Démarchage téléphonique : une pétition lancée pour interdire ce “fléau”

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Par Felix Gouty le

Plusieurs associations de consommateurs dont l’UFC-Que-Choisir, veulent en finir une bonne fois pour toutes avec le démarchage téléphonique. Elle estime que les solutions pour contrer cette pratique marketing parfois abusive sont inefficaces.

En août 2018, l’association UFC-Que-Choisir révélait dans un sondage que 9 Français sur 10 jugeaient les appels de démarchage ou prospection téléphonique “trop fréquents” et “agaçants.” Aujourd’hui, avec plusieurs autres associations de consommateurs, elle lance une pétition pour “interdire ce fléau.” Depuis de nombreuses années, des entreprises d’assurance, d’immobilier ou encore de fournisseurs d’énergie appellent des particuliers pour leur proposer des offres commerciales. Elles puisent leurs numéros dans les annuaires téléphoniques, en partie fournis par les opérateurs. Cette pratique de démarchage – aussi effectuée par SMS ou mail – peut parfois devenir abusive. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement français a mis en place depuis 2016 un système de liste appelé BlocTel. Une fois un numéro inscrit sur cette liste, il est théoriquement protégé de toute possibilité de démarchage pendant au moins trois ans.

Cependant, dans une interview donnée à France Info, Alain Bazot, le président d’UFC-Que-Choisir, juge cette solution “inefficace” et rappelle qu’elle présente de multiples failles. En effet, certaines entreprises profitent de dérogations leur permettant de contourner l’effet d’opposition normalement obtenu avec BlocTel. Par exemple, une entreprise déjà liée à tel particulier est autorisée à contacter ce dernier pour lui proposer d’autres offres. Ce que dénonce surtout Alain Bazot, au travers de cette nouvelle pétition d’UFC-Que-Choisir, c’est le principe du système d’opposition : “aujourd’hui, vous êtes supposés être d’accord si vous ne faites pas une démarche pour dire non.” Il veut donc favoriser, à l’inverse, un principe de refus de démarchage par défaut. Cela correspond au système de consentement obligatoire, renforcé par les nouvelles réglementations européennes établies par le RGPD, concernant notamment les SMS publicitaires, les cookies Internet ou les newsletters. Depuis août 2019, l’Arcep (autorité de régulation des télécoms) a mis en place un nouveau cadre réglementaire pour limiter le démarchage téléphonique, en plus du système BlocTel. Celui-ci interdit aux centres d’appel situés à l’étranger d’effectuer des appels téléphoniques à l’aide de numéros français, jugés “trompeurs” par les particuliers ciblés. Lors de son lancement, cette mesure avait été néanmoins qualifiée “d’insuffisante” par l’UFC-Que-Choisir.