[Surveillance] Tim Berners-Lee et les fondateurs du web veulent réinventer la toile

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Par Elodie le

Principal inventeur du World Wide Web (WWW), Tim Berners-Lee s’inquiète de la surveillance toujours plus accrue d’internet et en appelle à des solutions techniques pour parer au phénomène.

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Internet est-il devenu un « outil de surveillance » généralisé de la population ? Oui, pour Tim Berners Lee, à l’origine, en 1989 de l’invention (avec Robert Cailliau du CERN) du World Wide Web, la toile d’araignée mondiale.

Créé à l’origine pour faciliter la communication et le partage de fichiers entre chercheurs, nombre d’experts estiment aujourd’hui que sa vocation première a été dévoyée.

Ils sont réunis, avec plusieurs défenseurs des libertés numériques, autour de Tim Berners-Lee pour le premier Decentralized Web Summit, qui se déroule jusqu’à jeudi soir à San Francisco, avec pour objectif de repenser la toile. Les mots d’ordre : décentralisation, neutralité, vie privée.

« Edward Snowden a montré que nous avons construit, par inadvertance, le plus grand réseau de surveillance mondial avec le web », a concédé Brewster Kahle, fondateur d’Internet Archive. « Seul un nombre restreint de grands fournisseurs de services s’arrogent de facto l’organisation de notre expérience en ligne. Nous pouvons changer tout ça. »

S’ils accordent à mettre en avant l’apport des révélations d’Edward Snowden sur le système de surveillance de masse mis en place par la NSA, ils ne s’arrêtent pas là et pointent du doigt la mainmise des géants du web sur la toile et nos données.

« Les revenus publicitaires sont devenus la principale source de revenus d’un trop grand nombre d’acteurs du Web, explique-t-il dans ses propos rapportés par le New York Times. Tout le monde assume que le consommateur d’aujourd’hui est obligé de passer un deal avec un énorme appareil marketing en échange de services gratuits, quand bien même nous sommes horrifiés de ce qui est fait de nos données ».

Il soulève un enjeu capital : « le web est déjà décentralisé. Le problème réside dans la domination d’un seul moteur de recherche [Google], d’un seul grand réseau social [Facebook] et d’un Twitter pour le microblogging. Nous n’avons pas de problème technologique, nous avons un problème social ».

Parmi les pistes évoquées pour surfer plus librement ? Le blockchain, le peer to peer, rajouter une couche de chiffrement sur diverses parties du web tout en archivant toutes les versions d’une même page web (pour contrer la censure), proposer une nouvelle distribution des pages web pour échapper au contrôle d’un serveur web, ou avoir la possibilité de stocker des données sans avoir à payer des entreprises comme Amazon, Dropbox ou Google en frais de stockage.

Des idées qui n’auront peut-être pas échappé à Vinton Gray Cerf, considéré comme l’un des pères fondateurs du web (co-inventeur avec Bob Kahn du protocole TCP/IP) et aujourd’hui chef évangéliste de l’Internet chez Google. Gageons qu’il aura beaucoup de brebis à convaincre.

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