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[Test] Sony XH9505 : quand le LCD talonne l’OLED

Téléviseur

Par Remi Lou le

Avec sa série XH9505, Sony pousse toujours plus loin la technologie LCD, et souhaite prouver que les écrans OLED ou QLED ne sont pas nécessairement meilleurs. Nous avons pu tester le modèle de 65 pouces durant plusieurs semaines, voici notre test !

C’est en cette période bien particulière que Sony vient de lancer sa série de téléviseurs haut de gamme XH9505. Celle-ci est déclinée en cinq versions, de 49 à 85 pouces, et nous avons eu la chance de pouvoir mettre la main sur la version 65 pouces du téléviseur, vendu 1 999 euros. Confiné, on a eu le temps de se pencher en détail sur ce téléviseur haut de gamme, qui continue de faire progresser la technologie LCD… jusqu’à rivaliser avec l’OLED ? Verdict !

Où l’acheter ?

Design : sobre et élégant

Dès l’arrivée du téléviseur, nous avons été surpris par un packaging extrêmement bien pensé. Même seul, je suis parvenu à installer très facilement le téléviseur de 65 pouces grâce à des instructions claires et bien pensées qui ne nécessitent à aucun moment de libérer la dalle dans le vide pour y installer les pieds. Ceux-ci viennent s’insérer très facilement sous le téléviseur, toujours maintenu par d’épais blocs de polystyrène. Le tout s’avère très solide, et inspire confiance.

Passé ce premier contact, une fois installé, on se retrouve donc face à cette grande dalle noire aux bordures très fines, avec ses pieds disposés de manière à pouvoir poser l’écran sur un meuble plus petit. Premier bon point : le téléviseur est suffisamment surélevé pour pouvoir y installer une barre de son, pour les plus tatillons, même si (nous le verrons plus tard) le système audio de la Sony XH95 s’avère plutôt correct. Rien d’original en matière de design, donc, mais comme toujours chez Sony, on bénéficie d’une qualité d’assemblage irréprochable, avec un look qui reste toujours très sobre et plutôt classieux. Le tout respire définitivement la solidité, sans les fioritures parfois un peu cheap dont ses concurrents peuvent parfois abuser. Une chose est sûre : la Sony XH95 parviendra à se faire oublier, mais surtout à monopoliser votre attention une fois allumée de par sa qualité d’image absolument fantastique.

Image & Son : LCD, le choix de la raison ?

Bien évidemment, ce qu’on veut avant tout savoir concernant un téléviseur comme celui-ci, cela reste bien sûr la qualité d’image proposée. À ce niveau, la Sony XH95 nous a vraiment bluffé. Certes, il s’agit d’une dalle LCD, une technologie qui peut aujourd’hui paraître dépassée face au QLED de Samsung (qui n’est finalement rien d’autre que du LCD « amélioré ») et surtout, face à l’OLED. Si on ne bénéficiera donc pas de noirs aussi profonds que sur un écran OLED, la différence est vraiment peu perceptible, sauf si l’on place un autre téléviseur OLED aux côtés de cette Sony XH95 (ce qui n’arrivera probablement jamais, avouons-le). Dans les faits, les noirs sont suffisamment profonds grâce à sa dalle 10 bits Full Array LED composée de multiples zones lumineuses. Cela permet un pilotage du rétro-éclairage de manière extrêmement précise, et donc, un contraste élevé sur les zones sombres, sans pour autant assombrir les zones claires. La gestion du HDR est, de ce fait, excellente, grâce à la technologie X-tended Dynamic Range. On remerciera pour cela le travail formidable accompli par Sony avec son processeur X1 Ultimate, intégré à la XH95. Contrairement à la plupart de ses concurrents, Sony n’a pas tellement axé sa communication autour de la puissance de celle-ci, malgré ses énormes qualités (c’est la même qu’on retrouve dans les téléviseurs 8K de Sony, notamment). Cette puce permet également un mappage net et précis des couleurs, permettant de bien détacher le sujet d’un arrière-plan, sans bavures, par exemple, mais permet aussi au téléviseur d’upscaler les contenus en UHD de manière particulièrement efficace. Notons par ailleurs que le téléviseur est aussi bien compatible avec les normes HDR10, HLD ou encore Dolby Vision. Pas d’HDR10+, en revanche.

Crédits : Sony

L’autre avantage qu’on attribue souvent à l’OLED, c’est également ses angles de vision bien meilleurs, en théorie, que sur du LCD. À ce niveau, Sony est vraiment parvenu à gommer totalement ce défaut inhérent aux dalles LCD avec sa technologie X-Wide Angle, qui permet de profiter d’angles de vision extrêmement larges. Dans les faits, on peut littéralement se placer à presque 90° tout en ne notant qu’une très légère dégradation du rétro-éclairage. C’est donc un téléviseur qui sera particulièrement adapté aux pièces assez larges, dans lesquelles les fauteuils et autres canapés ne sont pas nécessairement disposés pile face à la TV, ou tout simplement pour profiter de ses contenus en famille. Finalement, le choix du LCD s’avère clairement pertinent, puisqu’en plus de gommer la majorité des défauts de ce type de dalle, cette technologie offre une luminosité bien plus conséquente que l’OLED. C’est particulièrement le cas sur la Sony XH95, qui offre un niveau de rétro-éclairage très puissant, sans pour autant se révéler trop extrême, comme peut parfois l’être le QLED de Samsung, par exemple. Aussi, on note que le capteur de luminosité du téléviseur s’avère particulièrement efficace, ou plutôt extrêmement transparent, puisqu’on n’a détecté à aucun moment des chutes brusques et visibles de luminosité.

