, ces programmes ajustent la vitesse et le nombre de passes de la pale pour s’adapter aux différentes textures désirées. La présence du mode Creami Fit ravira les adeptes de fitness ou de diètes spécifiques : Ninja met en avant la possibilité de préparer des crèmes glacées à moins de 150 calories, en incorporant par exemple des shakes protéinés, des laits végétaux ou des édulcorants, tout en fouettant assez d’air pour ne pas obtenir un bloc de béton glacé. De même, les personnes souffrant d’allergies ou suivant un régime vegan apprécieront la maîtrise totale des ingrédients : on peut créer des glaces sans lactose, sans œufs ou sans sucre raffiné en adaptant les recettes, et le livret fournit d’ailleurs des conseils de substitution pour le lait ou le sucre. Cette polyvalence est un atout majeur de la Swirl, qui se pose en championne de la glace personnalisée, du plus gourmand au plus sain !
Utilisation et premier retour
Passons à l’utilisation concrète, recettes en main. J’insère mon premier pot (vanille classique) dans le bol extérieur, que je verrouille sur le support de la machine côté droit. Sur le panneau de contrôle je sélectionne le programme “Soft Serve Gelato” pour ce test, j’aurais aussi pu opter pour “Ice Cream” si j’avais voulu une consistance plus ferme à déguster à la cuillère. Je lance le cycle et la pale commence à descendre dans le bloc congelé en rugissant… Car oui, il faut le savoir : la Ninja Swirl fait du bruit, beaucoup de bruit. Le son évoque un broyeur ou un puissant mixeur, c’est encore plus bruyant qu’un blender ou qu’une hotte aspirante à pleine puissance ! Autant dire qu’il vaut mieux éviter de lancer une tournée de glaces quand tout le monde dort.
@journaldugeek On a fait des #McFlurry maison grâce à la #Ninja #Swirl ♬ son original – Journal du Geek
Ce niveau sonore provient de la motorisation musclée nécessaire pour venir à bout de la masse glacée : on sent que la machine force pour réduire en poudre le bloc dur comme pierre, puis l’émulsionner. D’ailleurs, une légère odeur de plastique chauffé est perceptible lors des premières utilisations, ce qui n’a rien d’étonnant vu l’effort demandé au moteur. Heureusement, le cycle est relativement court : environ 2 à 5 minutes selon les programmes, souvent suivies d’une étape facultative de “re-spin” (rebattage) si la texture n’est pas assez crémeuse du premier coup. Sur ma crème glacée vanille, après un premier cycle Soft Serve, le résultat me semble un peu trop mou et coulant pour faire une belle spirale : je replace donc le pot et lance un cycle additionnel en mode “Re-spin”. Quelques dizaines de secondes plus tard, la consistance a gagné en fermeté.
Vient alors le grand moment : le service en mode “glace à l’italienne”. Je visse le couvercle spécial muni de la nozzle (embout avec bec en étoile, comme sur les machines à glace à l’italienne professionnelles) sur le pot de glace fraîchement turbée. Je bascule ce pot horizontalement dans le compartiment de gauche de la Swirl, prévu pour l’extraction. Avant de tirer la poignée, je vérifie une étape cruciale, que j’avoue avoir ratée lors de mon tout premier essai : il faut tourner le pot en position “Open” pour ouvrir le passage vers le bec verseur, sans quoi la glace ne s’écoulera pas et vous obtiendrez de la crème glacée liquéfiée à l’intérieur de la machine… Une fois ce détail assuré, je place un cornet en dessous (vous pouvez bien sûr remplir aussi des coupes ou des bols), puis je tire doucement la manette vers le bas. Surprise : la machine intègre un système motorisé d’assistance à la traction, avec trois vitesses d’extrusion automatiques selon l’amplitude du geste. En clair, même un enfant pourrait s’y prendre, il n’y a pas besoin de forcer pour pousser la glace à travers la douille étoilée.
Le filet de crème glacée sort en formant des volutes appétissantes, mais c’est pas si évident de les enrouler gracieusement dans le cornet du premier coup ! Heureusement, le coup de main n’est pas si compliqué à acquérir : il faut tirer la poignée de façon régulière, ni trop vite (sinon le ruban de glace se casse), ni trop lentement (au risque d’obtenir un serpentin trop fin). Après deux ou trois essais, je réussis à former de beaux tourbillons de glace. Chaque pot de 470 ml permet de garnir environ 3 à 4 cornets (ou deux belle portions en bol), on est donc sur des quantités modestes, qu’il faudra multiplier si vous prévoyez de régaler toute la famille. Le cas échéant, Ninja vend des pots supplémentaires séparément pour pouvoir enchaîner les préparations sans attendre que le contenant soit libre.
