Les X-Men reviennent sur nos écrans, deux ans après un Days of future Past qui avait mis tout le monde d’accord. Comme depuis 2011 et la nouvelle trilogie débutée par Matthew Vaughn, nous les retrouvons donc dans une histoire qui se déroule chronologiquement avant la trilogie originale. Cette fois encore, c’est le « papa » des mutants qui est au commande, un certain Bryan Singer, a qui l’on doit notamment les épisodes de 2000 et de 2003. Mais, à la différence des films classiques que l’on a pu voir jusqu’à aujourd’hui, cet Apocalypse nous promettait plus de noirceur, un rythme différent et surtout, LE plus grand méchant jamais affronté par les X-Men. Pour un résultat salvateur ?

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Mais on est où là ?

X-Men : Le commencement nous évoquait les années 60 et la guerre froide. Sa suite spirituelle, Days of future Past, se passait elle dans les années 70 avec comme trame de fond les accords de Paris. C’est donc avec une certaine logique que nous nous retrouvons en plein coeur des années 80 pour ce troisième épisode. Le film débute en posant ses fondations et en nous expliquant où nous allons nous situer mais surtout, qui les mutants vont devoir affronter. On découvre alors Apocalypse, tout premier mutant de l’humanité, considéré comme un véritable Dieu et qui possède de nombreux pouvoirs, comme le fait de pouvoir augmenter les capacités de ses semblables. Malheureusement, alors qu’il compte prendre possession du corps d’un autre mutant (incarné par Oscar Isaac) lors d’une cérémonie se déroulant en Egypte antique, un évènement va le pousser à tomber dans une sorte de coma et à être enterré six pieds sous terre. Plusieurs milliers d’années plus tard, il se réveillera, découvrant un nouveau monde et souhaitant toujours régner dessus avec les autres mutants.

Pour éviter la fin de l’humanité, les X-Men n’auront d’autre choix que de s’unir pour tenter de venir à bout d’un des ennemis les plus puissants et coriaces qu’ils aient combattu jusqu’alors. Sur le papier, X-Men : Apocalypse se veut donc assez classique et n’a d’autre prétention que de nous présenter un combat titanesque, un peu à l’image que ce que prépare Marvel avec l’arrivée future de Thanos contre les Avengers. Car vous l’aurez compris, Apocalypse est bien plus puissant que nos héros. Mais cette trame de fond, simpliste, se développe avec facilité sous nos yeux et a l’avantage de nous réserver son lot de surprises. On découvre ainsi ce qu’est devenu Magneto, après son attentat raté contre le Président des Etats-Unis dans l’épisode précédent mais aussi comment Charles-Xavier tente de faire évoluer son école pour surdoués. On en sait plus sur les origines de la saga de base et sur des personnages importants comme Jean Grey, Tornade, Cyclope ou Diablo qu’on (re)découvre avec grand intérêt. Mystique a également une grande importance, une fois encore, dans cet épisode, bien plus que dans la trilogie originale et son personnage garde une part de mystère qui sied d’avantage au scénario. Notons également le retour de Quicksilver, incarné par Evan Peters, qui est toujours aussi hilarant et badass à souhait.

Vous l’aurez donc compris, cet X-Men propose un grand nombre de personnages à l’écran. Mais, encore faut-il réussir à les réunir sans que cela paraisse brouillon. Cela tombe bien, de ce côté-là, le film ne tombe pas dans la surenchère et réussi à donner son quart d’heure de gloire à tout le monde, ne négligeant pas les seconds rôles et ne surcotant pas les principaux héros.

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Un rythme différent, des effets spéciaux époustouflants

Ce qui m’a marqué dans le long-métrage de Bryan Singer, c’est son rythme, beaucoup plus calme qu’à l’accoutumé. Ne vous attendez pas à des séries de batailles spectaculaires les unes après les autres, non. Le film a l’intelligence de développer ses passages, nous proposant par ailleurs de larges plans permettant au spectateur de s’immerger au sein des décors et des personnages qui les composent. L’utilisation des champs et des contre champs m’a d’ailleurs paru de qualité, bien que parfois assez inégale, mais avec comme grand objectif de nous permettre d’accompagner du regard chaque élément important à l’écran.

