Test

[Test] South Park : Le Bâton de Vérité – « La vérité, il est morteeeeel ! » [PC]

Notre avis
9 / 10

Par Henri le

Malgré 17 ans d’existence, la série South Park n’avait jamais connu une adaptation vidéoludique de qualité. On avait perdu espoir. On avait tort.

Cartman est un puissant magicien, doté d'un sphincter surpuissant.
Cartman est un grand magicien, doté d’un sphincter surpuissant.

Vulgaire show scatologique pour certains, critique hilarante de la société pour d’autres, South Park a toujours eu le don de déchainer les passions. Après 17 ans d’existence et 237 épisodes au compteur, la série à fait le bonheur de la chaîne câblée Comedy Central, mais beaucoup moins celui des joueurs, qui n’avait eu droit jusqu’alors qu’à un pâle merchandising sur console. Mais ce temps-là est bel et bien révolu, puisque Trey Parker et Matt Stone ont mis tout leur temps et leur amour sur le projet, supporté par les équipes d’Obsidian.

En tant que grand fan de la série, mes attentes concernant le titre étaient très élevées. Car oui, le jeu s’adresse avant tout à ces derniers. Pour les mêmes raisons qu’un Naruto: Ultimate Ninja Storm ne m’attire pas plus que cela (malgré de très bons jeux), les allergiques à l’humour et à l’esthétique de South Park passeront naturellement leur chemin. Mais que tous les joueurs s’intéressant de près ou de loin à la série restent dans la salle. Ça va commencer.

Vous allez réapprendre le sens du mot "épique".
Vous allez réapprendre le sens du mot “épique”.

Beau comme un vélo SUPER DINGO

La première claque est visuelle. Si l’esthétique de la série n’a pas de quoi faire pâmer les plus grosses cartes de chez Nvidia, le respect de tous les codes graphiques est tel que le joueur se retrouve littéralement catapulté dans un épisode. Le héros, qu’on vous demande de créer en deux temps trois mouvements, se retrouve hagard, comme vous, dans une ville aussi fidèle que l’originale. Oui, South Park est beau. On sent rapidement qu’un véritable travail a été accompli, et on commence à déambuler le sourire aux lèvres. Cette première impression aurait pu être ternie par un mauvais doublage, mais TOUTES les voix répondent à l’appel, hélas pas dans la langue de Molière. C’est dommage… pour une fois qu’on les veut ! Les sous-titres restent de très bonne facture.

Un gameplay au poil de…

Dans mon imaginaire de joueur, un jeu estampillé South Park ne rimait pas spécialement avec JRPG. C’était d’ailleurs une de mes plus grandes craintes, moi qui étais loin d’être un amateur de ce type de gameplay. Pourtant, après 22 heures de jeu (nombreuses petites quêtes comprises), jamais un choix ne s’était imposé avec tant de clarté. En reprenant les codes de jeu d’un Paper Mario médiéval, incluant les combats au tour par tour, l’utilisation de potions et le choix du bon équipement, ce Bâton de la Vérité installe le terrain propice à la loufoquerie de ses créateurs. Les haches se voient remplacées par des godemichets, les potions par des tacos et les sorts par des pets dantesques.

Pourtant, le joueur se rend vite compte que ces combats ont bénéficié d’une véritable attention et ne servent pas qu’à segmenter des cinématiques dignes des meilleurs épisodes de la série. Les ennemis sont plus ou moins sensibles à certaines armes ou magies, et la possibilité de switcher votre acolyte (Cartman, Butters, Kyle, Stan…) ajoute une dimension tactique supplémentaire aux affrontements. L’inventaire, certes un peu brouillon, conserve un ton humoristique, notamment par le biais d’une page Facebook désopilante.

La femme de Hankey est fidèle à elle-même !
La femme de Hankey est fidèle à elle-même !

Les puristes feraient mieux de jouer tout de suite au plus haut niveau de difficulté, car le challenge reste relativement accessible. Les autres se prendront définitivement au jeu, et pourraient même aller fureter du côté des plus grands ténors du genre. La preuve, après une vanne bien sentie, il m’arrive désormais de crier à la rédac  « et bim, tu as perdu 2200 PV d’un coup » ! Et ça, il fallait le faire. Un véritable compliment pour un jeu coup d’essai.

Ce détournement débile et simpliste de tous les éléments de la vie réelle arrive avec brio à recréer l’imagination fertile d’un enfant de dix ans. C’est ainsi qu’un combat contre un clochard fou, armé d’un ballon de basket « taché de merde » (s’il vous plait !) arrive à embrasser la dimension épique des plus grands boss de Donjons & Dragons. Trey Parker et Matt Stone s’amusent d’ailleurs à parodier le jeu vidéo, en se moquant ouvertement de ces infernales collectes de clé, ou de ces grands méchants… qui arrivent au moment où on s’y attend. Jouissif.

