Orange doit céder 6 milliards d’actifs de Bouygues

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Par Elodie le

Les négociations entre les deux opérateurs télécoms se poursuivent et entament aujourd’hui une « phase approfondie », mais aussi délicate : les concessions à octroyer à la concurrence ou comment déterminer ce qui sera conservé et cédé de Bouygues Télécom.

orange

Si le mariage entre Orange et Bouygues Télécom est de plus en plus certain, les derniers détails à aborder n’en sont pas moins cruciaux.

Si l’autorité de la concurrence ne trouve rien à redire à l’apparition d’un marché des télécoms à trois opérateurs, elle n’en a pas moins émis quelques réserves que les deux opérateurs doivent prendre en compte pour que le mariage soit validé.

En effet, Orange ne peut pas engloutir Bouygues Télécom dans son intégralité, soit 10 milliards d’euros, sinon l’opérateur se retrouverait alors en situation de position dominante avec 55 % de part de marché environ. L’ARCEP a déjà condamné Orange à 350 millions d’euros d’amende pour abus de position dominante sur le marché pro mobile.

Gageons par ailleurs que la Commission européenne aurait également son mot à dire, d’autant que Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence, fait preuve d’une hyperactivité remarquée depuis son entrée en poste…

D’après Le Monde, les concessions à effectuer s’élèveraient à 6 milliards d’euros d’actifs (réseaux, clients, boutiques, fréquence, etc.) pour passer sous la barre des 50 % de part de marché, Orange a donc entamé les négociations avec SFR-Numéricable et Free.

SFR lorgnerait ainsi sur les 3 millions de clients de B&You, mais aussi sur une partie de ceux de Sosh d’Orange, ce que l’opérateur a démenti sur Twitter. Les principaux intéressés, les clients, ne seront pas forcément heureux de la manœuvre au regard de la couverture réseau 4G de SFR.

Du côté de Free (mais aussi de SFR) ont pourrait vouloir récupérer les fréquences (de 2G à 4G) de la future mariée, Bouygues Télécom. Mais là encore, si Free Mobile était prêt à accepter de débourser 1,8 milliard il y a quelques mois pour se les offrir, lors des discussions entre SFR et Bouygues, les temps ont bien changé depuis : entre-temps, Free a mis 1 milliard sur la table pour s’offrir la fréquence de la bande 700 MHz. L’opérateur pourrait vouloir récupérer certaines –basses – fréquences nécessaires pour obtenir une couverture nationale digne de ce nom et anticiper la fin de son contrat d’itinérance avec Orange que l’ARCEP lui demande d’accélérer. Le prix serait ainsi moins élevé et l’opérateur pourrait également récupérer une partie des boutiques de Bouygues Télécom afin de grossir ses points de vente.

Mais le point le plus délicat concerne certainement les 7 500 employés de Bouygues Télécom qui doivent attendre de savoir à quelle sauce ils vont être mangés.

Le gouvernement espère évidemment éviter la « casse sociale » et Stéphane Richard a posé comme condition à ce rapprochement qu’il soit « socialement irréprochable » ; tant au niveau des prix (pas d’augmentation) que des effectifs (pas de baisse).

Les effectifs de Bouygues viendraient donc grossir les rangs d’Orange déjà bien chargés.

Les prochaines semaines de négociations s’annoncent riches en casse-tête.