Le Revenge porn passible de 14 ans de prison au Royaume Uni

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Par Elodie le

Depuis le scandale du celebgate, le revenge porn est revenu sur le devant de la scène. Les procureurs de la couronne britannique ont clarifié la législation en vigueur pour appliquer, dans les cas les plus graves, des peines de plus de 10 ans de prison. Une décision qu’ils espèrent dissuasive dans l’avenir.

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Dans les cas les plus graves, les procureurs ont averti que les peines les plus lourdes pourront atteindre 14 ans de prison. C’est dans le cadre des nouvelles lignes directrices du Crown Prosecution Service (en charge des poursuites judiciaires) que ces déclarations ont été faites.

Ainsi, toute personne qui publie des images explicites dans le but d’humilier une personne ou un ancien partenaire peut enfreindre la législation sur les infractions sexuelles et dans certains cas celles sur la protection de l’enfance, infractions passible d’une peine allant de 10 à 14 ans d’emprisonnement. Le but affiché est clairement dissuasif et sonne comme une déclaration de guerre à l’encontre des personnes s’adonnant à ce type de revanche pornographique.

C’est un changement de tactique évident quand, par le passé, la majorité des cas étaient jugés en vertu des lois sur les publications obscènes. Dans ces cas précis, les avocats devaient démontrer que le « seuil de l’intérêt public » avait été dépassé pour engager des poursuites.

Un porte-parole du CSP a déclaré : personne ne devrait avoir à souffrir la douleur et l’humiliation d’un « revenge porn » – un crime méchant et intrusif qui apparaît, de façon anecdotique au moins, avoir augmenté avec l’utilisation croissante des réseaux sociaux.

Le revenge porn ne s’arrêtant pas à la publication de photos intimes mais également à celle de données personnelles telles que les noms, adresses, compte Facebook, Twitter et consorts et numéro de téléphones portables des victimes.

Prison cells in Mansfield

Bien qu’aucunes nouvelles lois ne soient entrées en vigueur, le CPS précise qu’il poursuivra ces cas en usant des lois actuelles mais qu’il avait désormais clarifié la législation existante afin de définir précisément la manière dont ces cas devront être traduits en justice.

« Le public, et donc ceux qui comptent attaquer d’anciens partenaires de cette manière, peuvent maintenant clairement voir que ce crime peut et sera poursuivi ».

Les récentes fuites de photos intimes de célébrités publiées sur la toile coup sur coup, (jusqu’à récemment concernant des actrices françaises) et la pratique décomplexée du revenge porn a poussé les autorités américaines à réagir et vite devant un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

Récemment, la Californie a renforcé son arsenal législatif dans l’État alors que le revenge porn y est interdit, tout comme dans l’Utah et à New York depuis le 1er août.

En France, la première condamnation a eu lieu à Metz en avril et l’accusé s’est vu infliger une amende de 35 000€ assortie d’une peine de 12 mois de prison avec sursis.

Confinées il y a encore quelques mois à une revanche entre anciens amants, ces publications de photos privées touchent désormais aussi bien les stars que les anonymes, à la différence près que ces photos ont été piratées et qu’il n’y a pas de revanche d’amoureux éconduit derrière. Peut-être seulement de la frustration…

Cette clarification rangeant le revenge porn dans la catégorie des infractions sexuelles fait écho aux déclarations de Jennifer Lawrence dans le dernier Vanity Fair. Celle-ci considère que les personnes qui dévoilent ou même regardent des photos privées de personnes sans leur consentement « se rendent coupables d’un délit sexuel ». Estimant : « Ce n’est pas un ‘scandale’. C’est un crime sexuel. C’est une violation sexuelle».

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