Test : Ultimate Marvel vs. Capcom 3

Par Valentin - Yamato le

Alors que Street Fighter IV va connaitre sa 4ème version le 13 décembre avec Arcade Edition Ver. 2012, Capcom ose et nous balance la première grosse mise à jour du démentiel Marvel vs. Capcom 3. Baptisé Ultimate Marvel Vs Capcom 3, le jeu débarque seulement 9 mois après son grand frère et il faut repasser à la caisse pour profiter de tout ce que Capcom a implémenté. Autant dire que pour certains, la pilule est difficile à avaler. Cependant l’éditeur semble avoir fait l’effort de fournir un contenu assez dense pour justifier les 40 euros que vous devrez débourser afin de mettre la main sur le titre. Alors, Ultimate Marvel VS Capcom 3, DLC honteusement maquillé comme une voiture volée ou nouvelle version complète salade tomate oignon ? Et bien un peu des deux mon colonel, et pour moi ce sera sauce blanche, harissa.



« Yo dawg, i heard you like Xfactor »

Pour les nouveaux qui débarquent en cours de route, Marvel VS Capcom 3 signait le retour improbable 11 ans plus tard d’un jeu de combat mélangeant super héros du studio Marvel et personnages emblématiques de chez Capcom, ainsi il était possible de voir Iron Man se fritter avec Zero, le tout dans une débauche d’attaques démesurées, avec des furies qui remplissaient l’écran, via des matches en équipe de 3 contre 3 avec la possibilité de switcher entre ses personnages à tout moment, y compris pendant un combo, ou bien de les mettre à contribution pour venir vous assister et taper à plusieurs sur l’adversaire. On pouvait compter sur 38 personnages plus 2 en DLC. Cependant, le jeu avait beau être fun, facile d’accès mais en même temps profond et fouillé, il n’en souffrait pas moins de quelques défauts irritants, certains personnages étaient bien trop fort, le XFactor, cette technique activable à tout moment pour booster ses héros, était également complètement craquée, et quelques bugs étaient à noter, dont le fameux « DHC Trick » (Un bug permettant de continuer un combo en remettant à zéro le damage scaling grâce à l’intervention d’un assist, ce qui infligeait des dommages énormes au personnage qui subissait l’enchainement). Et si quelques patches étaient venus tempérer la chose (Pauvre Sentinel, qui avait vu sa barre de vie drastiquement réduite), corrigeant à droite à gauche des infinis de la blague, ajustant quelques trucs ici et la, il restait tout de même quelques soucis au coeur du gameplay.

la harissa était un peu forte.

« It’s Mag-fuckin’-neto »

Néanmoins, la question du bien fondé de sortir une version remaniée d’un jeu 9 mois plus tard se pose, déjà parce que 9 mois c’est court (un PES ou un Fifa tous les 9 mois ?), mais aussi parce que Capcom, adepte fervent de la stratégie du DLC et des suites à répétitions, semble avoir le cul entre deux chaises. Après examen du jeu, on est perdu entre le gros DLC et la mise à jour capitale. Et puis, lorsqu’on a déjà raqué 70 euros pour un jeu, devoir repayer 40 euros pour profiter de sa version 1.5 même pas un an après, ça la fout un peu mal. Et le pire, c’est que lorsqu’on lance UMVC3, on a fortement l’impression que Capcom se fout de la gueule du monde. Le plus gros reproche qu’on pouvait faire à son grand frère venait du Online : Pas de mode spectateur, pas de fonction rematch, pas de sauvegarde des replays, des chargements pour mettre à jour le pass du joueur et surtout un code réseau très moyen qui forçait à jouer avec au mieux un léger lag, ce qui est plutôt difficile à gérer dans un jeu aussi rapide que MVC3. Et bien c’est quasiment pareil qu’avant, à peu de choses près, les lobbys permettent désormais d’assister au matches des autres joueurs, le netplay est un peu plus réactif mais toujours insuffisant et … c’est tout. Bon, ok, j’oubliais, on peut jouer Galactus, wouuuuh, super. Pas besoin d’être bac +2 pour comprendre donc que Capcom fait dans le minimalisme. La refonte graphique de l’interface est sympa, mais clairement pas indispensable, on aurait aimé que le budget de cette dernière soit placé dans la résolutions des défauts d’ergonomie du jeu. On se console en attendant le Mode Heroes And Herald qui arrivera bientôt en DLC gratuit. Ce dernier proposera un système de cartes pour gonfler les compétences de ses personnages, plus d’endurance, plus de vitesse, des parrys comme dans Street Fighter 3, etc…

