[#DIGITALSNCF] La SNCF lance son plan numérique, le Wi-Fi dans les trains pour 2016 ?

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Par Elodie le

Guillaume Pepy a présenté mardi 10 février son plan numérique, « Digital SNCF ». Au programme, outils numériques pour clients et salariés et la promesse du Wi-Fi dans les trains d’ici 2016.

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La complainte d’Axelle Lemaire et des clients SNCF a-t-elle été entendue ? Hier Guillaume Pepy, président de la Société Nationale des Chemins de Fer, présentait son plan numérique qui porte sur 18 mois et d’un budget total de 400 millions d’euros. Petit tour d’horizon :

– Une application unique

Une nouvelle application réunissant tous les services proposés aux voyageurs a été lancée. Elle devrait à terme remplacer toutes celles existantes si celle-ci fait ses preuves.

– Le Wi-Fi gratuit dans les gares et dans les trains d’ici 2016

La technologie souhaitée pour le déploiement change, le satellite est laissé de côté, trop couteux, au profit du renforcement du réseau 3G/4G associé au Wifi dans certains cas. En effet, de 1 million d’euros par rame pour acheminer les données dans les trains avec le satellite, on passe à 350 000€ pour déployer le Wi-Fi.

Concernant le modèle économique, ce sera le même que « celui qui est en vigueur sur Internet : la gratuité. »

Pour Guillaume Pépy : « Le choix [du satellite, ndlr] que nous avons fait il y a 5 ans n’était pas le meilleur. Le principal problème est son coût, d’environ 1 million d’euros par rame. Nous avons réalisé des essais notamment dans l’Est de la France mais de l’avis des clients, c’était superbof. Aujourd’hui on en tire les leçons ».

Quant à Yves Terolles, ex-directeur général du groupe Voyages-sncf et nouveau Mr numérique de la SNCF (directeur général du Digital et de la communication à la SNCF), il précise qu’« En 5 ans, les usages ont évolué et il n’y a pas que les professionnels qui ont besoin d’une connexion. La bonne nouvelle est que la 4G propose des débits adaptés à la synchronisation des e-mails mais également au streaming, à la consultation des réseaux sociaux… ».

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Ajoutant : « Nous allons engager en mars des mesures sur notre réseau ferroviaire pour déterminer les besoins de couvertures 3G et 4G. Nous allons aussi faciliter pour les quatre opérateurs mobiles l’accès à notre réseau pour qu’ils puissent y installer leurs antennes. »

La SNCF va ainsi ouvrir ses infrastructures aux opérateurs afin qu’ils puissent déployer leurs antennes et ainsi « arrêter la guerre de tranchées » qui a gangrenée le sujet.

Concernant la facture à présenter, pour le renforcement du réseau la SNCF semble vouloir la laisser aux opérateurs, ce qui risque de poser quelques soucis. Comme le rappelle Les Échos, lors de ses voeux à la presse le 13 janvier, Stéphane Richard, PDG d’Orange, avait certes annoncé sa volonté « d’intensifier nos investissements pour améliorer la couverture des grands axes ferroviaires TGV et autoroutes. » Cependant il avait tenu à préciser que « Si à un moment vous n’avez pas une volonté du transporteur de financer en grande partie le système, cela ne fonctionne pas. Donc il faut aussi que la SNCF considère que c’est son problème. »

Pour le Wi-Fi dans les trains, le coût estimé est de 350 000€ par rame. Ce coût devrait être pris en charge sur les fonds propres de la SNCF. Des doutes apparaissent puisque la compagnie a accusé des pertes lourdes en 2013 (perte nette de 180 millions d’euros contre un bénéfice de 376 millions d’euros en 2012). La crainte de voir ce coût de ses améliorations être répercuté sur les voyageurs est réelle, mais passerait mal, les prix ayant déjà pas mal augmenté ces dernières années.

Outre ses vœux qui avaient laissé la toile perplexe, la SNCF souhaitait la bonne année à ses clients en annonçant une hausse de ses tarifs de 2,6% dès janvier 2015 (TER et intercités sans réservation mais aussi les tarifs de références sur les TGV et intercités avec réservation). Hausse validée par le gouvernement.

Toujours au rayon Wi-Fi, des tests vont être effectués, une première ligne Paris-Lyon devrait être équipée dès fin 2016 puis la ligne TGV Est Paris-Bordeaux mi-2017. Tests qui devraient également permettre de délimiter des « zones d’ombre » là où le réseau 3G-4G est trébuchant ou ne passe pas.

Guillaume Pepy, président de la SNCF
Guillaume Pepy, président de la SNCF

« Le dispositif sera testé et opéré de manière commerciale dès juin 2015. Il faut ensuite le temps d’équiper toutes les lignes », a pour sa part déclaré Frédéric Burtz, responsable de l’innovation à la direction digitale SNCF.

– Open Data

La SNCF va ouvrir ses données aux start-up qui souhaitent développer des applications, comme l’horaire des trains en temps réel ou les correspondances (trains quotidiens et TGV) par exemple.
Les données seront disponibles sous la forme d’API ( Application Programming Interface) intitulée « STORE SNCF » et à disposition des développeurs.

« Nous allons ouvrir à partir de fin mai ces data avec un modèle économique que nous voulons clair et vertueux, explique Yves Tyrode. Les petites start-up ne paieront pas ou peu l’accès à ces données. En revanche, les gros utilisateurs de ces données, les multinationales du web paieront plus cher. »
À cette fin, la SNCF a annoncé vouloir créer un fonds d’investissement de 30 millions d’euros sur 3 ans, financé sur fonds propres, pour les start-up souhaitant, par leurs innovations, améliorer les services voyageurs. Ces 30 millions s’ajoutent aux 400 millions d’euros du plan Digital SNCF.

– Tablettes numériques pour les salariés
En outre, 80 000 agents devraient être équipés de tablettes numériques pour faciliter leur travail au quotidien.

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