[Cash Investigation] Apple contribue-t-il à la hausse des tarifs dans la téléphonie mobile ?

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Par Elodie le

Dans l’émission Cash investigation, « Marketing : les stratégies secrètes », Élise Lucet et son équipe se sont intéressés aux contrats passés entre Apple et les opérateurs mobile pour proposer ses téléphones. Il en ressortirait que la marque à la pomme fait payer très cher la mise à disponibilité de ses produits et pas seulement aux opérateurs, puisqu’in fine cela influencerait les tarifs dans la téléphonie mobile pour tous les consommateurs.

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Financez-vous Apple sans le savoir, alors même que vous n’avez jamais acheté l’un de ses terminaux mobile ? C’est la question que tout le monde se pose depuis la diffusion de dernier magazine de Cash Investigation.

La journaliste Élise Lucet s’est intéressée plus particulièrement aux contrats « secret défense » passés entre la firme de Cupertino et les principaux opérateurs, qui souhaitent proposer ses produits dans leurs stores.

Au départ, seul Orange avait l’exclusivité des Iphone dans ses boutiques. Un contrat vite dénoncé devant l’Autorité de la concurrence par SFR et Bouygues, dépités de ne pouvoir prétendre à toucher une part du (lucratif) gâteau d’Apple.

Dès 2009, la firme a ainsi pu négocier avec trois des plus importants opérateurs mobiles français pour placer ses produits. Des contrats juteux pour la firme (qui peut les clore de manière unilatérale), mais aux conditions strictes (publicités, stocks, exclusivités, etc.) pour les opérateurs et surtout frappés du sceau du secret. Des sommes folles engagées qui contribueraient à augmenter les tarifs pratiqués dans le secteur de la téléphonie mobile.

Parmi ces conditions commerciales révélées par le magazine Cash Investigation, outre des quantités d’achats énormes pour garantir les stocks, il s’avère qu’Apple « oblige les opérateurs français à privilégier les iPhone et les produits Apple au détriment de ceux des concurrents. Même les pubs à la télé sont payées par les opérateurs. Un diktat qui leur coûte très cher: 10 millions d’euros pour SFR*, par exemple. Et à la fin, ce sont tous les abonnés qui paient la facture, même ceux qui ne possèdent pas d’appareil de la marque américaine ».

Vous avez certainement vu passer l’une de ses pub où le logo d’Orange ou de SFR apparaît quelques secondes à la toute fin de l’annonce télévisée ou dans le coin d’une affiche PLV: payée pour bonne partie par l’opérateur ! Ces pratiques ne sont pas inhérentes et exclusives à Apple, la firme à la pomme fait seulement payer cette proximité à prix d’or.

Pour les opérateurs, il semble que ce soit le prix (fort) à payer pour s’offrir les iPhone, dont le succès ne se dément pas. Après tout, rien ni personne ne force le consommateur à se porter vers un iPhone plutôt qu’un autre smartphone et d’être ainsi happé par les sirènes du marketing. Néanmoins, c’est le consommateur final qui paie, comme l’affirme Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint de 60 Millions de consommateurs :

« Quelque chose qui doit nous choquer, nous, consommateurs, c’est que ce qui est écrit dans ce document, c’est que quelque part, on paye tous pour l’iPhone, on a tous payé pour l’iPhone, même les consommateurs, même les abonnés qui n’ont pas acheté d’iPhone (…) parce que les contraintes imposées par Apple ont poussé vers le haut le prix des abonnements mobiles. »

Néanmoins, les opérateurs seraient de moins en moins enclins à subventionner les produits Apple qui sont vendus toujours plus cher : le prix moyen d’un iPhone n’a cessé d’augmenter.

La firme a vite réagi puisqu’en marge de la présentation des derniers iPhone 6s et 6s Plus, elle a mis en place iPhone Upgrade Program, des moyens de financements à crédit avec option d’achat (uniquement disponibles aux États-Unis).

Apple dénonce les accusations qui lui sont portées et rétorque que depuis la sortie du tout premier iPhone en 2007, le prix des abonnements a chuté. Une baisse que l’on peut aisément attribuer à l’arrivée de Free mobile sur les marchés des opérateurs mobiles… Stéphane Richard, le PDG d’Orange, estimait cette baisse à « 45 % en trois ans. »

Que ce soit en France ou aux États-Unis, Apple a toujours fait payer cher la mise à disposition de ses terminaux et scellé des contrats majoritairement à son avantage. Comme nous l’évoquions dernièrement, le district scolaire de Los Angeles a dénoncé le contrat passé avec la firme pour équiper les écoles publiques du secteur, notamment pour s’être rendu compte qu’avec un contrat à 30 millions de dollars (23 millions d’euros alors), assorti d’une option à 500 millions de dollars, les écoles n’étaient que locataires de l’équipement pour une durée de trois ans et devaient, en sus, ajouter 500 millions de dollars d’investissements supplémentaires pour renouveler la flotte, qui change régulièrement chez Apple.

* Le montant versé par SFR pour ces publicités subventionnées ressort d’une une note confidentielle constituée de 42 pages, portant sur la période 2008 à 2012 et récupérée par les journalistes de Cash Investigation, disponible en replay sur France Tv Pluzz.

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