Hawkeye, Guillaume Tell acrobate

« OUHHHHHHHHHHHHHHHH dat combo ouh ouh »

Si UMVC3 se contente d’un service minimum façon SNCF au niveau de sa structure, il se permet quand même d’aligner un contenu assez fourni niveau gameplay : Pas moins de 12 nouveaux personnages vont rejoindre le cast. Côté Capcom, on mise sur l’original avec le loufoque Phoenix Wright, ses objections et ses recherches d’indice, le roublard Frank West, son appareil photo, ses potes zombies et ses items délirants, Firebrand la gargouille de Gargoyle’s Quest, Vergil, le frangin de Dante, Némésis, le monstre obsessionnel des STARS et Strider, le célèbre Ninja technophile qui signe son retour après une absence décriée dans MVC3. Côté Marvel, on fait du neuf avec du vieux et de l’obscur mais charismatique, avec Docteur Strange le maitre des arts mystiques, Rocket Raccoon des gardiens de la galaxie, Ghost Rider juge et bourreau, Nova le super héro galactique, Hawkeye l’archer sniper et Iron Fist le Bruce Lee aux amphet’. En plus de ces personnages, Capcom a également travaillé pour rééquilibrer les personnages déjà existant, certains se voyant gratifiés de nouveaux coups spéciaux, tandis que d’autres sont impitoyablement « nerfés » comme Phénix. Bon, ça gronde déjà sur la toute puissance d’un Wesker qui traine dans toutes les teams de bons joueurs américains, sur un Docteur Doom qui fait toujours autant le café, mais les nouveaux ne sont pas en reste : Hawkeye est redoutable avec son jeu à distance et propose des coups de base qui ouvrent sur des combos dévastateurs, Franck West et sa mécanique de leveling lorsqu’il prend des photos devient très très fort passé le niveau 3, Phoenix Wright est également assez infâme avec sa super « Objection » lorsqu’il collecte ses 3 preuves, et même Nova est un grand monsieur avec des combos qui arrachent (son Xfactor étant particulièrement fort) et des mix-ups d’enfer (les mix-ups sont des variations qui permettent de surprendre l’adversaire à partir d’un début d’enchainement qui va proposer plusieur choix, exemple avec Ryu dans Street Fighter IV, il commence avec un bas petit poing : 2 choix, faire un 2eme bas lp, ou bien varier et tenter une choppe pour surprendre l’adversaire.). De plus, il est désormais possible d’activer le Xfactor en l’air, ce qui ne manquera pas de faire plaisir aux personnages qui peuvent voler par exemple. On rajoute également 8 décors supplémentaires, qui sont des variations de ceux déjà existants, mais ça fait du bien d’avoir un peu de variété. Par contre, le sujet qui fâche : Jill et Shuma Gorath restent des persos en DLC au tarif rigolol de 5 euros chacun. Ceux qui attendaient le titre en espérant avoir le roster complet l’auront donc bien dans l’os. On passera sur les packs de costume, c’est dans l’ère du temps.

Bref, pas besoin d’épiloguer pendant des heures. Ultimate Marvel VS Capcom 3 est un excellent jeu de combat, avec un cast digne de ce nom, un gameplay accessible et fun pour les débutants et suffisamment de profondeur pour faire également plaisir aux pros du baton de joie qui pourront se plonger dans les délices des combos full life, de la tierlist et des frame datas. Et même si c’était le cas de son grand-frère, le petit dernier, avec son prix de 40 euros, saura faire plaisir aux fans du jeu, mais aussi à ceux qui n’étaient pas prêt à franchir le pas pour 70 euros, tout en offrant quelques nouveautés bienvenues. Un titre qui fera bonne figure sous le sapin à noël. Cependant, l’absence du mode de jeu Heroes & Herald à la sortie et le retour des défauts de son grand-frère est inacceptable et sent la mise à jour sortie à la va-vite, sortie qui coïncide d’ailleurs curieusement avec l’arrivée de The King Of Fighters XIII. Le jeu récolte un « Bien Foutu », mais attention tout de même monsieur Capcom, déjà Dead Rising 2 Off The Record, c’était borderline, mais la, vous poussez un peu plus loin dans les mises à niveau douteuses. Sur ce je vous laisse, j’ai trouvé un moyen de mettre en combo 2 fois la level 3 de Rocket Raccoon, il faut que j’arrive à maitriser ce combo.

Le verdict ?


Que signifie cette pastille ?

stopwatch 6 min.