Le réseau social est chafouin de n’avoir droit de cité dans l’Empire du Milieu. Les autorités chinoises reprochent à Facebook la trop grande liberté d’expression offerte par sa plateforme. Une liberté incontrôlable. Alors, Facebook a sorti sa boite à outils pour remédier à cela.

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Facebook plie, mais ne rompt pas. Il plie, voire il ploie, devant les autorités chinoises et ses milliards de nouveaux membres potentiels.

Facebook développe actuellement un outil qui supprime les publications visibles dans le fil d’actualité de certains membres situés dans une zone géographique désignée, rapporte le New York Times.

Facebook est interdit en Chine depuis 2009

Une initiative que beaucoup interprètent comme un premier pas vers le retour du Facebook en Chine, alors que le réseau social est interdit depuis 2009. Une nouvelle qui a créé des remous au sein de la société : « plusieurs employés » aurait ainsi démissionné en signe de protestation après avoir travaillé sur cet outil, précise The Verge.

The Social Network

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Après l’épisode polémique sur le rôle de Facebook dans les élections américaines, c’est la deuxième fois en peu de temps que le réseau social doit subir la fronde de ses employés.
Pourtant, Facebook censure déjà du contenu sur demande des autorités gouvernementales dans de nombreux pays dont le Pakistan, la Russie, la Turquie ou encore la France, selon les lois en vigueur dans chaque pays. Mais l’outil aujourd’hui en développement empêche les publications apparaître sur le fil d’actualité. La société de Menlo Park externaliserait l’application de cette censure à une tierce partie.

Un outil de censure du fil d’actualité

Google s’est également plié à la volonté du gouvernement chinois en confectionnant un moteur de recherche qui respecte les desiderata de censure des autorités. Mais le géant californien a préféré faire ses valises en 2010 après plusieurs cyberattaques apparemment soutenues par un État.

En mars dernier, Mark Zuckerberg avait fait tomber le hoodie pour rencontrer les autorités chinoises, dont le chef de la propagande (oui, c’est bien son titre). Les officiels lui avaient alors rappelé l’importance d’une gouvernance de l’internet « avec des caractéristiques chinoises ». Une référence à peine voilée à la censure et la surveillance politique exercée en Chine.

« Construire un « monde meilleur dans le cyberespace » avec la Chine

Footing pour Mark Zuckerberg e visite en Chine - crédits- Facebook

Footing pour Mark Zuckerberg de visite en Chine – crédits- Facebook

Une « caractéristique chinoise » faite outil par Facebook, qui avait alors promis aux autorités de travailler de concert pour « construire un monde meilleur dans le cyberespace ».
Menlo Park s’est toujours défendu d’être un média, pourtant de nombreux internautes utilisent la plateforme pour s’informer. Après la controverse Trump, Facebook a annoncé des mesures pour lutter contre la désinformation sur sa plateforme et s’attaquer aux sites de fausses actualités.

La création d’un tel outil vient en contradiction avec la déclaration du PDG de Facebook expliquant qu’il veut que « les gens aient une diversité d’informations » sur le réseau social.

Cette initiative qui pourrait donner des idées à d’autres régimes tout aussi soucieux de faire appliquer leurs propres « particularités» à Facebook.

Mais le Times rappelle que cet outil est l’une des approches étudiées par Facebook et qu’il pourrait tout aussi bien ne jamais être introduit.

« Nous avons longtemps affirmé que nous étions intéressés par la Chine, nous prenons le temps de comprendre et d’en apprendre plus sur ce pays, a expliqué un porte-parole de Facebook à The Verge. Cependant, nous n’avons pris aucune décision sur notre approche de la Chine. Nous nous efforçons désormais d’aider les entreprises et développeurs chinois à se développer sur de nouveaux marchés en dehors de la chine en utilisant notre plateforme publicitaire ».

Il sera donc intéressant de surveillance les prochaines activités chinoises de Facebook.

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