X-Men : Apocalypse est différent de tout les films de super-héros que l’on a pu voir jusqu’à maintenant dans le sens où il est plus proche d’un film de catastrophe que de la réalisation super-héroïque classique. Singer s’est très certainement librement inspiré de longs-métrages récents comme San Andreas ou 2012 et il n’est pas très surprenant d’apprendre que le Directeur artistique, Ravi Bansal, travaille également sur un autre film du même genre : Independance Day Resurgence. Il y a un véritable côté Emmerichien dans cet Apocalypse qui fera le bonheur des amoureux d’effets spéciaux spéctaculaires et dévastateurs. L’image est d’une grande beauté, alternant les décors urbains et les plaines désertiques, faisant voyager le spectateur entre la Pologne, l’Egypte et les Etats-Unis.

Néanmoins, tel un diamant brut qui a besoin d’être peaufiné, X-Men : Apocalypse n’est pas parfait. Il se perd parfois dans les méandres scénaristiques dont il fait preuve, forçant le public à hésiter entre joie et consternation, rire et désaprobation. En cela, Bryan Singer a pris un risque, tentant de se différencier de tout ce que l’on a pu voir jusqu’à maintenant et prenant le parti osé de réunir plusieurs genres pour en créer un : le film de héros catastrophe. Personnellement, j’ai adhéré à ce parti pris, préférant féliciter la nouveauté plutôt que d’enterrer ses quelques défauts.

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Un casting 5 étoiles

Michael Fassbender (Magneto), James McAvoy (Charles-Xavier), Jennifer Lawrence (Mystique), Oscar Isaac (Apocalypse), Sophie Turner (Jean Grey), Nicholas Hoult (Le Fauve), Rose Byrne (Moira MacTaggert),…

Voilà un résumé des acteurs qui vous attendent dans ce nouvel épisode. Mais sans jouer les surenchères, le film a l’intelligence d’attribuer les répliques dans le bon tempo et de permettre à tous les acteurs d’avoir leur quart d’heure de gloire. Comme à leur habitude, Magneto et Charles-Xavier prennent souvent les devants et leur relation est parfaitement géré par Fassbender et McAvoy qui connaissent bien les ficelles de leurs rôles. Tous les seconds-rôles s’intègrent bien dans l’univers des X-Men et on est heureux de retrouver Jennifer Lawrence, toujours aussi juste en Mystique. Bonne surprise avec la rafraichissante Sophie Turner, que le monde a découvert dans Game of Thrones, et qui campe une Jean Grey jeune et qui ne maitrise pas totalement ses pouvoirs. Evan Peters, qui incarne Quicksilver, est encore une fois explosif et l’un de ses passages restera certainement dans les mémoires.

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Néanmoins, petite décéption pour Oscar Isaac, excellent dans Inside Llewyn Davis mais que le monde a découvert dans le dernier épisode de Star Wars. Un peu trop caché par le maquillage et son costume, l’acteur de 36 ans ne donne pas entière satisfaction dans le rôle d’Apocalypse, censé être LE grand méchant de l’univers X-Men. On s’attendait à être boulversé par son personnage qui devait nous montrer à quel point il est puissant et machiavélique, mais on finit presque par s’attrendrir pour lui, ce que n’était clairement pas le but recherché. Dommage, surtout qu’il a un rôle essentiel dans le film.

Notons enfin la présence (presque) surprise de Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine qui nous fait un caméo de près de dix minutes tout de même. C’est toujours avec un grand plaisir que l’on retrouve l’acteur australien qui efface, en quelques instants, son passé dans le film centré sur ses origines. Je ne peux pas vous en dire plus et je vous laisse découvrir par vous-même…

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Conclusion :

X-Men : Apocalypse est surprenant, dans le bon sens du terme, mais ne plaira pas à tous les publics. Film plus orienté catastrophe mais n’oubliant pas ses origines, la réalisation de Bryan Singer est une agréable surprise. Elle nous permet d’en apprendre plus sur le passé de nombreux personnages et de développer les relations entre ceux que l’on connait depuis quelques années désormais. Visuellement bluffant, le long-métrage en décontenancera certains par son rythme étrange et le manque de vivacité de quelques passages. Il n’en reste pas moins un blockbuster de qualité sur nos mutants préférés qui devrait plaire aux nombreux fans Marvel.

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