Twitter : faux rachat, vrai hold-up ?

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Par Elodie le

Mardi, l’action Twitter a connu une petite envolée après la publication d’un article de Bloomberg annonçant le rachat de la firme. Aussi bien le site, l’article que l’annonce étaient faux, mais pas le hold-up perpétré par les personnes derrière ce canular qui peut s’avérer très lucratif.

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Twitter essuie quelques déboires ces derniers temps. Des résultats en deçà des espérances des investisseurs et actionnaires, une concurrence accrue de la part (notamment Instagram et Pinterest) d’autres réseaux sociaux et le départ annoncé de Dick Costolo. Autant dire que le marché est aux aguets, prêt à bondir à la moindre nouvelle.

C’est ce qui s’est produit mardi lorsqu’une dépêche émanant de Bloomberg, agence financière de référence, a annoncé le rachat de Twitter par Google pour 31 milliards de dollars. Le titre a pris 8,5 % d’augmentation, grimpant jusqu’à 38,82 dollars. En fin d’après-midi, le titre affichait toujours 3% d’augmentation à 36,89 dollars selon Les Échos, ce qui en faisait le titre le plus échangé sur le New York Exchange, avec 39 millions d’actions échangées, contre 19,9 millions sur 50 jours en moyenne d’habitude, selon Thompson Reuters.
Twitter a démenti le rachat quand Bloomberg a nié avoir quoi que ce soit à voir avec cet article.

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Pour quelles raisons jouer ainsi avec les nerfs de la Bourse ? La plus probable serait que la ou les personnes derrière cette fausse nouvelle aient profité de la hausse du titre pour vendre ses actions et ainsi réaliser une confortable plus-value avant la découverte du pot aux roses.

Selon les informations de Reuters, le faux site a été enregistré le 10 juillet, après une recherche dans la base de données de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers). Le domaine est enregistré au Panama pour WhoIsGuard, société qui offre l’anonymat aux véritables propriétaires des noms de domaine.

L’information était donc belle et bien fausse et provenait d’un site ressemblant trait pour trait à l’original, seule l’adresse différait : bloomberg.market en lieu et place de bloomberg.com. Ce qui aurait pu être facilement remarqué, tout comme l’erreur dans le nom de l’ancien PDG de Twitter : Dick Costello, au lieu de Dick Costolo.

Quoi qu’il en soit, cette manigance à peu de frais, a sans doute rapporté gros !