[James Bond] Le piratage de Sony Pictures a-t-il ruiné Spectre ?

Cinéma

Par Elodie le

Le piratage de Sony Pictures il y a un an a eu des conséquences jusque dans le scénario du dernier James Bond, Spectre. Pour le pire ?

James Bond_piratage_Sony_Pictures_ruiné_Spectre

Malgré des chiffres qui affolent les compteurs : meilleurs démarrage en France depuis 2007 avec 900 000 entrées, en tête du box-office britannique avec 15,6 millions de dollars de recettes après seulement deux jours d’exploitation, un record historique, les critiques ne sont pas dithyrambiques, mais plutôt mitigées.

Si le Royaume de Sa Majesté n’est pas avare de compliments, « James Bond is back » pour The Guardian, Spectre est « flamboyant » pour The Telegragh force est de constater que la critique n’est pas unanime. En cause ? Un méchant palot, pour ne pas dire spectral, un film trop sentimental plombé par un scénario alambiqué et inégal : manque de « rebondissements », « fin décevante », etc.

Justement, le scénario a été drastiquement modifié. Des modifications à imputer au piratage de Sony Pictures par les Guardians of Peace il y a tout juste un an.

En effet, lors du piratage des studios attribué à la Corée du Nord par l’administration US, les pirates s’envolent avec un butin de 11 To de données confidentielles – contrats de célébrités, passeport d’Angelina Jolie, informations personnelles d’employés de Sony Pictures, bilans financiers ou films non sortis (Fury et Annie notamment) etc. – et menacent de tout publier si la sortie du film The Interview, mettant en scène lez dictateur nord -coréen Kim Jong Un, n’est pas annulée.

james_bond_spectre_piratage_sony_scénario

Les studios ne plient pas et l’ensemble des données subtilisées se voit aussitôt publié – Wikileaks en publiera l’intégralité quelque temps après. Parmi elles, une quantité phénoménale de mails entre les plus hauts responsables des studios et les acteurs majeurs d’Hollywood, dont plusieurs échanges entre Elizabeth Cantillon, productrice chez Sony, Jonathan Glickman, président de la Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Film Division (MGM) et Hannah Minghella, co-présidente de la production de Columbia Pictures. Ces échanges tournent autour de Spectre, le prochain James Bond.

Comme le rapporte L’Obs, ces derniers sont plutôt satisfaits de ce nouvel opus qu’ils jugent « globalement bon », même si Glickman trouve déjà la « fin décevante ». Le site Gawker rapporte à l’époque leurs propos : le bad guy (Christoph Waltz) n’est pas « convaincant », ses motivations ne sont pas très « claires » et sa relation avec James Bond serait « artificielle ».

Cependant, après le piratage de Sony Pictures, les studios doivent revoir leur copie afin de ménager l’effet de surprise et effectue plusieurs coupes et modifications au scénario, surtout concernant la fin. Pour l’Obs, qui a pu consulter le scénario d’origine et sa version revisitée, ce piratage a définitivement signé la fin de Spectre : « Le constat est sans appel : les pirates nord-coréens ont ruiné le film », tranche l’hebdomadaire.

Si le début du film est préservé (la meilleure partie pour nombre de critiques), c’est à l’arrivée du méchant de l’histoire que l’affaire se corse et que « plusieurs passages clés du script ont été modifiés ».

Je n’irai pas plus en avant dans les explications qui pourraient spoiler l’intrigue (l’article de l’Obs est ici) mais là où le scénario original poursuivait, dans la veine de Skyfall, sur un Bond nuancé, avec des failles et une intrigue plus cohérente, la nouvelle mouture a préféré faire du James Bond pur jus, c’est-à-dire capable de vaincre un groupe terroriste avec la force de son regard et 6 balles au chargeur. Après, les goûts et les couleurs…

Méchants pirates !!