Placé ainsi, même le chat est capable de profiter de l’image du téléviseur

Si les plus exigeants investiront (ou ont déjà investi) dans une barre de son, on note que Sony a particulièrement soigné le système audio de ce XH95. Certes, on bénéficie d’un système sonore plutôt classique composé de deux enceintes de 10W et deux de 5W situés en bas et en haut de l’écran, mais c’est bien la technologie Acoustic Multi-Audio contenue dans le téléviseur qui parvient à améliorer le rendu. Celle-ci impose une calibration à la configuration du téléviseur, et lui permet de calibrer le rendu sonore en fonction de l’environnement. Pour cela, le téléviseur envoie des sons (assez forts) dans tous les sens, puis parvient à capter les sons grâce aux microphones contenus aussi bien dans le produit que dans la télécommande. Cela permet au téléviseur d’adapter son rendu sonore à la pièce dans laquelle il se trouve, et ainsi de proposer une immersion accrue. On doit avouer que le résultat est plutôt satisfaisant, avec un son bien directif et plutôt profond. Certes, on n’est pas au niveau d’enceintes, même simples, et plutôt loin du rendu d’une barre de son, mais cette option a le mérite d’exister et de permettre au téléviseur de proposer, « out-of-the-box », une solution sonore très décente.

Interface : Android TV, sinon rien !

Du côté de l’interface, Sony a privilégié Android TV et non une solution maison comme Samsung ou LG, par exemple. Cette solution a le mérite d’être parfaitement prête à l’emploi, avec une interface plutôt claire et simple à appréhender, malgré son côté un brin austère. Surtout, on se retrouve d’emblée avec le catalogue d’application le plus complet du marché. Ainsi, on retrouve aussi bien Netflix que Disney+ (depuis le premier jour), mais aussi Amazon Prime Video, MyCanal, Molotov, OCS… Bref, tout l’essentiel afin de profiter du maximum de contenu sur le téléviseur. Android TV oblige, on retrouve également l’intégration de Google Assistant nativement sur la Sony XH95. L’avance de l’assistant maison de la firme de Mountain View n’est vraiment plus à prouver, et c’est un bonheur de le retrouver sur un téléviseur sur lequel il est bien moins aisé de taper du texte pour chercher un contenu précis, par exemple. Mais si les utilisateurs d’Android profiteront d’un écosystème plutôt complet, Sony n’oublie pas pour autant les utilisateurs d’iPhone ou autres produits Apple, puisque la Sony XH95 dispose également d’AirPlay 2, afin de streamer ses contenus très facilement depuis ses appareils iOS/macOS. En ce qui concerne la télécommande, elle s’avère très jolie avec son aluminium brossé, complète, ergonomique et plutôt bien pensée. Petit plus : le rétro-éclairage s’active seulement lorsque vous bougez la télécommande, afin de ne pas consommer les piles trop rapidement.

Quant aux menus maison de Sony, ils sont globalement bien pensés et offrent toutes les options de personnalisation dont pourraient avoir besoin un utilisateur. On retrouve également quelques raccourcis plutôt utiles afin de régler rapidement la luminosité manuellement, ou encore sélectionner un mode d’image différent, si jamais le téléviseur ne le fait pas de manière automatique. Mais il faut bien avouer que ces réglages automatiques de Sony sont si bons que vous n’aurez pas vraiment à aller chercher dans les menus pour désactiver telle ou telle fonction. Le plus tatillons pourront toujours jouer avec les différents paramètres (mode expert) mais la faculté de la télévision à proposer un rendu propre et homogène en toute circonstance, plutôt que de trop en faire quitte à dénaturer l’image d’origine, fait qu’on n’a pas besoin de s’aventurer sans cesse dans les réglages. Et c’est peut-être ça, la vraie force de cette Sony XH95.

Ou l’acheter ?

Notre avis

Alors que les constructeurs se livrent une bataille pour faire triompher leurs technologies d’écrans, et que chacun vante les performances de leurs puces maison, Sony débarque avec un téléviseur à écran LCD simple, mais diablement efficace. Ici, pas de course aux performances (et pourtant, il pourrait avec son processeur X1 Ultimate) ni de look extravagant. Le japonais mise encore une fois sur la sobriété, les fonctions qui profiteront à l’expérience utilisateur, et sur une qualité d’image la plus fidèle possible à la source d’origine, et… ça marche, tout simplement. Avec une gamme bien étagée s’étalant de 49 à 85 pouces, le constructeur propose une offre complète qui satisfera jusqu’au plus exigeant, avec une maîtrise poussée du matériel. À moins que vous ne puissiez vraiment plus vous passer des noirs infinis de l’OLED, les téléviseurs de la série XH9505 de Sony vous combleront à coup sûr.

8 / 10
Les plus
Les moins
  • Qualité d'image
  • Couleurs fidèles
  • Look sobre et élégant
  • Android TV, AirPlay 2 et Google Assistant
  • Prix un peu élevé
  • Système d'analyse sonore un brin gadget
  • Gare aux reflets !