[Alors, on regarde ?] Black Mirror, Saison 3

Série

Par Elodie le

Pour cette troisième saison, Black Mirror quitte Channel 4 et l’Angleterre pour venir humer le bon air de la société américaine version Netflix. Le créateur et showrunner de Black Mirror, Charlie Brooker, rempile côté scénario pour nous livrer non pas 3, mais 6 épisodes. Alors, on regarde ?

nosedive-black-mirror
Nosedive – Black Mirror

La question parait presque rhétorique tant Black Mirror jouit d’une aura quasi mystique depuis sa (re)découverte en 2014. La série d’anthologie sortie en 2011 sur Channel 4 s’est depuis offert un retour en grâce et une inscription au panthéon des séries qui bousculent autant qu’elles interrogent.

De quoi est-il question cette année alors que la série est désormais produite et diffusée par et sur Netflix ? Encore et toujours de technologie et de notre rapport à elle dans une société de plus en plus dépendante de ses innovations. Ça, c’est pour le pitch de départ.

Concernant les 6 épisodes, de Nosedive à Playtest en passant par San Junipero ou Hated in The nation, il est tout autant question de réalité augmentée, de piratage, de tyrannie du like et de l’apparence, de réalité virtuelle, de vie éternelle nichée dans un cloud ou de polémiques Twitter qui se créent en un hashtag.

black-mirror-season-3-poster

Comme nous l’a expliqué Charlie Brooker, la diversité de ton était recherchée et s’est matérialisée en différents genres de film. Chaque épisode représentant un genre, nous retrouvons donc le film d’horreur, la romance, le film de guerre, l’intrigue policière, etc. C’est très bien pensé et l’aspect technologique sert l’histoire à merveille.

Mais la comparaison avec les précédentes saisons s’arrête là. Si la série est toujours aussi intelligente dans son propos et bien réalisée, elle dérange moins. Elle est tout aussi violente dans ce qu’elle expose et suggère de la société qu’elle dépeint, de ce côté-là le pari est – à nouveau – réussi, mais cette saison 3 est irrémédiablement moins traumatisante.

Playtest - Black Mirror
Playtest – Black Mirror
san-junipero-black-mirror
San Junipero – Black Mirror

Je ne sais pas vous, mais certains épisodes des saisons précédentes m’ont hanté quelques jours après les avoir visionnés. La vue d’un cochon me colle des frissons. Blague à part, je n’aurais pas pu enchainer les 6 épisodes précédents (saison 1 et 2), ce que j’ai fait avec ceux de la saison 3. Netflix a peut-être souhaité que ses utilisateurs s’adonnent au binge watching tant vanté par la plateforme de SVoD.

Le casting fait la part belle à des acteurs connus par les sérievores et/ou cinéphiles de Bryce Dallas Howard (vu dans La Couleur des sentiments, Spiderman 3 ou Jurassic World), Alice Eve (Star Trek into Darkness, Quand tombe la nuit), à Jeremy Flynn (Bronn dans Game of Thrones) en passant par Kelly Macdonald (Boardwalk Empire, Dans la brume électrique), mais aussi à d’autres réalisateurs comme Joe Wright (Hanna, Pan), James Hawes (Penny Dreadful et Doctor Who) ou Dan Trachtenberg (10 cloverfield Lane).

Man against fire - Black Mirror
Man against fire – Black Mirror

Autre nouveauté et non des moindres : on se surprend à rire. Certains épisodes sont plus légers, aussi bien dans leur ton que dans leur scénario. Notre avenir apparait moins sombre et anxiogène dans cette nouvelle saison. Les technologies ne sont pas notre ennemi, mais révèlent simplement les failles humaines et les conséquences que nos actes peuvent avoir.

Alors, on regarde ? Évidemment ! Avec option sur la prochaine à venir, dont Jodie Foster réalisera un épisode. Peu de séries sont aussi bien réalisées, tout en donnant à réfléchir sur un futur déjà dans nos mains.