Enfin un jeu qui pose les vraies questions.
Enfin un jeu qui pose les vraies questions.

“Je vous emmerde, et je fais le jeu que je veux”

Les joueurs ne connaissent que trop bien l’industrie du jeu vidéo, et sa merveilleuse machine à détruire les licences cinématographique ! Pour tout vous dire, conserver le ton sulfureux de South Park dans un jeu vendu sur le continent européen me paraissait quasiment impossible. La censure a d’ailleurs frappé sur nos terres. Mais nul ne doute que les joueurs consoles se serviront de Youtube pour apprécier ces moments injustement supprimés. Passé ce désagrément, South Park reste un des titres les plus irrévérencieux auquel il m’ait été donné de jouer depuis quelques années. Pas simplement par la présence d’une classe « Juif » dès le début du jeu, mais par sa volonté sans cesse renouvelée de respecter son héritage excrémentiel, et son rôle de poil à gratter. Que vous combattiez d’effrayantes vaches nazies, ou que vous déambuliez dans le rectum de Monsieur Esclave, les références sont tellement nombreuses qu’elles transpirent l’envie du travail bien fait. Ce fan service est tellement appuyé que les quelques figures absentes, comme Kukrapok ou les mystérieux Jakovasaures, se dévoilent lors des temps de chargement.

Obsidian a réussi le pari de conserver toute l'ambiance de la série.
Obsidian a réussi le pari de conserver toute l’ambiance de la série.

Les joueurs qui picoreront avec délectation ces multiples clins d’œil prendront un pied d’enfer sur ce Bâton de la Vérité. Alors, si vous savez bien que Barbara Streisand est en fait un robot géant, et que les Marklors utilisent le terme Marklor pour toute sorte de Marklor, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Les autres riront un bon coup, et c’est déjà une excellente raison pour tenter l’aventure.

On pourrait reprocher une trop grande facilité ou une durée de vie un peu moyenne à South Park : The Stick of Truth. Oui, on pourrait. Mais on préfère se dire que c’est le plus bel hommage que des passionnés puissent faire à leurs fans. Irrévérencieux, hilarant et plus profond qu’il n’en a l’air, le titre d’Obsidian ferait sourire les plus pète-sec d’entre nous. Et c’est tout à fait ce qu’on lui demandait. Allez-y, « ça troue le cul. » !

Testé sur PC. Disponible sur PS3 et Xbox 360.

Malgré 17 ans d’existence, la série South Park n’avait jamais connu une adaptation vidéoludique de qualité. On avait perdu espoir. On avait tort.

Cartman est un puissant magicien, doté d'un sphincter surpuissant.
Cartman est un grand magicien, doté d’un sphincter surpuissant.

Vulgaire show scatologique pour certains, critique hilarante de la société pour d’autres, South Park a toujours eu le don de déchainer les passions. Après 17 ans d’existence et 237 épisodes au compteur, la série à fait le bonheur de la chaîne câblée Comedy Central, mais beaucoup moins celui des joueurs, qui n’avait eu droit jusqu’alors qu’à un pâle merchandising sur console. Mais ce temps-là est bel et bien révolu, puisque Trey Parker et Matt Stone ont mis tout leur temps et leur amour sur le projet, supporté par les équipes d’Obsidian.

En tant que grand fan de la série, mes attentes concernant le titre étaient très élevées. Car oui, le jeu s’adresse avant tout à ces derniers. Pour les mêmes raisons qu’un Naruto: Ultimate Ninja Storm ne m’attire pas plus que cela (malgré de très bons jeux), les allergiques à l’humour et à l’esthétique de South Park passeront naturellement leur chemin. Mais que tous les joueurs s’intéressant de près ou de loin à la série restent dans la salle. Ça va commencer.

Vous allez réapprendre le sens du mot "épique".
Vous allez réapprendre le sens du mot “épique”.

Beau comme un vélo SUPER DINGO

La première claque est visuelle. Si l’esthétique de la série n’a pas de quoi faire pâmer les plus grosses cartes de chez Nvidia, le respect de tous les codes graphiques est tel que le joueur se retrouve littéralement catapulté dans un épisode. Le héros, qu’on vous demande de créer en deux temps trois mouvements, se retrouve hagard, comme vous, dans une ville aussi fidèle que l’originale. Oui, South Park est beau. On sent rapidement qu’un véritable travail a été accompli, et on commence à déambuler le sourire aux lèvres. Cette première impression aurait pu être ternie par un mauvais doublage, mais TOUTES les voix répondent à l’appel, hélas pas dans la langue de Molière. C’est dommage… pour une fois qu’on les veut ! Les sous-titres restent de très bonne facture.

