[Données] Un eurodéputé s’attaque à Tinder, Happn et Runkeeper

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Par Elodie le

Marc Tarabella, eurodéputé (PS) demande à la Commission européenne d’enquêter sur les conditions d’utilisation – illicites – de la plateforme de rencontres Tinder. Celles-ci violeraient la protection des données personnelles des internautes garantie par le droit européen.

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Sans détour, Marc Tarabella l’affirme, « les conditions d’utilisation imposées par Tinder violent le droit européen ».

Dans un communiqué publié sur Facebook, l’eurodéputé en charge de la défense du consommateur dénonce ainsi la collecte des données des utilisateurs : « Lorsque vous vous inscrivez sur ce site, l’entreprise peut faire ce qu’elle veut de vos données: les montrer, les distribuer à n’importe qui ou même les modifier ».

Des conditions d’utilisation contraires au droit européen

Il estime en outre que « la réutilisation des données des consommateurs et des photos, même après la désactivation d’un compte, pose problème ». C’est pourquoi il demande l’ouverture d’une enquête de la Commission européenne pour que « Tinder se mette en conformité avec la loi et respecte le droit des millions utilisateurs ».

Avec 50 millions d’utilisateurs à travers le monde, ce sont potentiellement des « milliards » de données qui sont concernées : « Votre identité ne vous appartient plus ! » lance l’eurodéputé.

On pourrait également reprocher le manque de contrôles sur l’utilisation de l’application aux mineurs, même si elle leur est officiellement interdite, contourner ce blocage est nettement trop simple.

Mais la plateforme, fondée en 2012 par quatre Américains, n’est pas la seule concernée puisque Tarabella demande que la Commission « fasse la chasse à toutes les entreprises qui instaurent des clauses abusives dans les applications mobiles et sanctionnent lourdement les coupables ».

Tinder, Happn et Runkeeper dans le collimateur de l’eurodéputé

Parmi ces app mobiles qui « tire[nt] profit, de manière illicite, des données glanées », Happn et Runkeeper sont également dans le collimateur de l’eurodéputé.

Runkeeper, l’application des joggers, « collecterait et transmettraient les données des utilisateurs à leur insu, même lorsque l’appli est inactive ». Et « les mêmes reproches peuvent être faits à Happn, application de rencontres géolocalisées qui transmettraient les données à des tiers », affirme Marc Tarabella.

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Le défaut de consentement est une nouvelle fois pointé du doigt : « Le problème est toujours le manque de transparence et la notion de consentement », estime Tarabella. Par exemple, le consommateur n’a jamais donné son consentement à la transmission de données à des tiers lorsque l’application est offline […] Il n’a généralement pas non plus accepté que ses données soient revendues à des tiers. Enfin, il est interdit de stocker les données de manière illimitée », souligne-t-il encore.

Manque de consentement et de transparence

« Le consommateur européen doit pouvoir choisir ce qu’il veut partager comme information avec des tiers, mais il est encore trop souvent victime du manque de transparence orchestré par des entreprises peu scrupuleuses ». Et ces entreprises n’ont aucune raison d’être proactives sur le sujet puisque les données sont au cœur de leur modèle économique.

Régulièrement rappelées à l’ordre ou mises en demeure par la CNIL (Microsoft encore récemment et Facebook concernant ses cookies), ces firmes rechignent à entrer dans les clous.

Il y a fort à parier que l’activisme de la Commission à l’encontre de Google, n’est pas envié par ces sociétés. Libre à elles de changer leur fusil d’épaule.


Marc Tarabella s’attaque à Tinder et à l’utilisation de vos photos: “La Commission européenne doit enquêter”

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