L’impression 3D s’invite dans les bureaux de poste

Général

Par Jerome Durel le

Toujours dans une optique de modernisation et de multiplication de ses activités. Après la Banque Postale et La Poste mobile, La Poste lance un service d’impression 3D. Un moyen de faire revenir des clients dans les bureaux, notamment les jeunes qui ont tendance à déserter ces lieux, et aussi changer son image : « faire en sorte qu’aller dans un bureau de poste ne soit plus une obligation », nous a rapporté monsieur Bellenger, directeur du bureau de Boulogne avec qui nous nous sommes entretenus hier soir.

Lancé depuis hier dans trois bureaux, Paris La Boétie (VIIIème), Paris Bonne Nouvelle (Xème) et Boulogne-Billancourt (92). Le service a déjà rencontré un certain succès avec environ une centaine de curieux la première journée selon le directeur du bureau. On les comprend, il faut dire que Le Poste s’est donnée les moyens de réussir.

DSC03617

Les bureaux participants ont été dotés d’un espace dédié au design résolument moderne. On y trouvera trois postes dédiés à l’impression, accessibles aux personnes à mobilité réduite et une imprimante 3D Stratasys. Cette dernière ne sera d’ailleurs pas souvent utilisée, et tient plus de démonstration en réalité.

À l’extérieur

Le service a été bâti autour d’un partenariat avec la société française Sculpteo. L’avantage est de permettre l’impression dans beaucoup de matériaux, comme le traditionnel ABS mais aussi la céramique, et grâce à différentes techniques, dont certaines offrent des qualités d’impressions supérieures au dépôt de fil traditionnel. La multiplication des procédés permet également d’obtenir des pièces en couleurs. Pour en avoir vu quelques-une, la qualité est vraiment au rendez-vous.

En pratique, le client se rend dans un bureau de poste disposant d’un espace 3D et deux choix s’offrent à lui. Première option : il possède déjà un modèle de pièce qu’il souhaite imprimer, il suffit alors de brancher une clef USB contenant le modèle (la plupart des formats sont pris en charge) et de commander l’impression. La facturation se fera en fonction de divers paramètres comme la taille de l’objet, la quantité de matériau nécessaire, etc.

DSC03602

La seconde option est de naviguer dans le catalogue des pièces proposé par La Poste. Il comprend environ 60 objets, principalement de coques de protections et des bijoux pour le moment. On pourra ensuite personnaliser l’objet, taille, couleur, ajout d’une inscription, etc. Le prix variera en fonction des options. Comptez entre 20 et 35 euros environ pour une coque de protection.

Ensuite, il faudra prendre son mal en patience. Car l’objet n’est pas imprimé sur place, mais envoyé à Sculptéo qui se chargera de l’impression dans ses locaux et les renverra au bureau de poste. Objet qu’il faudra ensuite venir chercher. Il faudra environ une semaine pour récupérer son objet et deux aller-retour donc. Cela paraît un peu anachronique à l’ère d’internet et des colis à tout-va et… ça l’est.

Conseiller les clients

Fabien Monsallier, Directeur de la Stratégie au sein de la Direction Générale de l’Enseigne La Poste, estime que c’est nécessaire afin de vérifier que la pièce est la hauteur des attentes du client. C’est d’ailleurs sur cette proximité et cette notion de service qu’insiste La Poste.

C’est également pour éviter les mauvaises surprises que l’espace 3D sera en permanence supervisé par deux personnes qui pourront conseiller le client, s’assurer que le modèle dont ils sont munis sortira de l’imprimante en bon état. Ils seront capables de modifier quelques paramètres d’impressions ou ajouter des supports notamment.

DSC03606

C’est tout à leur honneur, mais on se demande tout de même pourquoi imposer aux clients, qui connaîtraient déjà l’outil, des déplacements qui ne sont pas nécessaires. Et pourquoi ne pas vérifier la qualité de l’impression et l’envoyer directement via un colis, quitte à le facturer.

Cela aurait sans doute beaucoup plus de sens pour des professionnels qui souhaiteraient simplement imprimer une maquette sans avoir à perdre du temps en trajets jusqu’au bureau de poste. D’autant plus qu’il n’existe que trois bureaux participants et qu’ils ne seront donc pas forcément situés la porte à côté.

La Poste le reconnaît, c’est une expérimentation pendant 6 mois. Elle a donc encore le temps de corriger le tir et d’ajuster son offre. On ne peut en tout état de cause que saluer la démarche.