Le Sénat de New York vote une loi anti-Airbnb

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Par Elodie le

À New York, il sera désormais interdit de louer son appartement pour une durée inférieure à 30 jours. Ces locations seront considérées comme illégales et leur propriétaire pourra encourir jusqu’à 7 500 dollars d’amende.

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Au tour de la « Big Apple » de sévir contre la plateforme de location d’appartement entre particuliers, Airbnb. Après Paris et Berlin, New York met son grain de sel dans les affaires de la « licorne californienne » (non cotée en Bourse, mais valorisée plus de 1 milliard moins de 10 ans après sa création).

Le sénat de l’État de New York a ainsi voté une loi interdisant les locations de courte durée, inférieure à 30 jours, pour des logements entiers sous peine d’amende dont le montant peut aller de 1 000 à 7 500 dollars. Le texte doit encore être signé par le gouverneur Andrew Cuomo pour être rendu effectif. Un veto est tout à fait possible à ce stade.

Le but est de rendre illégales les annonces qui contreviendraient à la loi sur les immeubles collectifs entrée en vigueur en 2010, qui cible les propriétaires achetant des appartements pour en faire des hôtels illégaux, indique Techcrunch.
« Vous devriez savoir qui est votre voisin et ce qui se passe lorsque des personnes louent leurs appartements sur Airbnb », justifie quant à elle la sénatrice démocrate Linda Rosenthal dans les colonnes du New York Post.
« Toutes les nuits, ça pourrait être une personne différente qui dormirait dans l’appartement à côté de chez vous, ce qui brise le sens de ‘communauté’ au sein de l’immeuble. Cela peut être dangereux ».

Airbnb n’en poursuit pas moins son expansion et tente de se défendre en arguant que nombre de New-Yorkais louent leur appartement pour payer leurs factures.

« Il est décevant – mais pas surprenant – de voir les politiciens d’Albany [capitale de l’État de New York, NDLR] conclure un accord de dernière minute avec l’industrie hôtelière qui exposera 30 000 New yorkais à un grand risque de faillite, expulsion et saisie », estime Josh Meltzer, responsable des politiques publiques chez Airbnb

En effet, si la loi entre en vigueur, plus de 30 000 personnes pourraient être expulsées ou voir leur bien saisi, selon une enquête de la plateforme. Plus de la moitié des annonces Airbnb à New York correspondent à des logements entiers, donc soumis à l’interdiction.

« Pour des centaines de New-Yorkais, Airbnb est une devenue un cordon de sécurité économique, qui leur permet de payer leurs factures, de joindre les deux bouts et ainsi de rester dans leur logement ».

Mais comme le précise Techcrunch, Airbnb peut compter sur le soutien du secteur technologique. Suffisant ?

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