Recette d’une glace très connue dans une chaine de fast-food et qui commence par M et fini par Y… Quantités pour un pot de 470 ml :
- Lait entier : 215 g (ml)
- Crème liquide entière : 122 g (ml)
- Lait concentré sucré : 122 g (ml)
- Arôme vanille : 12 ml
Comment procéder ?
- Mélangez bien tous les ingrédients
- Laissez reposer 24 h au congélateur
- Sélectionnez le programme “Soft Serve”, puis “Ice Cream” et lancez un “Re-Spin”
- Agrémentez ensuite votre glace de ce que vous aimez : Daim, KitKat, M&M’s, Oreo, coulis caramel, chocolat, etc.
Dégustation : que vaut la glace du Swirl ?
L’aspect est réussi, mais qu’en est-il du goût et de la texture ? Ma soft serve vanille a fière allure avec sa spirale onctueuse parsemée de quelques chocolat Dain broyés au mixer et d’un coulis caramel. En bouche, c’est une réussite : la texture est lisse, aérée, fondante juste comme il faut, très proche de celle d’une glace connue. Ma famille, mise à contribution pour la dégustation, confirme en chœur que “on se croirait chez McDo”, il est vrai que la ressemblance est frappante, en un peu moins sucré.

Encouragé par ce premier succès, j’ai enchaîné avec le Frozen Yogurt acidulé dont la recette figure dans le livre : à base de yaourt grec, miel, vanille, lait entier, cette préparation m’a donné une glace au yaourt incroyablement proche de celle des enseignes de frozen yogurt, avec ce petit goût lacto-acidulé rafraîchissant parfaitement reproduit !
Côté recettes “santé”, ma tentative de glace protéinée pistache s’est révélée honorable : la texture était un peu moins crémeuse qu’une crème glacée classique, avec de très légers cristaux résiduels sur les bords du pot, mais après un coup de re-spin, j’ai obtenu quelque chose s’approchant d’une bonne glace allégée du commerce. Le goût était satisfaisant, surtout en sachant qu’elle ne contenait qu’une fraction des calories d’une glace normale.
J’ai également tenté un sorbet 100 % fruits (programme Sorbet ou Fruiti en ajoutant un peu d’eau) à base de pastèque : après un premier turbinage un peu grumeleux, un second passage a suffi pour lisser complètement la préparation, qui est sortie du bec en un joli sorbet glacé et stable.
Toutes mes expérimentations n’ont pas été parfaites du premier coup. Par exemple, un essai de sorbet mangue-abricot réalisé avec des fruits en conserve s’est soldé par une texture étrange et gélatineuse, sans doute la faute aux morceaux en boîte un peu mous et trop de sirop. La leçon : il vaut mieux utiliser des fruits surgelés nature ou du frais congelé maison pour ce type de recette, afin d’éviter les additifs indésirables. Ces tâtonnements font partie du jeu avec la Ninja Swirl : il faudra parfois ajuster les dosages ou la technique (ne pas hésiter à recongeler 15-30 minutes un pot qui serait trop mou avant de le passer en mode distribution, par exemple) pour parvenir au résultat optimal.
La bonne nouvelle, c’est que même les ratés restent tout à fait mangeables, au pire un peu fondus ou granuleux, mais jamais immangeables !
Entretien et nettoyage
Après la fête des papilles vient le moment de nettoyer la bête. Sur ce point, la Ninja Swirl s’en tire bien car la plupart des éléments en contact avec la nourriture (les pots, leurs couvercles, la pale, le petit piston extracteur et le bac d’égouttage) sont compatibles lave-vaisselle, ce qui facilite grandement la corvée !
Personnellement, je préfère rincer rapidement ces pièces à l’eau tiède savonneuse juste après usage : en moins de deux minutes c’est propre, et j’évite ainsi d’encombrer le lave-vaisselle. Attention toutefois à nettoyer le bec verseur après chaque utilisation de la fonction soft serve, surtout si vous n’utilisez pas tout le contenu du pot d’un coup. Un petit goupillon peut aider à déloger les résidus de crème glacée dans l’embout. L’appareil en lui-même n’a besoin que d’un coup d’éponge s’il y a eu des éclaboussures, et d’un essuyage régulier pour la poussière.
