Eric Ciotti veut rendre obligatoire la carte d’identité sur les réseaux sociaux

Général

Par Elodie le

Le député Eric Ciotti veut mettre fin à l’anonymat sur les réseaux sociaux. Pour cela, il demande à ce que les plateformes exigent la carte d’identité de tous leurs utilisateurs avant la création d’un compte sur leur service.

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À chaque événement, sa sortie médiatique. Eric Ciotti, le député Les Républicains des Alpes Maritimes n’est jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit de ruer dans les brancards.

À quelques semaines de l’Euro, il évoquait le « caractère d’urgence » de son amendement – rejeté par l’Assemblée Nationale – autorisant les forces de l’ordre à recourir à la vidéo surveillance croisée avec la reconnaissance faciale. Soulignant le contexte de « menace terroriste sans précédent » à laquelle est confrontée la France.

« Internet ne peut pas être un espace sans contrôle » E. Ciotti

Au lendemain de l’attentat de Nice, où la vidéo surveillance n’a pas produit les effets escomptés, il s’attaque aux réseaux sociaux « complices tacites » et « collaborateurs passifs » de l’organisation État islamique dans les colonnes de Nice Matin.

Il estime qu’« Internet ne peut pas être un espace sans contrôle », il propose donc de « rendre obligatoire pour les réseaux sociaux la vérification de l’identité de leurs membres » afin de « mettre fin à cette impunité qui règne sur Internet ».

« Ainsi, si quelqu’un veut ouvrir un compte Twitter, Facebook ou encore Snapchat, il devra au préalable fournir une pièce d’identité au site. Libre à lui ensuite de dialoguer avec un pseudonyme, mais si son comportement était contraire à la loi, les autorités auraient la possibilité de savoir qui se cache derrière ce compte en quelques minutes », explique-t-il.

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Une collaboration requise déjà en oeuvre

Il concède toutefois que « Cela ne résoudrait pas tous les problèmes, car sur internet comme ailleurs; il n’existe pas une solution miracle; mais ce serait déjà un premier pas ».

Un premier pas qui a déjà été fait depuis un moment. Depuis janvier 2015 et sous la pression du gouvernement français et américain, les géants du web sont appelés à coopérer plus en amont avec les autorités pour fournir des informations sur certains utilisateurs ou pour lutter contre la radicalisation et la propagande sur Internet.

« On voit bien aujourd’hui que la possibilité de se cacher derrière de fausses identités ou des pseudonymes participe à la diffusion de la propagande djihadiste sur les réseaux sociaux, explique Eric Ciotti. Après chaque attentat, nous pouvons également lire des centaines voire des milliers de messages exprimant la haine de la France et glorifiant les terroristes qui l’ont attaquée ».

Une proposition qui risque de se heurter aux acteurs du web

Depuis 2013, Twitter, Google et même Facebook publient un rapport de transparence dans lequel ils énumèrent le nombre de requêtes gouvernementales reçues par leurs services et le pourcentage de réponses positives (ou négatives) apportées. Du côté de Google, la France est en bonne place concernant les demandes de données utilisateurs, surtout depuis 2015 et les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper casher.

Facebook quant à lui a supprimé la photo du Bataclan plus de 32 000 fois et répondu favorablement à 54% des demandes d’accès aux comptes utilisateurs des autorités françaises entre juillet et décembre 2015.

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La proposition d’Eric Ciotti peut se heurter à la volonté des géants du web mais aussi à celle des internautes, peu enclins à transmettre ce type de documents à ces mastodontes de la Silicon Valley. Ces derniers pourraient être rebutés par la perspective de gérer de tels envois, mais surtout d’avoir à la sécuriser.

Eric Ciotti ne semble d’ailleurs viser que les grandes plateformes, mais qu’en sera-t-il de Weibo, le Twitter chinois ?

Par ailleurs, à l’instar des backdoors, rien n’indique que ces informations ne seront pas piratées ou mises entre de mauvaises mains. Comme pour les applications de messageries sécurisées, dont Telegram, que certains souhaitent interdire car utilisée par les djihadistes, ces derniers auraient tôt fait de trouver une autre plateforme où communiquer et diffuser leur propagande.