Il y a un test qui se fait toujours en premier avec un tracker Bluetooth : poser le sac quelque part, s’éloigner de quelques mètres, et ouvrir l’application. Avec le Xiaomi Tag accroché à la bandoulière, la réponse est quasi immédiate. La carte s’actualise, le point bleu se place, et on retrouve le sac sans avoir à tourner en rond. Pour 19,99 euros, c’est difficile de ne pas être impressionné, jusqu’à ce qu’on se souvienne que l’AirTag 2 fait la même chose avec une flèche qui pointe exactement dessus, à quelques centimètres près. C’est là que tout le débat autour du Xiaomi Tag se concentre.
Ce qu’on reçoit pour 20 euros
Le Xiaomi Tag est petit, léger, et sobre à un degré presque radical. Dix grammes sur la balance, 46,5 x 31 x 7,2 mm dans la poche, un châssis plastique blanc avec un liseré métallique qui lui donne un peu de tenue. Il y a un trou pour un anneau ou une dragonne, un bouton physique sur le dessus, et c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire sur le design. Ce n’est pas laid, c’est simplement fonctionnel, sans chercher à impressionner.
La certification IP67 est là, ce qui signifie qu’une pluie soudaine ou une chute dans une flaque ne mettra pas fin à l’aventure. La batterie est une CR2032 standard, remplaçable en quelques secondes et disponible dans n’importe quel supermarché. Xiaomi annonce une autonomie d’un an sur la base de quatre recherches sonores par jour, un chiffre raisonnable qui, dans la pratique, veut surtout dire qu’on n’y pense plus pendant douze mois. L’application “Localiser” de Google, prévient quand le niveau est bas, ce qui évite la mauvaise surprise.
Le vrai argument : deux réseaux, pas un
Ce qui distingue concrètement le Xiaomi Tag de la plupart de ses concurrents, c’est sa compatibilité simultanée avec Google Find Hub et Apple Find My. Dans la pratique, on choisit l’un ou l’autre selon son écosystème, les deux réseaux ne fonctionnent pas en même temps, mais la flexibilité est réelle. Un foyer mixte iOS/Android peut acheter le même tracker pour tout le monde. Et surtout, sur Android, le Tag s’appuie sur le réseau Find Hub de Google, qui agrège l’ensemble des appareils Android dans les environs pour localiser l’objet perdu. Avec Android qui représente plus de 70 % du marché mondial des smartphones, c’est un réseau de détection particulièrement dense en milieu urbain.
En utilisation quotidienne sur Android, la localisation Bluetooth est précise et réactive. Clés posées dans une autre pièce, sac laissé sous un bureau, dans les deux cas, l’application affiche une position cohérente en quelques secondes, sans délai notable. Le Tag fait ce pour quoi il est conçu, et il le fait bien dans ce périmètre-là.
Il y a un bémol qu’on ne peut pas ignorer : le son. Le buzzer piézoélectrique intégré fonctionne, il se déclenche depuis l’application “Localiser” de Google, et il permet de localiser un objet à portée de voix. Mais le volume est insuffisant. Dans une pièce calme, ça suffit. Dans un sac un peu rembourré, entre deux couches de tissu, le son est étouffé au point de nécessiter de tendre l’oreille. Un AirTag dans les mêmes conditions s’entend depuis le couloir. C’est un détail qui ne gêne pas au quotidien, mais qui peut devenir frustrant précisément dans les moments où on en a le plus besoin, quand les clés ont glissé sous un coussin et qu’on est pressé.
Le point qui fâche : l’absence d’UWB
Le Xiaomi Tag repose exclusivement sur Bluetooth 5.4 et NFC pour la localisation. Pas d’ultra-wideband. Ce choix n’est pas anodin : l’UWB est la technologie qui permet à l’AirTag 2 d’afficher une flèche directionnelle en réalité augmentée, guidant l’utilisateur à quelques centimètres près jusqu’à l’objet perdu. Sans UWB, le Xiaomi Tag s’arrête à une approximation, l’application indique que l’objet est proche, la carte montre une zone, et c’est au Bluetooth et au buzzer de prendre le relais pour les derniers mètres.
La raison de cette absence est en partie technique et en partie structurelle. Apple ne permet pas à des trackers tiers d’utiliser l’UWB dans son réseau Find My, seul l’AirTag bénéficie de cette intégration. Proposer un tracker compatible Find My avec UWB n’est donc pas possible dans l’état actuel des choses. Côté Android et Find Hub, la contrainte n’existe pas, mais intégrer une puce UWB aurait mécaniquement fait grimper le prix au-delà du positionnement budget que Xiaomi cherche à tenir. La marque a confirmé qu’une version UWB est en développement. Elle coûtera probablement plus cher, et positionnera le tracker sur un autre segment.

L’AirTag 2 est vendu 29 euros en France. Le Xiaomi Tag est à 19,99 euros, soit 10 euros de moins, ce qui représente une petite économie. Sur un achat unique, la différence est symbolique. Sur un pack de quatre, elle devient concrète : 59,99 euros contre environ 109 euros pour quatre AirTags. A noter que pour son lancement, le Xiaomi Tag est disponible dès 14,99 euros.
Mais ce que l’AirTag 2 apporte en plus, vous l’aurez compris, c’est la précision UWB, un son nettement plus fort, et l’intégration native dans l’écosystème Apple avec l’application Localiser. Ce que le Xiaomi Tag apporte en contrepartie, c’est la compatibilité Android Find Hub, le prix, et une batterie CR2032 standard là où l’AirTag utilise également une CR2032, donc match nul sur ce point. Pour un utilisateur Android, le choix est simple : l’AirTag n’est pas une option viable, le réseau Find My sur Android restant beaucoup moins dense et moins bien intégré. Pour un utilisateur iOS, la question mérite d’être posée honnêtement : est-ce que 10 euros justifient de renoncer à la précision UWB ? Dans la majorité des cas d’usage, non.
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