Au final, l’entretien est simple et ne devrait pas vous décourager de vous servir régulièrement de la machine, d’autant que Ninja a veillé à ce que seules les pièces amovibles touchent la nourriture, préservant ainsi le bloc-moteur de tout encrassement.
Quel bilan pour la Ninja Swirl ?
La Ninja Swirl permet-il réellement de reproduire chez soi une glace à l’italienne comme à la fête foraine, de manière instantanée ?
Oui, dans le sens où le résultat visuel et gustatif est bel et bien au rendez-vous : on obtient une crème glacée molle onctueuse, qui se tient en spirale, et dont la texture et la température sont comparables à celles d’une machine professionnelle. Mais il ne faut pas oublier que cette onctuosité est obtenue via une astuce : la glace est d’abord solidement congelée, puis réduite en mousse glacée par la pale avant d’être extrudée.

Mais techniquement, ce n’est pas du soft serve continu comme dans un fast-food (où la préparation reste dans une cuve réfrigérée et est foisonnée en continu à chaque service), mais un procédé discontinu propre aux machines grand public. Ninja réussit ici un tour de force en répliquant l’expérience soft serve sans recourir à un compresseur ni à un brassage permanent : c’est un exploit que peu de machines domestiques atteignent, là où certains modèles concurrents n’ont pas convaincu sur la texture.
Bien sûr, il y a quelques limitations : la glace sortie de la Swirl a tendance à fondre un peu plus vite qu’une vraie soft serve issue d’une machine pro (surtout par temps chaud ou si on traîne avant de la déguster). Mais en pratique, on s’en accommode très bien pour une consommation de suite. Et pour les plus pressés ou ceux qui sont tête en l’air, notez qu’il est même possible de tricher un peu : j’ai expérimenté le fait de prendre une glace du commerce déjà congelée, de la laisser ramollir quelques minutes, puis de la tasser dans le pot de la Swirl et de la passer directement en mode distribution. Le résultat : une glace à l’italienne immédiate, sans avoir eu à préparer de mélange la veille (certes, on perd l’intérêt du “fait maison”, mais l’option dépanne en cas de besoin urgent de dessert) !

Sincèrement, cet appareil m’a beaucoup amusé et je prends plaisir à l’utiliser assez souvent depuis que je l’ai, l’aspect ludique de faire sa glace comme un pro à la maison fonctionne à fond, et on ne se lasse pas de tester de nouvelles recettes ou d’épater ses invités. Pour les passionnés de glaces et de desserts glacés, les curieux qui aiment expérimenter en cuisine, ou les familles avec enfants gourmands, la Swirl peut devenir un hobby. C’est un peu l’équivalent, pour les glaces, d’une machine espresso haut de gamme pour les amateurs de café : un gadget pour passionné, qui offre un contrôle total et des possibilités infinies de création. En revanche, pour le grand public occasionnel, l’investissement peut sembler disproportionné.
D’autre part, le gabarit imposant et la préparation en avance font que la Swirl demande de la place et de l’anticipation, ce que tout le monde n’est pas prêt à accorder pour de la crème glacée. Enfin, rappelons les limitations : un bruit très fort à chaque utilisation, et des quantités limitées à chaque tournée (2 à 4 portions au maximum si vous êtes gourmand ou pas). Pour une petite cuisine d’appartement, ou si vous pensez n’en faire que quelques bacs en été, l’achat est difficile à justifier.
En comparaison, Ninja propose toujours ses modèles Creami plus classiques à des prix inférieurs (à partir de 150€). Certes, ils n’ont pas la fonction de distribution en cornet, mais ils permettent déjà de réaliser d’excellentes crèmes glacées maison avec les mêmes bases et la même technologie de pale. En jouant sur les cycles de turbinage, on peut même s’approcher d’une texture soft serve dans ces machines plus compactes. À moins d’être absolument fan de l’idée du cornet à la maison, vous pourriez très bien vous contenter d’un modèle plus petit qui prendra moins de place sur le plan de travail et pour un budget plus abordable.
En résumé, la Ninja Swirl est donc un appareil unique en son genre, terriblement fun et efficace, mais qui cible avant tout les enthousiastes prêts à s’investir un minimum dans la préparation de leurs desserts glacés.
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