Un gameplay au poil de…

Dans mon imaginaire de joueur, un jeu estampillé South Park ne rimait pas spécialement avec JRPG. C’était d’ailleurs une de mes plus grandes craintes, moi qui étais loin d’être un amateur de ce type de gameplay. Pourtant, après 22 heures de jeu (nombreuses petites quêtes comprises), jamais un choix ne s’était imposé avec tant de clarté. En reprenant les codes de jeu d’un Paper Mario médiéval, incluant les combats au tour par tour, l’utilisation de potions et le choix du bon équipement, ce Bâton de la Vérité installe le terrain propice à la loufoquerie de ses créateurs. Les haches se voient remplacées par des godemichets, les potions par des tacos et les sorts par des pets dantesques.

Pourtant, le joueur se rend vite compte que ces combats ont bénéficié d’une véritable attention et ne servent pas qu’à segmenter des cinématiques dignes des meilleurs épisodes de la série. Les ennemis sont plus ou moins sensibles à certaines armes ou magies, et la possibilité de switcher votre acolyte (Cartman, Butters, Kyle, Stan…) ajoute une dimension tactique supplémentaire aux affrontements. L’inventaire, certes un peu brouillon, conserve un ton humoristique, notamment par le biais d’une page Facebook désopilante.

La femme de Hankey est fidèle à elle-même !
La femme de Hankey est fidèle à elle-même !

Les puristes feraient mieux de jouer tout de suite au plus haut niveau de difficulté, car le challenge reste relativement accessible. Les autres se prendront définitivement au jeu, et pourraient même aller fureter du côté des plus grands ténors du genre. La preuve, après une vanne bien sentie, il m’arrive désormais de crier à la rédac  « et bim, tu as perdu 2200 PV d’un coup » ! Et ça, il fallait le faire. Un véritable compliment pour un jeu coup d’essai.

Ce détournement débile et simpliste de tous les éléments de la vie réelle arrive avec brio à recréer l’imagination fertile d’un enfant de dix ans. C’est ainsi qu’un combat contre un clochard fou, armé d’un ballon de basket « taché de merde » (s’il vous plait !) arrive à embrasser la dimension épique des plus grands boss de Donjons & Dragons. Trey Parker et Matt Stone s’amusent d’ailleurs à parodier le jeu vidéo, en se moquant ouvertement de ces infernales collectes de clé, ou de ces grands méchants… qui arrivent au moment où on s’y attend. Jouissif.

Enfin un jeu qui pose les vraies questions.
Enfin un jeu qui pose les vraies questions.

“Je vous emmerde, et je fais le jeu que je veux”

Les joueurs ne connaissent que trop bien l’industrie du jeu vidéo, et sa merveilleuse machine à détruire les licences cinématographique ! Pour tout vous dire, conserver le ton sulfureux de South Park dans un jeu vendu sur le continent européen me paraissait quasiment impossible. La censure a d’ailleurs frappé sur nos terres. Mais nul ne doute que les joueurs consoles se serviront de Youtube pour apprécier ces moments injustement supprimés. Passé ce désagrément, South Park reste un des titres les plus irrévérencieux auquel il m’ait été donné de jouer depuis quelques années. Pas simplement par la présence d’une classe « Juif » dès le début du jeu, mais par sa volonté sans cesse renouvelée de respecter son héritage excrémentiel, et son rôle de poil à gratter. Que vous combattiez d’effrayantes vaches nazies, ou que vous déambuliez dans le rectum de Monsieur Esclave, les références sont tellement nombreuses qu’elles transpirent l’envie du travail bien fait. Ce fan service est tellement appuyé que les quelques figures absentes, comme Kukrapok ou les mystérieux Jakovasaures, se dévoilent lors des temps de chargement.

Obsidian a réussi le pari de conserver toute l'ambiance de la série.
Obsidian a réussi le pari de conserver toute l’ambiance de la série.

Les joueurs qui picoreront avec délectation ces multiples clins d’œil prendront un pied d’enfer sur ce Bâton de la Vérité. Alors, si vous savez bien que Barbara Streisand est en fait un robot géant, et que les Marklors utilisent le terme Marklor pour toute sorte de Marklor, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Les autres riront un bon coup, et c’est déjà une excellente raison pour tenter l’aventure.

On pourrait reprocher une trop grande facilité ou une durée de vie un peu moyenne à South Park : The Stick of Truth. Oui, on pourrait. Mais on préfère se dire que c’est le plus bel hommage que des passionnés puissent faire à leurs fans. Irrévérencieux, hilarant et plus profond qu’il n’en a l’air, le titre d’Obsidian ferait sourire les plus pète-sec d’entre nous. Et c’est tout à fait ce qu’on lui demandait. Allez-y, « ça troue le cul. » !

Testé sur PC. Disponible sur PS3 et Xbox 360.

Notre avis

Passionné

9 / 10