Apple et l’optimisation fiscale ? « Conneries politiques » pour Tim Cook

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Par Elodie le

Tim Cook l’affirme, Apple paie ses impôts aux États-Unis et les critiques concernant l’optimisation fiscale opérée par la firme (et d’autres géants du web avec elle) ne sont que des fadaises politiques. C’est la fiscalité américaine même qui est en cause.

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La Commission européenne va certainement apprécier cette sortie du CEO d’Apple, Tim Cook, alors qu’elle enquête actuellement sur la fiscalité des géants du web.

Interrogé sur la fiscalité de l’entreprise dans l’émission « 60 minutes » de CBS – des membres du Congrès fustigent Apple qui ne paie que peu voire pas d’impôts du tout sur ses bénéfices réalisés à l’international, Tim Cook contre-attaque et s’en prend directement à la politique fiscale américaine, jugée d’un autre temps :

« C’est de la connerie totalement politique. Il n’y a aucune vérité derrière cela. Apple paie chaque dollar d’impôt que nous devons », tance-t-il devant la caméra de CBS.

Ce qu’ils estiment devoir dirons certains. Tim Cook ajoute même : « Nous payons plus d’impôts que qui que ce soit dans ce pays. »

Car c’est une particularité du régime fiscal américain : les revenus générés à l’étranger ne sont imposables qu’une fois rapatriés sur le territoire national. Apple s’est donc fait une spécialité d’héberger cet argent dans des paradis fiscaux ou dans des pays à la fiscalité plus douce, comme en Irlande.
Le seul hic, c’est que paradis fiscaux ou pas, ces sommes sont inscrites dans les comptes de la société, il est donc possible de connaitre le montant de la manne financière qu’Apple soustraie à la fiscalité de son pays : 181 milliards de dollars offshore étaient ainsi détenus par la firme de Cupertino fin 2014, selon deux ONG, Citizen for tax justice et US Public Interest research group education fund.

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Ce que Tim Cook se garde bien de préciser dans sa réponse. Seulement, il précise qu’il « aimerait » bien pouvoir rapatrier ces sommes si son pays consentait à réformer sa politique fiscale, trop lourde concernant les revenus rapatriés : « Cela me coûterait 40% de le ramener à la maison. Et je ne pense pas que ce soit une chose raisonnable à faire ».

Le code des impôts américain a « été fait pour une ère industrielle, pas pour l’ère numérique. C’est rétrograde. C’est terrible pour l’Amérique. Il aurait dû être corrigé il y a plusieurs années. Il est grand temps de le faire.»

L’optimisation fiscale opérée par les multinationales est régulièrement remise en cause. La Commission européenne chiffre à 1 000 milliards de dollars le manque à gagner pour l’Europe imputé à cette fuite des capitaux. Sous la pression des autres pays membres, l’Irlande a mis fin au « Double Irish » qui permettait aux multinationales de payer encore moins d’impôts.

Au mois de novembre dernier, plusieurs géants du web ont été entendus par le Parlement européen concernant les avantages fiscaux qui leur étaient accordés par le Luxembourg, pays membres de l’Union européenne.

Facebook avait alors assuré « prendre très au sérieux [ses] obligations fiscales » à son arrivée à Strasbourg. En 2014, Facebook a payé 320 000 euros au titre de l’impôt sur les bénéfices en France, en déclarant seulement 12,6 millions d’euros de chiffre d’affaires (contre une estimation réelle à 266 millions d’euros de CA).