Microsoft redéfinit son approche en matière de terrorisme

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Par Elodie le

Microsoft fait le ménage et supprime tout contenu incitant à des actes terroristes sur ses services, d’Outlook, à la Xbox en passant par le site de partage de fichiers Docs. Redéfinissant du même coup la responsabilité des hébergeurs de contenu.

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Microsoft renforce sa lutte contre les contenus terroristes pouvant transiter sur ses différentes plateformes. Dans un billet de blog, Redmond explique ainsi avoir revu ses conditions d’utilisation relative à sa politique de modération et interdit désormais tout partage de contenu incitant de près ou de loin au terrorisme.

« Nous avons pour responsabilité de faire en sorte que les différents services en ligne que nous gérons élèvent les gens, et non pas qu’ils contribuent, même indirectement, à des actes horribles », estime ainsi Microsoft dans son communiqué publié.
Concrètement, alors que Microsoft interdit déjà les discours haineux et les incitations à la violence, la firme supprimera désormais le « contenu terroriste » sur tous ses services.

Comment définir ce que constitue un contenu terroriste ? Bien conscient qu’il n’existe pas de « définition universelle du contenu terroriste », Microsoft se range à la définition du contenu terroriste comme celui qui est « publié par ou soutenant » une organisation mentionnée dans la Liste récapitulative des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ce qui comprend les contenus mettant en scène « la violence, encourageant l’action violente, soutenant une organisation terroriste ou ses actes, ou encourageant des personnes à rejoindre ces groupes ».

À l’instar de Twitter, Microsoft continuera de compter sur ses utilisateurs pour signaler les contenus illicites tout en poursuivant la suppression des contenus signalés par les autorités gouvernementales.

C’est une nouvelle étape pour Microsoft, mais aussi un signal envoyé à ses homologues de la Silicon Valley qui continuent de mettre en avant leur statut d’hébergeur de contenus, sans responsabilité particulière vis-à-vis des contenus publiés, assurant appliquer une modération a posteriori. Modération fortement contestée, encore récemment par trois associations qui assignent Facebook, Twitter et YouTube en justice.
Microsoft s’affiche désormais comme un acteur pro actif dans la lutte contre la propagande terroriste en ligne, tout en promouvant la liberté d’expression de ses utilisateurs. Ainsi, la modération sur Bing sera plus clémente puisque Bing n’est pas hébergeur, mais pourvoyeur de liens menant à du contenu :

« En tant qu’outil d’accès à l’information, nous pensons que les sociétés, par l’intermédiaire de leurs gouvernements, sont les plus à même de tracer la frontière entre la liberté d’expression et les limitations relatives à ce type de contenus ».

En conséquence, Microsoft supprimera du contenu, « lorsque ce retrait est exigé des fournisseurs de recherche en vertu du droit local ». La territorialité prime sur l’universalité.

Toutefois, Redmond estime qu’elle peut « aider » les utilisateurs à effectuer des « choix éclairés », notamment en nouant divers partenariats, avec des ONG par exemple, pour proposer du contenu alternatif, positifs pour les requêtes en lien avec le terrorisme.

Une idée qui rappelle celle formulée par le gouvernement français qui entend proposer un contre-discours aux théories du complot qui pullulent sur internet.

En début d’année, Washington appelait la Silicon Valley à lutter contre la radicalisation sur Internet et la propagande en ligne faisant l’apologie du terrorisme.
Une demande initialement formulée par Bernard Cazeneuve en février 2015 au lendemain des attentats de Paris ayant frappé Charlie Hebdo et l’hyper casher de Vincennes.

De son côté, le Parlement européen a adopté une résolution prévoyant d’engager « la responsabilité pénale des géants du Net » pour les entreprises high-tech qui « refusent de donner suite à une demande administrative [gouvernement, NDLR] ou judiciaire [justice, NDLR] visant à effacer des contenus illicites ou faisant l’apologie du terrorisme ».

Des demandes auxquelles se plient régulièrement Facebook ou Twitter, comme leur rapport de transparence annuel le montre, à l’inverse de Google et sa filiale YouTube, qui mettent en avant leur statut d’hébergeur de contenus pour exclure toute responsabilité concernant les contenus qu’ils diffusent.

Pour combien de temps encore ?