Wired bloquera les lecteurs munis d’un adblocker

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Par Elodie le

Le magazine spécialisé américain Wired a annoncé qu’il bloquerait désormais l’accès à ses pages aux lecteurs utilisant des bloqueurs de publicités. Le but est d’encourager un maximum d’internautes à souscrire à un abonnement payant, nécessaire à sa survie.

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Face à l’augmentation croissante du nombre d’internautes utilisant un logiciel bloqueur de publicité, les éditeurs et annonceurs réagissent à leur manière.

Ainsi, en octobre dernier, le géant allemand de l’édition, Axel Springer, s’attaquait aux adblockers en testant un nouveau modèle sur le site du magazine en ligne BILD : les lecteurs pourvus d’un bloqueur de publicités pouvaient soit le désactiver ou souscrire un abonnement payant de 2,99 euros/mois donnant accès au contenu, dans sa grande majorité dépourvue de toute réclame, couplé à un taux de chargement « jusqu’à 50 % plus rapide ».

La tendance tend à se confirmer puisqu’après BILD ou encore Forbes, le magazine Wired, référence des technophiles, a surpris son monde en publiant un édito en ce sens lundi 8 février : How Wired is going to handle adblocking.

Wired dresse le constat suivant : « sur une journée, plus de 20 % du trafic de Wired.com vient de lecteurs qui bloquent nos publicités ».

Et de rappeler aux lecteurs que « Nous savons que vous venez d’abord sur notre site pour lire notre contenu, mais il est important d’être clair sur le fait que la publicité est ce qui permet à Wired de continuer : payer les auteurs, les correcteurs, les designers, les ingénieurs, et tout le reste de l’équipe qui travaille dur pour créer des histoires que vous lisez et que vous regardez ici ».

C’est pourquoi, dès la semaine prochaine, Wired.com va restreindre l’accès à ses pages aux lecteurs utilisant un bloqueur de publicité et proposer deux options :

— Ajouter Wired.com à la liste blanche de l’adblockers. Le magazine promet en contrepartie de continuer à proposer des publicités acceptables : « Nous garderons nos publicités aussi respectables que nous le pourrons, et vous ne verrez que des publicités display classique » ;

— souscrire à une version dépourvue de toute publicité et tracker publicitaire pour 1$/semaine.

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Pour Wired, il n’est pas uniquement question de publicité, le magazine souhaitant également responsabiliser ses lecteurs et leur faire prendre conscience qu’en acceptant cela, ils soutiennent à leur manière le magazine (contenu et journalistes).

Une étude Adobe et PageFair (qui aide les éditeurs à récupérer les revenus soustraits par les adblockers) a établi que les bloqueurs de publicités causeraient un manque à gagner de 22 milliards de dollars en 2015 au détriment des sites internet.

Les aficionados des bloqueurs de publicité sont-ils pour autant à pointer du doigt : l’industrie de la publicité en ligne a depuis fait son mea culpa et pris ses responsabilités dans l’utilisation croissante des bloqueurs de publicité.

Wired est d’ailleurs bien conscient qu’ « il y a de multiples raisons d’utiliser un adblocker, de la simple volonté d’avoir une expérience de navigation plus rapide et plus propre, aux préoccupations concernant la sécurité et le tracking. »

Pour le magazine, sa proposition répond à ces deux préoccupations. Les lecteurs vont-ils suivre ?

Récemment encore, la société Eyeo a tendu la main aux annonceurs pour trouver des solutions concernant un sujet qui cristallise les tensions aussi bien du côté des annonceurs et éditeurs de site que des internautes.

Néanmoins, si les pratiques d’hier et d’aujourd’hui qui ont conduit à l’adoption de tel logiciel se sont pas repensées, il y a peu de chance que le lecteur consente à faire un pas dans la direction souhaitée.